
Je recommande vivement
à ceux qui débutent ou pensent bientôt débuter un apprentissage du code Morse
de lire au moins les chapitres A et B de cet additif au livre déjà publié pour
comprendre l'approche que l'on doit avoir sur ce mode de communication. Pour
ceux qui ne souhaitent que connaître de plus amples informations sur ce sujet
bien particulier, ce sera sans nul doute d'un grand intérêt.
Pour ceux qui désirent
obtenir une aide réaliste afin d'améliorer leurs vitesses de réception ou de
manipulation, plus particulièrement au dessus de 40 à 50 mots par minute, même
atteindre des vitesses de l'ordre de 80 à 100 mots par minute pour s'approcher
au plus près de la vitesse de la parole humaine, cet additif leur fournira les
informations utiles et nécessaires. De même, il leur servira de guide pratique.
Ceux qui sont parvenus à atteindre de telles vitesses nous expliquent que de
communiquer à de telles vitesses procure une joie et un plaisir encore plus
important que le simple fait de faire de la télégraphie Morse et qu'il n'y a
aucune excuse pour ne serait-ce qu'essayer. Peut-être que pas tout le monde
sera capable d'atteindre LA plus haute vitesse, mais il vous sera très agréable
et plaisant d'atteindre n'importe quelle vitesse maximum que vous pourrez atteindre.
Voici la liste des chapitres
et les sujets traités...
Ce complément vient à point pour illustrer ce qu'il est possible
de faire avec la CW en terme de vitesse. Je dois à nouveau remercier Bill, N0HFF
et rendre hommage au travail de fond effectué dans ce domaine. Non seulement
le travail de recherche a été gigantesque mais à nouveau, il met à la disposition
de tous ses travaux. Un vrai comportement OM ! Congrats Bill !
Par ailleurs, j'ai pu en parcourant le texte original, percevoir
au travers des différentes affirmations, pensées, avis, et conseils distillés,
un sens aigu de l'observation des autres opérateurs télégraphistes en général
et des radioamateurs en particulier.
Un sens aigu de l'observation... Je me suis même reconnu à certaines des attitudes
prises comme par exemple avec cette histoire de bande magnétique enregistrée
à une vitesse très élevée, ne serait-ce que pour faire apprécier au candidat
potentiel un autre bande sonore qui bien qu'à vitesse encore élevée, lui paraît
bien plus lente. c'est un peu comme mettre du 39 lorsque l'on chausse du 42
histoire d'être bien dans ses pantoufles Hi !
D'autre part, les conseils donnés au travers des expériences
vécues sont très réalistes sauf si ce n'est à mon humble avis la partie qui
traite du trafic via clavier. Peut-être est-ce du au fait que je n'ai jamais
à titre personnel voulu me pencher sur le clavier et que j'y ai pris de mauvais
habitudes de frappe... Peut-être aussi au fait que je respecte scrupuleusement
une des règles de base d'obtention des diplômes de trafic QRQ qui en interdit
l'utilisation ? Bien sur, tout ce qui y est dit est exact mais dans mon fort
intérieur, je reste sur ma position et celle exprimée par Bill: Ce n'est qu'un
outil...mais il ne remplacera jamais selon moi une bonne clef et un keyer électronique
de course.
J'espère que vous avez aimé cette traduction et une petite QSL
adressée à Bill, N0HFF pour le remercier de
nous faire profiter de toutes ces expériences serait un comportement
OM, de la même façon qu'il a eu ce comportement pour la communauté amateur.
Mes remerciements vont aussi à Fred, NY2V qui a rassemblé tous les fichiers
textes écrits par Bill et me les a communiqués pour vous les traduire.
Cordiales 73's et vive la CW !
F6IIE, Maurice
COLOMBANI-GAILLEUR, UFT 61
C'est en 1925 dans l'est
de la Pennsylvanie que Edward Hart devint radioamateur à l'age de 15 ans avec
sans première licence d'opérateur et l'indicatif 3NF (deux licences étaient
requises à cette époque). Il avait un frère plus jeune que lui de
trois ans et demi prénommé George. Ce jeune garçon était fasciné par ce que
faisait son grand frère. Mais que faisait-il donc pour que ce soit si amusant
? Etait-ce une sorte de nouveau langage qu'il était en train d'utiliser ? George
indiquait:
”J'admirais mon grand frère
Edward. Il représentait un idéal pour moi. Il avait 15 ans et moi je n'avais
que 11 ans. J'ai débuté l'apprentissage du code Morse comme les bébés apprennent
à parler, simplement en écoutant mon grand frère opérer et appris le code Morse
par "osmose" en reconnaissant et en imitant les sons les plus fréquents
entendus.
"Je ne prêtais aucune
attention aux éléments contenus comme les “points” et “traits”, mais plutôt
seulement les symboles qu'ils représentaient et bien sur, ce que cela voulait
dire. J'ai rapidement appris le son de ses appels fréquents comme les "CQ",
son indicatif 3NF ainsi que les signes de procédure comme les "AR",
"K", "DE" et "R", tous encore en usage de
nos jours. De même, j'ai vite appris le "U" qui précédait les indicatifs
car à cette époque, le U était attribué aux stations Américaines en lieu et
place des préfixes W et K. J'absorbais littéralement les sons avec leur signification.
Je ne faisais qu'écouter et apprenais en écoutant, c'était facile pour moi."
”Je n'ai pas débuté cet
apprentissage par une profonde détermination à apprendre le code Morse ou pour
passer une licence, ou être capable d'opérer sur l'air. Mais, un jour, pour
être précis le 14 Septembre 1926, j'utilisais la station de mon frère. Je n'avais
que douze ans. J'ai alors effectué mon premier QSO avec W9CRJ de Lexington dans
le Kentucky. Je tremblais un peu durant ce tout premier contact et mon
grand frère Edward du le terminer pour moi."
"Lorsque j'eu quatorze ans, j'ai pu mesurer ma vitesse qui
était alors de 34 mots par minute, texte en clair. J'ai alors découvert que
j'avais maîtrisé le code Morse et que j'étais alors capable de tenir une conversation,
tout simplement comme pouvait le faire mon grand frère Edward".
”Alors, mon conseil sera
d'acquérir une bonne maîtrise du code Morse, de vous asseoir et d'écouter, rester
bien à l'écoute et surtout, désirer comprendre ce que vous écoutez. Tous ceux
qui ont appris à parler et qui peuvent entendre peuvent apprendre la CW. C'est
aussi simple que cela. Il suffit de vivre avec et vous la connaîtrez. Le code
Morse n'est qu'une autre forme et une autre manière de parler".
[Les enfants et les adultes
auront sans aucun doute un début d'apprentissage et une approche du code Morse
quelque peu différents].
"Apprendre la CW de
manière conversationnelle est similaire à l'apprentissage d'une autre langue.
C'est de loin plus facile car vous n'avez pas à apprendre la prononciation ou
à entendre de nouveaux sons et sonorités ni d'ailleurs à apprendre un nouveau
vocabulaire ou une nouvelle grammaire. Il s'agit juste de reconnaître des sons
simples et monotones et de les imiter. L'apprentissage est simplement le fait
de s'impliquer dans cet apprentissage".
"Je pense que parvenir
à de grandes vitesses est une progression naturelle, surtout si dès le départ
vous approchez à de bonnes vitesses et continuez la pratique et l'entraînement
de la même façon".
En réception, George était
capable depuis de nombreuses années de recevoir le code Morse à 60 mots par
minute, presque 70. Par contre, il ne peut manipuler qu'à environ 40 mots par
minute. Durant ses QSO’s de nos jours, il dépasse rarement cette vitesse.
La plupart d'entre nous
parlent avec aisance et l'on ne prend jamais conscience de la différence selon
les personnes. Dès la naissance, nous avons l'instinct et sommes sur la voie
d'exprimer nos besoins spécifiques, pour l'eau, la nourriture, pour supprimer
un inconfort, pour être aimé et cajolé. Pour faire partie de la société et de
la famille auxquels nous appartenons, nous apprenons vite à communiquer avec
des techniques simples comme de simples pleurs et des gestes ou des positions
de notre corps. Très rapidement, nous utilisons le langage parlé avec la famille,
les amis et les voisins.
La plupart d'entre nous
sommes si à l'aise en lecture que nous lisons aussi vite que ce que nous parlons.
C'est d'ailleurs assez rare de rencontrer de grandes différences d'un individu
à l'autre. Nous pouvons penser et exprimer nos sentiments en utilisant notre
langage maternel ou tout autre langage.
Essayons donc de réfléchir
dans cet appendice sur les points de vue exprimés ci-dessus en appréciant notre
attitude par rapport au code Morse à la lumière de ce qui est exprimé plus haut.
En cette année 2001, le code Morse télégraphique entre dans sa 163ème
année. Comme pour l'imprimerie, il peut être utilisé avec n'importe quelle langue.
En utilisant de simples systèmes du genre arrêt-marche, nous pouvons communiquer
en utilisant le toucher, le son, la lumière, l'électricité, les ondes radio,
tout type de média support d'échange d'information.
Le code Morse n'a aucune
spécificité dialectique in de sons difficiles à interpréter ou étranges, in
défauts de prononciation, rien qui ne puisse le rendre difficile à comprendre.
Des personnes entièrement paralysées peuvent même l'utiliser en clignant des
yeux ou bougeant imperceptiblement leurs doigts, même en contrôlant leur respiration.
Les gens en bonne santé
peuvent quant à eux utiliser le code Morse par la radio pour communiquer avec
l'autre côté du monde, ou avec l'espace. Avec de l'entraînement, et l'aide d'équipements
modernes de manipulation, le code Morse peut alors être transmis plus rapidement
et lu à l'oreille, au son, à une vitesse pratiquement aussi rapide que celle
d'une conversation ordinaire. Le code Morse peut aussi être reçu à des vitesses
plusieurs fois plus rapide encore et ce, de manière automatique mais ceci n'est
d'aucun intérêt pour nous.
Edward Vail, l'un des plus
fameux assistants de Samuel Morse, n'avait pas réalisé le côté merveilleux de
cet outil de communication qu'il avait inventé en 1838.
Il faut garder à l'esprit
que le code Morse est un outil de communication !
Dans les débuts de la télégraphie,
c'était un moyen permettant simplement "d'écrire à distance", ce que
d'ailleurs signifie le mot "télégraphie" (Voir dans le Chapitre 19
du livre). Mais, très rapidement, les premiers opérateurs ont compris qu'il
était possible de comprendre les lettres et mots à l'aide du son que délivrait
la machine imprimant les messages reçus. Ils ont aussi remarqué et découvert
qu'il leur était possible de converser ensemble sans avoir le besoin de tout
écrire. Ceci s'est révélé dans les 10 à 15 premières années ayant suivi les
débuts de l'utilisation commerciale de la télégraphie Morse. De ce fait, parler
en Morse n'est pas quelque chose de bien nouveau en soi.
Comment par la suite, nous,
les radioamateurs avons pensé devoir l'apprendre pour l'écrire ? Tout simplement
car le fait d'écrire ce qui est transmis et reçu est la seule preuve tangible
permettant de prouver que l'on est capable de recevoir en code Morse et de le
recevoir correctement ! C'est ce que l'on appelle "copier". Et, pour
obtenir une licence ou une autorisation du gouvernement pour opérer, nous devons
être capable de copier à une vitesse donnée. Ceci est toujours vrai mais à une
vitesse qui est difficilement utilisable (5 mots par minute). Mais en fait,
avons nous besoin de copier tout ce que nous entendons lorsque nous téléphonons
? Nous comprenons la parole car c'est parlé avec une succession de sons et chaînes
de sons, l'un s'imbriquant dans l'autre et le suivant pour former mots et phrases.
Apprendre le code Morse procède du même processus et nous apprenons à comprendre
le code Morse de la même manière avec des caractères de formes différentes,
épelés comme des mots.
C'est quelque chose qui
doit être acquis par de l'entraînement et de la pratique. Cela ressemble assez
à la lecture car nous devons savoir épeler les mots. Ceci est une difficulté
additionnelle pour ceux qui parlent en Anglais. Epeler les mots est moins difficile
pour des langues comme l'Italien ou l'Espagnol dont les mots s'épellent
presque exactement de la même façon qu'ils se prononcent.
Il y a des astuces pour
améliorer notre vitesse de réception pour l'amener au plus près de la vitesse
de la parole. Dans le chapitre suivant, voyons comment nous en sortir.
Les experts en voix humaine
indiquent tous que le débit normal de la parole est compris entre 100 et 300
mots par minute. Au plus nous parlons rapidement, et au plus court seront les
délais permis à chacun des éléments qui créent la parole (Lèvres, langue, joues,
gorge et poitrine). Les éléments seront alors de moins en moins précisément
articulés à cause du temps plus court au cours duquel ils pourront rester dans
une position donnée. Pour parler en Anglais, lentement et normalement, on doit
articuler environ 2,3 syllabes par seconde. On peut légitimement considérer
qu'un mot Anglais moyen est d'une longueur de 1,4 syllabes.
Que pouvons nous apprendre
et constater en comparant les exemples inclus dans le chapitre D plus loin dans
cet appendice ? Quelques uns, top peu, ont appris directement de la bonne façon
le code Morse, d'une manière "normale", comme des sons individuels
dès les premières séances au cours desquelles ils ont été "exposés"
au code. Puis, juste en continuant un entraînement, toujours de la même manière,
en passant de lettres à des mots, puis de mots à des phrases en arrivant à leur
maximum en terme de vitesse de lecture.
L'un d'entre eux nous décrit
ici comment cela s'est passé:
“Lorsque l'on atteint une
vitesse confortable de lecture, il vous faut alors avoir le désir d'augmenter
encore cette vitesse pour à nouveau atteindre le niveau supérieur. On peut le
faire à l'aide de cassettes ou entregistrements mais la meilleure façon reste
de communiquer sur l'air (ou d'une autre manière) avec des amis qui sont capables
de vous pousser vers le niveau supérieur, et ce, sur des bases régulières."
“Mon ami me l'a inculqué
de cette manière: Lorsque votre correspondant a atteint un certain confort à
une vitesse donnée, il faut avoir tendance à augmenter la vitesse de manipulation.
Lorsque je ne pouvais plus lire confortablement, il augmentait encore plus sa
vitesse. Evidemment, j'étais totalement incapable de prendre beaucoup des signes
manipulés. Puis, en revenant à la vitesse à laquelle je n'arrivais pas à lire
parfaitement, cela me semblait lent et je m'apercevais alors que je pouvais
lire facilement".
Si vous n'avez pas envie
de travailler de cette façon, ne le faites pas. Seulement, si vous avez envie
de vous créer un challenge sur vous même, et surtout que vous avez envie de
lire encore plus vite, allez y ! Si vous aimez le code Morse, vous aurez le
désir de progresser encore plus.
Quelques uns d'entre nous
ont des limitations et d'autres sont persuadés que nous avons tous des limites.
Soyez réaliste et surtout, honnête avec vous même. Acceptez vos limitations
naturelles comme les paralysies, les douleurs sévères etc... ou plutôt, tentez
de les contournez sans pour autant en ajouter d'imaginaires !
1)
Le facteur le plus important
pour promouvoir l'apprentissage d'une vitesse élevée en télégraphie est de VOULOIR
apprendre à une vitesse plus rapide. Ce sera peut-être tout simplement pour
exceller et parce que vous êtes désireux d'améliorer votre technique opératoire.
Ce pourrait être aussi un challenge envers vous-même d'améliorer votre vitesse
de lecture et de compréhension du code Morse, ou encore une émulation face à
de sympathiques "adversaires" pour l'intérêt d'être gagnant, battant.
2)
Le facteur le plus important
ensuite sera la VOLONTE D'UTILISER LA TECHNOLOGIE OU LA METHODE qui vous permettra
de parvenir à vos buts et avancer. C'est impossible d'apprendre à lire plus
vite si l'on ne trouve personne capable de manipuler plus vite, c'est simple
à comprendre !
3)
Puis, il y a aussi la volonté
d'apprendre et d'AIMER le processus d'apprentissage.
Parmi
les autres possibilités, on rencontre et constate aussi:
a)
Si vous êtes plus ou moins
dans la catégorie des gens "normaux", oubliez tout simplement que
cela peut être dur ou que vous ayez entendu quelqu'un dire que c'est difficile.
Pensez positivement que c'est "FACILE", "AMUSANT" et une
chose "AGREABLE" à faire. Appréciez chaque minute de l'entraînement
et la pratique du code Morse, comme par la suite son utilisation.
b)
Commencez de la BONNE MANIERE,
sans vous arrêter et apprenez à "parler" de cette manière.
c)
Donnez vous un but en terme
de vitesse, celle à laquelle vous vous sentirez à l'aise sans aucun limite,
seul le ciel pourra vous limiter !
d)
Souvenez vous que des MILLIERS
ont ESSAYE et ont REUSSI. Vous n'êtes pas le seul.
e)
Apprenez qu'il ne faut
pas avoir peur de ne pas lire parfaitement à la virgule près chaque phrases
et mots. Commencez par être RELAXE ! C'est particulièrement vrai au dessus de
65 mots par minute où il faut se concentrer sur le flux des mots et le sens
de la conversation en général en appréciant le moment qui passe.
f)
D'autres astuces pourront
vous faire progresser. En voici l'une d'entre elles par Fred Ryan...
“Voici
comment j'ai pu améliorer ma vitesse de manipulation tout en réduisant le nombre
d'erreurs à des vitesses au dessus de 70 mots par minute sur le clavier. Tout
en expérimentant, je me suis rendu compte qu'il faut environ une dizaine de
jours d'entraînement pour aller au dessus de 100 mots par minute”.
Il
avait débuté cet entraînement en étant déjà à 70 mots par minute. Parmi les
astuces qui marchent, en voici quelques unes:
1)
Il coupait presque totalement
le moniteur CW et
2)
Cessait de regarder son
écran, excepté peut-être de temps à autre lorsque ses doigts lui indiquaient
une erreur de frappe.
3)
Il ne regardait pas le
clavier non plus. Ces trois astuces éliminent presque totalement toute distraction
pour vous laisser vous concentrer sur votre frappe et vos doigts.
4)
En procédant de la sorte,
et sans regarder le clavier, il faut quand même le "visualiser". On
peut alors mentalement se concentrer et percevoir où vont aller les doigts par
la suite. Il s'agit de laisser les doigts faire ce qu'ils ont à faire et ils
le font !
Ce n'est quand même pas
un processus facile à décrire et il le compare à ce qui suit:
“Lorsque je m'étais mis
sérieusement à jouer du piano, bien que j'étais conscient de la présence du
clavier, je ne regardais jamais ce dernier ni où allaient mes doigts. Même si
je sautais rapidement de plusieurs octaves à la fois, je frappais quand même
la bonne note au bon endroit du clavier sans pour autant tourner ma tête. Le
fait de regarder où les doigts auraient censé aller se poser m'aurait quasiment
empêché de jouer correctement du piano”.
En seulement deux semaines
d'entraînement et de pratique, il remarqua qu'il pouvait envoyer plus de 100
mots par minute alors que frapper un texte à 70 mots par minute.
Il disait: “Je peux
organiser les difficultés dans le temps pour garder les doigts occupés à ces
grandes vitesses. Lorsque j'ai eu maîtrisé cette technique, j'ai remarqué avec
un profond étonnement qu'il m'était possible de maîtriser aussi le flux des
100 mots par minute de manière aisée”.
Une autre chose, il était
alors nécessaire d'améliorer la CADENCE de sa manipulation, en manipulant chaque
lettre avec le même rapport. Il indiquait: “Les erreurs faites lors de la frappe
comme par exemple “adn” pour “and”, sont dues au fait que le doigt qui frappe
la lettre “d” n'est pas en cadence avec celui qui frappe le “n”, en clair, qu'il
est trop rapide. Maintenant, je me concentre sur la régularité de la cadence
en la gardant constante. C'est quelque chose que j'ai tenté de faire durant
les 50 années qui viennent de passer. Je pensais que c'était très difficile
voire impossible à maîtriser mais ce n'est pas le cas”.
Fin observateur qu'il était....
d'autres ont mentionné un entraînement régulier, une diète et une bonne hygiène
de vie. Cela va de soi et était-ce bien nécessaire de le mentionner ?
Les bandes pour le code
perforées ou encrées ont été utilisées par des systèmes de communications commerciaux.
Préparées à vitesse plus lente, elles étaient ensuite manipulées à des centaines
de mots par minute par un lecteur de bandes. Le coût et les délais ont rendu
ces systèmes inutilisables par les radioamateurs à l'exception de fonctions
précises comme par exemple les bulletins d'entraînement au code Morse de l'ARRL.
Les premières machines
étaient basées sur des systèmes mécaniques. Certaines ont été conçues et développées
au début des années 1900 et utilisaient d'autres codes que le code Morse. Le
système "Yetman" était un clavier Morse avec quelques fonctions supplémentaires.
Certains systèmes manipulaient et recevaient les lettres et la ponctuation.
L'une de ces machines était une véritable petite merveille qui reçut un prix
au niveau mondial.
C'était une "Clé télégraphique
avec mémoires" décrite comme une vraie petite merveille. Elle avait été
conçue par Edwin H. Piersen de la compagnie "Piersen Télégraphique"
de Topeka dans le Kansas, fabriquée en 1910. Cette machine avait quatre
rangées de touches avec un large tambour sur lequel les caractères étaient emboutis
profondément. Elle avait la taille d'une machine à écrire normale. Cette machine
a été décrite dans un QST (Juillet 1963, page 70).
Elle possédait un moteur
d'entraînement manuel à ressorts un peu comme les anciens équipements phonographiques
et était contenue dans un tambour cylindrique qui était entraîné par l'énergie
provenant du ressort une fois remonté. Au travers d'un mécanisme d'échappement
ingénieux contrôlant le tambour, une ligne d'un second tambour plus large appelait
le tambour mémoire.
Le tambour à mémoires était
quand même un mécanisme très complexe. Il possédait un total de 3240 caractères
emboutis correspondant aux 45 lettres, chiffres et signes de ponctuation avec
un nombre égal de caractères d'espacement. Chaque ligne de 45 caractères emboutis
était identique avec un total de 72 autour du tambour. Si l'on examinait attentivement
un caractère sur une colonne à une position donnée sur la ligne, on constatait
qu'il y avait la même lettre ou signe à la même position sur chaque ligne. L'opérateur
frappait le caractère l'un après l'autre. Après avoir pressé chaque clef, la
machine avançait à la ligne suivante jusqu'à un total de 72 caractères correspondant
à la longueur de la mémoire. Le système commençait alors à manipuler parfaitement
les caractères du code Morse en respectant les espaces dans l'ordre du message.
Le système continuait alors
de manipuler avec un afficheur indiquant combien il restait encore de caractères
dans la mémoire à manipuler. L'opérateur pouvait alors continuer de frapper
tant que l'indicateur montrait qu'il restait de l'espace disponible dans
la mémoire mécanique du système pour finir par "vider" tous
les caractères tant qu'il en restait en mémoire. Il était donc possible de manipuler
continuellement de très longs messages tout en gardant l'opérateur informé du
nombre de caractères qu'il avait d'avance sur le système de manipulation jusqu'à
l'arrêt final lorsque le texte était entièrement manipulé. Ceci permettait à
l'opérateur de temps en temps de remonter le ressort du moteur d'entraînement.
Tout en continuant la frappe,
l'afficheur indiquait et mettait à jour les informations. Il s'agissait d'une
machine particulièrement complexe et valable. Tous les caractères, signes et
ponctuations ainsi que les espaces étaient parfaitement formés et manipulés.
Je suppose que ce type
de machine manipulait à des vitesses maximum de l'ordre de 30 à 35 mots par
minute. Il ne reste qu'un seul exemplaire de cette machine à ma connaissance
et elle se trouve dans le musée d'état de Topeka.
La revue QST de Mai 1961
décrivait la "Codamite", Model MG-100, développée et fabriquée par
la société "Ling-Temco Electronics, Inc.", avec l'aide technique de
la compagnie "R. W. Johnson Co.". Elle a été développée, construite
et ensuite utilisée par W6MUR puis de nombreuses démonstrations ont été faites.
Son concept et le schéma avec méthode opératoire datent de 1960. Cette
machine était prévue au départ pour une utilisation commerciale mais fût d'un
grand intérêt pour les radioamateurs.
Elle était installée dans
une petite valise de transport de petites dimensions. Les caractères de frappe
se situaient sur un tambour allant d'un côté à l'autre en quatre colonnes. Les
contrôles de durée et de niveau se situaient sur la partie supérieure du clavier.
Le système était alimenté par une batterie de 9 Volts. La sortie de manipulation
pouvait être écoutée sur un moniteur interne avec oscillateur et haut parleur
incorporé.
Son mode opératoire était
similaire à celui d'aune machine à écrire, frapper sur une touche et laisser
faire, le caractère sélectionné était alors automatiquement manipulé, une lettre
à la fois. Les espacements entre signes et mots ou phrases étaient générés manuellement
par l'opérateur.
Plus tard, dans le design
des claviers, les caractères de code ont été définis grâce à de la logique digitale
en utilisant des composants électroniques (Circuits intégrés et transistors).
Certains circuits possèdent en plus des mémoires. Le développement de ces circuits
et des microprocesseurs a grandement simplifié les modes opératoires et largement
facilité l'utilisation ainsi que la qualité de la manipulation.
Plusieurs systèmes ont
d'ailleurs été développés par des radioamateurs. Quelques réalisations amateurs
et commerciales ont été publiées dans QST de Juillet 1965 pages
de 11 à 20, QST de Juillet 1969 page 11, Août de 1970, page
47, QST 1973 du mois de Novembre page
56. Tous ces systèmes ont été conçus avant la sortie des ordinateurs de type
PC au début des années 1980/1981. John Ricks, W9TO fut l'un des développeurs
principaux et un opérateur à grande vitesse. On peut considérer que durant cette
période, l'avènement de mini buffers de mémorisation a largement permis une
meilleure utilisation plus rapide de ces claviers. Dans les articles suivants,
on trouve des avancées techniques: QST (Octobre 1974 page 40 avec une mémoire
de 64 caractères; Juillet 1975 page 11; Septembre 1976 page 11; Janvier 1978 page 24; Octobre 1979
page 22). Cet article est d'ailleurs intéressant car il traite aussi des problèmes
liés à la création de circuits électroniques; Janvier 1980 page 44 qui
sera d'un grand intérêt pour les développeurs et créateurs de circuits électroniques.
J'ai incorporé dans ce
chapitre quelques expériences menées par des opérateurs à grande vitesse lors
de l'apprentissage et l'utilisation de grandes vitesses en code Morse. Tous
à l'exception de Gary Bold sont Américains. C'est aussi précis que ce que j'ai
pu le faire à partir des informations en ma possession, fournies et coordonnées
par ceux nommés et qui ont répondu à mes questions. Vous verrez qu'il n'y a
pas qu'une seule méthode pour atteindre de grandes vitesses car les gens cités
y sont parvenus suivant de nombreuses méthodes.
Les informations sont approximativement
dans un ordre et un séquencement historique.
Lors de concours, les vitesses
les plus élevées se situaient dans la gamme des 45-55 mots par minute en utilisant
un bug [manipulateur semi-automatique de type Vibroplex]. Des vitesses
au-dessus de ceci ont été atteintes à l'aide de machines de manipulation commerciales
fonctionnant avec des bandes perforées. Les tests étaient donc effectués sur
les capacités de copier, les capacités de lecture ne comptaient pas.
Peut-être le plus connu
et le plus fameux parmi les opérateurs à grande vitesse est Ted McElroy qui,
à partir de 1922, détint le record de vitesse. Il était opérateur télégraphiste
professionnel, il n'était pas radioamateur.
Le 6 Mai 1922, il entendit
parler d'une exposition à Boston au cours de laquelle devait se dérouler
un concours de vitesse pour télégraphistes. Son patron de l'époque lui a permis
de s'entraîner en code Morse international, ce qu'il n'avait pas fait depuis
une année à 51 mots par minute. C'était réellement amusant pour lui. Plus tard,
en 1922 à Chicago, il gagna le trophée à 55,5 mots par minute avec une copie
parfaite lors des championnats du monde.
En Septembre 1935
dans un concours à Brockton, il perdit contre son ami Joe W. Chaplin à 55,3
mots par minute, en faisant 11 erreurs. Puis, à nouveau lors d'une exposition
mondiale, il atteint une vitesse de 69 mots par minute avec seulement deux erreurs
alors que Joe Chaplin en fit trois. Ce que pas mal savent c'est qu'au cours
du mois de Juillet 1939, lui et Lavon McDonald de Chicago essayèrent à 75 mots
par minute. Mais, lors de l'augmentation à 77 mots par minute, McDonald
eut des résultats pires que Ted en faisant tous deux quelques erreurs. Les juges
le créditèrent d'une vitesse de 75,2 mots par minute, et le déclarèrent gagnant.
Personne ne l'a dépassé à ce jour et son record de 75,2 mots par minute reste
le record mondial officiel. [N'oubliez pas qu'il s'agit de copie, pas de lecture
!].
Ted admis qu'il y avait
sûrement beaucoup d'autres opérateurs ayant les mêmes capacités de copie que
lui ou même peut-être meilleures que les siennes sans pour autant participer
à des concours. Ce que les gens ne savent pas c'est que Lavon N. McDonald était
de même valeur que Ted mais que pour une augmentation du test à 77 mots par
minute, il aurait tout aussi bien pu être le gagnant.
Ted naquit le 1er Septembre 1901 et mourut
subitement en Novembre 1963. Il était l'un des quatre frères et tous les
autres étaient télégraphistes. Il quitta l'école en 1916 et prit un emploi à
la Western Union comme porteur de messages.
Lorsqu'il passait à côté
des télégraphistes, il constatait comment ils pouvaient avec nonchalance récupérer
entre 50 à 60 messages par heure.
Il s'arrangea pour que
quelques uns d'entre eux lui apprennent le code Morse au cours de leurs périodes
de repos de 15 minutes. Au bout de quelques semaines, il pensait être un bon
opérateur. Il obtint de pouvoir faire un essai. Ce fut assez dur mais ce fut
un bon début. Il trouva petit à petit quelques emplois comme télégraphiste ici
ou là pour finalement se fixer à Fort Devon, près de Ayer dans le Maine, où
il continua jusqu'à la fin de la guerre en 1918.
De retour à Boston, il
trouva un emploi à la station RCA de Chatham, Maine, où l'on utilisait
le code Morse international à cette époque. Ce fut difficile pour lui de s'habituer
au code Morse international au cours des deux premières semaines. En 1920, la
station fut déplacée à New York, mais ce déplacement ne fut pas bénéfique pour
lui et il revint à Boston où il trouva un emploi chez la Western Union à nouveau.
Dans un télégramme de Frank Borsody daté du 14 Septembre 1933, il écrivait:
"A mon vieil ami Frank Barsody, avec toute ma profonde reconnaissance pour
ses conseils, ses encouragements et son aide m'ayant permis de développer mes
capacités et de gagner le championnat mondial des opérateurs radiotélégraphistes".
A nouveau, dans une lettre datée du 4 Septembre 1935 adressée à Frank Borsody,
Ted écrivit: "Tu as été le meilleur de mes amis avec le racket qui se passe
dans le milieu des concours de télégraphie. Je n'ai vraiment pas compris comment
j'ai pu perdre cette année. Lorsque je me suis assis dans ce fauteuil, j'ai
commencé à copier sans aucune faute pendant cinq à dix minutes, à 70 mots par
minute... Je me demande encore, alors que personne au monde ne peut faire la
même chose sans erreurs car je sais bien que personne d'autre que moi n'était
capable de lire [copier ?], du moins sans erreurs".
Dans un télégramme adressé
par Ted McElroy à Borsody depuis Dorchester, Maine datant de 1935, on peut lire:
"Je veux te dire que j'ai fortement apprécié l'aide que tu m'as donné pour
gagner le titre et je t'en remercie vivement. C'est ton équipement et tes conseils
qui m'ont permis de gagner ce titre et je n'oublierais jamais la dette que j'ai
envers toi". [On notera au passage que cela réfute totalement les affirmations
selon lesquelles ce serait grâce à la méthode Candler que Ted aurait atteint
son niveau].
Borsody, dans une lettre
sur laquelle c'est indiqué à l'encre qu'elle a été reçue en Avril 1975 écrivait à Bill Eitel que lorsqu'il
avait invité Ted à s'asseoir et participer aux essais de réception à grande
vitesse du code Morse se faisaient de manière informelle.
L'opérateur transmetteur
de la station de Borsody avait préparé une bande et l'opérateur en réception
s'était levé pur laisser sa place à Ted McElroy pour essayer de copier. Borsody
certifia que Ted copia à 79 mots par minute un texte de 75 lignes sans aucune
faute. [Plus tard] Borsody indiqua que Taylor et lui même vérifièrent la vitesse
de McElroy lors de concours à 76 mots par minute. Le texte contenait des indications
techniques avec lesquelles peut-être Ted n'était pas si familier. C'est phénoménal
! Ted quant à lui indiquait pouvoir LIRE le code à des vitesses bien plus rapides
que cela. Il indiqua aussi ne pas être le seul à pouvoir faire de même. Ce n'est
que la frappe qui les limitait...
A égalité avec Ted McElroy. On
est certain qu'il se fatigua face à Ted McElroy lors du concours de 1939.
Aucune autre information complémentaire sur lui.
Les Keyers on rendu les
choses plus faciles pour manipuler plus rapidement et il y a eu une augmentation
assez notable de la vitesse de trafic lors de leur arrivée sur le marché dans
les années soixante. C'est quand même les claviers qui annoncèrent une augmentation
véritablement importante de la vitesse de trafic.
Parmi les premiers claviers,
on trouvait en 1961 le “Codamite”. En 1967 un autre conçu par John Ricks W9TO.
ces deux claviers n'avaient pas de mémoire. Il n'y avait pas non plus de barre
d'espace. les autres n'avaient rien d'autre que l'espacement normal entre caractères,
les espaces étant alors faits par l'opérateur.
En 1974, le clavier “Curtis
KB-4200 Morse Keyboard” fut l'une des premières machines avec barre d'espace
permettant un contrôle normal sur les espaces entre mots. Cet appareil possédait
aussi une mini mémoire permettant d'avoir une frappe tampon de 64 caractères.
Un indicateur permettait de connaître l'espace restant et offrait donc la possibilité
de frappe et de manipulation “continue”.
Il fut l'un des promoteurs
et développa l'utilisation de claviers. Il conçut le premier keyer à tubes et
Gary Bold en utilisa un durant près de quinze années à partir de 1966, puis
passa au keyer de chez Curtis. Jim fut l'un des co-fondateurs du club CFO [Chiken
fat Operator ou Opérateurs Gras comme des poulets Hi !], et fut certainement
un opérateur à grande vitesse. Pas d'informations sur lui-même.
Et peut-être même son épouse
LaNeil. “On High-Vitesse Code.” Les informations suivantes viennent des
quelques unes de ses correspondances privées et réponses reçues d'amis à partir
de 1974.
L'histoire de son apprentissage
du code Morse et de la radiotélégraphie ne semble pas être connue de nos jours,
du moins par des gens encore vivants à notre époque. Il fut très actif en radiotélégraphie
dans les années 1920 et était très au courant des discussions entre utilisateurs
des émetteurs à étincelles et les fans de CW de l'époque. C'était un véritable
génie pour tout ce qui touche de près aux émetteurs à tubes de grande puissance
et dans d'autres domaines de l'électronique. Il était bien connu pour avoir
fondé la société Eimac en 1934. Il fut un grand inventeur.
Les remarques qui suivent
son de sa propre plume: “le potentiel du code Morse pour les télécommunications,
en se servant de la technologie moderne, améliore nos possibilités antérieures
à un point auquel nous ne pouvions même pas l'imaginer. Quelques radioamateurs
ont discuté et discutent ensemble en code Morse à des vitesses comprises entre
80 et 100 mots par minute, voire plus. Ces nouveaux opérateurs à grande vitesse
utilisent les nouveaux équipements disponibles pour améliorer encore leur possibilités
opératoires, comme des outils et non comme une menace contre leurs statuts.
Il est intéressant de noter que les membres du club "5-Star" ont atteint
leurs vitesses en utilisant des claviers ne possédant pas de mémoires comme
ceux que nous avons de nos jours.
Du fait que nos équipements
sont trop anciens, on ne pouvait pas atteindre de telles vitesses, mais est-ce
bien notre limite supérieure que nous avons atteint en réception ? Il ne nous
faut absolument pas résister aux avancées de la technologie afin de pouvoir
utiliser d'encore meilleures méthodes opératoires ou des équipements permettant
une meilleure utilisation du code Morse. Ceci, simplement car nous avons souvent
de vagues pensées “romantiques” en ce
qui concerne les choses du passé.
Aurions nous oublié l'histoire
des clefs ? pensons un peu un instant au fantastique développement en matière
de vitesse et de facilité d'utilisation que nous avons vu depuis l'utilisation
de la simple pioche avec son mouvement de haut en bas en passant par le double
contact [sideswiper ou lame de scie], pour en arriver au keyer ! Est ce que
les claviers sont une technologie malfaisante ? Est ce que la véritable
mesure précise de la vitesse de réception de quelqu'un et de ses capacités à
COPIER est vraiment nécessaire ? Copier était primordial lorsqu'il fallait absolument
transmettre les messages qui étaient payés et quelquefois codés. Il fallait
aussi que les messages puissent être délivrés à la bonne personne sous une forme
qu'il puisse lire et exploiter immédiatement avec la certitude que les informations
portées sur le message sont précises.
Les messages officiels
du gouvernement, les messages diplomatiques et militaires requièrent une copie
parfaite sans erreurs. Mais, lorsque le code Morse est utilisé entre particuliers,
comme un mode de communication, sûrement pas pour véhiculer des informations
commerciales ou des propos officiels, on se retrouve face à une nouvelle situation
dans laquelle il n'est alors plus nécessaire de tout écrire. C'est la même situation
que lorsque l'on est en conversation téléphonique.
Cette utilisation peut
devenir un challenge pour maîtriser le code Morse et utiliser les équipements
modernes associés disponibles pour des vitesse au dessus ou même au dessous
de 80 mots par minute. Par exemple, lors d'une discussion sous la forme
d'une table ronde, lors d'une pause, on pourra transmettre un peu à la manière
de ce que l'on fait la SSB en activant le VOX. Oui, il y aura sûrement
quelques impossibilités physiques ou mentales pour certains mais la plus grande
dissuasion serait le manque d'intérêt réel.
Lorsque l'on est déterminé
à maîtriser le code Code Morse, je pense que l'on s'apercevra rapidement que
l'entraînement pourra être aussi agréable et amusant que l'activité en code
Morse et le trafic. L'ingrédient final le plus important est la détermination à utiliser un
clavier ainsi que tout autre équipement complémentaire utile. Le code Morse
de BONNE qualité devient facile à grande vitesse. Les bons espacements ont tendance
à être le problème mais si l'on s'entraîne, ce n'est pas très important à solutionner".
Pour être membre du club
"5-STAR", on devait être capable de lire à 70 mots par minute mais
ce fut rapidement augmenté à 80 mots par minute. Il y eut quatre membres fondateurs
à l'origine mais en 1974, le nombre total augmenta à dix. Il y en avait d'autres
qui se sont qualifiés pour être membres.
On peut voir dans un QST
de Novembre 1974, page 155 une photo de Bill et de son épouse LaNeil dans
une publicité de promotion pour le transceiver Triton de chez Ten-Tec sur laquelle
il y est indiqué que cet appareil fonctionne parfaitement avec des vitesses
de manipulation élevées. L'entête de la lettre donne comme adresse: Butro Ranch
and Laboratory, Dayton, NV 89403, et est datée du 24 Août 1974.
Cette histoire est racontée
à la première personne: “Alors que je n'étais qu'un petit garçon de 8 ou 9 ans,
je me demandais ce qui pouvait bien intéresser autant mon père quand il s'asseyait
pour copier tous ces points et traits. Ce que je peux dire en tous cas, c'est
que ça lui plaisait beaucoup et qu'il aimait être le contrôleur d'un réseau
de trafic en CW. De ce fait, au cours de mon cursus radioamateur, je n'ai pas
eu une approche et une attitude négative en ce qui concerne le code Morse. Je
n'ai donc jamais pu penser que "je ne serais jamais capable de faire ça".
En fait, copier de la CW est l'un des plus grands plaisirs que j'ai dans
ce hobby. C'est amusant.
Avant la fin de mon année
de noviciat chez les radioamateurs, je me suis aussi lancé dans le trafic et
les réseaux CW en les appréciant tout particulièrement. Alors, depuis les 50
années passées (Depuis 1951), j'ai toujours aimé la CW et pense toujours à elle
comme un "amusement".
J'aime beaucoup le trafic
à grande vitesse aux alentours de 80 mots par minute comme W3NJZ, K3TF, KB9XE et je les "poursuis"
tous les Mercredi soir aux alentours de 3.533 MHz. Mon grand ami qui opère à
très grande vitesse, Ira-NU2C, avait l'habitude de me pousser pour savoir jusqu'à
quelle vitesse il m'était possible de lire le code Morse. Nous avons trouvé
qu'il m'était possible de comprendre et de répondre correctement à des question
posées à 144 mots par minute ! (je ne suis pas un ‘monstre’, hi, hi).
Je suppose que la clef
du succès pour lire à de grandes vitesses est l'attitude de départ que l'on
prend lors de l'apprentissage. c'est peut-être le plus grand facteur à prendre
en compte. Je crois que l'on a toujours pensé que l'apprentissage du code Morse
a toujours été quelque chose un peu comme l'apprentissage "épouvantable"
des mathématiques au lycée; de ce fait, les candidats potentiels au radioamateursime
débutent souvent avec une ‘mauvaise’ impression au sujet du code Morse. Je suis
réellement convaincu qu'il y a un "butée de vitesse" que la plupart
des radioamateurs (Moi y compris !) ont du mal à dépasser. Je pense que cette
"butée" se situe entre 45 et 60 mots par minute. Pratiquement tous
ceux que j'ai pu aider à passer cette barrière au-dessus de plus de 60 mots
par minute ont eu de graves difficultés à se sortir de cette attitude mythique
‘négative’ et qui finalement, maintenant lisent encore plus rapidement que cette
fameuse butée. Je m'imagine maintenant ce que la plupart d'entre eux ont pu
penser quand je leur disais d'essayer de ne pas penser que c'était impossible
de lire 60 mots par minute en s'imaginant que c'était pour eux impossible.
Il suffit de penser au
code Morse comme une manière différente de parler. Tout simplement car je suis
convaincu que la CW en QRQ est le fait de converser dans un second langage.
Comment quelqu'un peut lire à 80 mots par minute ou plus ? Honnêtement je peux
vous dire que je n'en ai aucune idée ! A
partir de 50-60 mots par minute, on ne peut plus lire les points ou les traits,
on commence réellement (Ou on continue
!) à lire des mots. Quand la vitesse augmente, ne pensez pas seulement lire
des mots, il s'agit plus de vous intégrer dans le cours de la conversation et
lire à ce moment là des bouts de phrases ou même des phrases complètes.
Je note quand même avec
intérêt que lorsque je lis à des vitesses au-delà de 80 mots par minute, je
ne réalise même pas que je suis en train de lire du code Morse, A MOINS qu'un
mot très important n'attire mon attention car il est mal épelé ou mal frappé
au clavier. Je ne me concentre pas sur le code Morse; Je me concentre sur ce
qui est dit ou va être dit. Il n'y a pas de différence lorsque je fais cela
à comparer avec un Américain qui parlerait Français couramment.
Cela m'a toujours fasciné
de voir que la plupart des radioamateurs pensent que lorsque l'on manipule avec
un clavier ou que l'on opère en CW à plus de 30 mots par minute, que l'on DOIVE
OBLIGATOIREMENT l'utiliser pour décoder ! Je pense d'ailleurs que c'est une
des facettes de l'attitude négative qu'on certains face au code Morse. Entre
1968 et 1969, j'ai commencé à essayer de copier les QSO d'un gars de New York
avec un autre de Floride qui discutaient presque chaque nuit à 100 mots par
minute durant des périodes de QSO pouvant aller jusqu'à une heure. Mon épouse
m'avait acheté un lecteur de code Morse de chez Info-Tech pour mon anniversaire
(Je ne sais d'ailleurs toujours pas où elle se l'est procuré !). A cette époque
j'avais ricané en voyant cet appareil !.
Mais, lors de son utilisation,
j'avais remarqué que pour copier du trafic à 55 mots par minute (Vitesse de
butée !), si je manquais une lettre ou un mot, mon cerveau se bloquait en se
concentrant pour trouver et décider de quel mot il s'agissait et que je venais de manquer. Je
perdais alors ma concentration. En regardant d'un coup d'œil l'écran de mon
lecteur de code, je voyais le mot qui me manquait, mon cerveau était vite satisfait
et je pouvais poursuivre la lecture !
A cette époque, je n'ai
pas réalisé ce qui se passait réellement. Toutefois, au bout d'une année, j'ai
réalisé soudainement que je ne regardais même plus l'écran du décodeur tout
en lisant au dessus de 60 mots par minute.
Dans ce sens, on peut estimer
avoir de la chance avec les décodeurs car ils copient et décodent assez bien
le code Morse dans des gammes de vitesses sur lesquelles nous butons. Ca nous
donne une bonne aide pour surmonter cette butée de vitesse. Mais, avec le QRN
sur 40 et 80 Mètres, lorsque vous tentez de leur faire décoder constamment
de la CW au-dessus de 70 mots par minute, cela leur est rendu impossible du
fait du bruit de bande ! ”. Et il ajouta : "Il aurait beaucoup d'ailleurs
de chose à dire sur ce sujet”.
Agé d'environ 35 ans, il
aimait faire des communications radio à l'aide de la CB. Cela lui semblait agréable
et amusant. Ses amis Cibistes avaient l'habitude de se réunir de manière hebdomadaire,
juste pour sympathiser. Il s'aperçut que l'un d'entre eux était radioamateur
et il eut l'occasion de lui rendre visite. Il fut étonné d'entendre du code
Morse, comme pour beaucoup de personnes il n'en avait jamais entendu auparavant.
Cela le fascinait et l'intriguait.
Il devint alors là, pratiquement
sur le champ, enthousiaste pour apprendre le code Morse et se procura immédiatement
un jeu de cassettes d'apprentissage chez le fournisseur bien connu et réputé
"Amateur Electronics Supply", une société basée à Milwaukee et qui
faisait paraître des publicités dans la revue QST. Il devint tellement
“obsédé” avec ces points et ces traits qu'il apprit très rapidement les sons
de l'alphabet, les chiffres et la ponctuation. En l'espace de deux semaines,
il avait pris l'habitude de s'entraîner partout où il le pouvait sans bien sur
gêner les autres. Il tapait sur toutes sortes de choses, un peu comme s'il avait
une clef à sa disposition... ou "chantait" les traits et points !
(C'était devenu même assez mauvais pour la tranquillité de la famille car cela
irritait son épouse !).
Il était simplement d
é t e r m i n é à apprendre ! Apparemment, il ne s'était même pas posé la
question de savoir si c'était “difficile” ou “facile”… Il s'est contenté d'apprendre.
c'était donc “facile”, car il n'avait jamais pensé que ce put être “difficile”.
Il voulait passionnément apprendre et cet apprentissage lui fut agréable.
De la façon avec laquelle
il débuta son apprentissage, en écoutant et en manipulant les sons, il n'eut
pas à réapprendre quoi que ce soit. Son apprentissage fut parfait. Il s'entraînait
et aimait le faire presque constamment en appréciant chaque minute. C'était
quelque chose qui devait être fait et fait avec plaisir, et ce fut fait de cette
manière !
A cette époque, il acheta
un récepteur lui permettant d'écouter les bandes radioamateurs. Il se prépara
aussi durant la même période à la partie technique de l'examen ainsi que pour
la partie réglementation de la licence aux USA. En un mois, il passa avec succès
l'épreuve de Morse à 5 mots par minute
et reçut rapidement sa première licence, une licence "Novice".
Bill ayant enfin son transceiver,
il fut très actif sur l'air en code Morse lors de tous ses QSO’s. Il continua But de faire de même avec
ses doigts et frapper du code Morse même après avoir obtenu sa licence. Il était
conscient qu'il lui fallait améliorer ses capacités en code Morse afin de pourvoir
lire toutes sortes de signaux. Il se forma si sérieusement qu'en l'espace d'une
seule année, il passa avec succès les épreuves de la classe Extra avec l'épreuve
de code Morse à 20 mots par minute.
Ayant donc accès à la totalité
des bandes radioamateur, il essaya de faire du trafic en RTTY et quelques autres
modes digitaux mais rien n'a pu retenir son plaisir du trafic autant que le
code Morse. Il a bien sur constaté qu'au plus on s'entraîne à faire quelque
chose et au meilleur l'on devient à l'exploiter.
Une vitesse plus grande
a été pour lui un challenge constant. Il s'est attaché à rester à l'écoute de
stations qui étaient bien trop rapides à comprendre, désireux d'arriver enfin
à bien les lire. Il s'est toujours dit à lui même: “Je dois absolument arriver
à lire ça !”. C'est sa motivation qui l'a conduit toujours en avant.
Durant cette période, de
nombreux kits à construire soi même sont sortis, y compris quelques uns de chez
la société "Heathkit". L'un de ces derniers était le clavier
"Ultra-Pro CW Keyboard" mis sur le marché en 1983 et il en construisit
plusieurs pour ses amis.
Parmi les nombreux opérateurs
à grande vitesse qui ont pu l'aider, on notera : W4BQF Tom Alderman, W0GHX
Ray Larson, W9TO Jim Ricks, K9AMC
Christ C. Kovacheff, KU2D Daniel E. Silsona (Décédé), K0PFX
Melvin L. Whitten, et bien d'autres. Il a donc en moins de 4 années à partir
de sa licence novice pu atteindre la vitesse de 80 mots par minute et a poursuivi
son entraînement depuis lors. En résumé, il a “ décollé et s'est envolé”.
Depuis lors, comme Tom
Alderman et bien d'autres, il n' a cessé d'aider les débutants à atteindre de
plus grandes vitesses.
Un autre ancien opérateur
avec de bonnes capacités en code Morse. Le texte ici a été glané au travers
du magazine WorldRadio paru en Août 1991,
page 56, et en Mars 1993, pages 31 et 32. On y trouve aussi de nombreuses lettres
personnelles. Quelques fois, certaines choses sont paraphrasées pour en faire
ressortir les bases).
Il prit intérêt en ce qui
concerne l'émission d'amateur au cours de ses études secondaires lorsque l'émetteur
d'un ami fit du brouillage dans le système de reproduction sonore de la salle
de cinéma. C'est quelque chose qui l'a réellement "accroché". Il fit
la découverte des deux codes Morse [Américain et International] dans un livre
de physique et les apprit tout seul. Il ne semble pas particulièrement "aimer"
le code Morse mais c'était plutôt un challenge pour lui. Du fait qu'il le percevait
comme un challenge, cela l'a conduit à l'apprendre.
Ayant des problèmes de
santé, il perçut cet apprentissage comme un moyen de guérir. Apprendre le code
Morse à ce niveau ne fut pas facile pour lui. A côté de ce challenge, il décida
à la même époque de faire partie de ce monde magique de la radio et lorsqu'il
termina ses études dans les années 1940, il décida d'entrer dans une nouvelle
école de radiotélégraphistes pour y apprendre le code Morse de manière correcte.
Cela lui semblait nécessaire pour progresser.
Dans cette école, les meilleurs
élèves organisaient des compétitions les uns contre les autres pour devenir
les chefs de la classe. Une jeune femme très intéressante arrivait comme lui
à des vitesses de 45 mots par minute. Avec ce nouveau challenge, il fut
poussé encore plus durement à travailler jusqu'à six heures d'entraînement par
jour.
Après avoir fini ses études,
il passa quelques années comme opérateur radio militaire de bord volant puis
comme instructeur. Il entra alors à la suite dans le domaine de la radiodiffusion
et la télévision. Durant ces années, il travailla dans neuf stations de radio
différentes, trois stations de télévision, une compagnie de téléphone, un centre
d'informatique et dans de nombreuses autres compagnies pour y acquérir une grande
expérience.
Depuis 1946, tout en travaillant
régulièrement, il a trouvé le temps nécessaire pour enseigner l'émission d'amateur,
enseigner le code Morse, la technique et la réglementation. Il aura aidé en
tout plus de 3500 candidats à obtenir leur licence radioamateur. Il avoue aimer
enseigner le radioamateurisme.
Il a toutefois observé
tout au long de cette longue période que l'âge moyen des candidats a augmenté
graduellement d'environ 15 ans et qu'il leur fallait de plus en plus de temps
pour apprendre le code Morse. Pour attirer les opérateurs à grande vitesse et
en tirer les secrets nécessaires à atteindre une telle technicité, il organisa
des concours lors de divers rassemblements amateurs.
Ce n'était pas seulement
pour se distraire, il souhaitait connaître d'autres méthodes plus efficaces
encore d'apprentissage du code Morse. Il appliqua ce qu'il avait appris avec
sa propre pratique d'entraînement et fit une approche de la copie de vitesse
proches de 100 mots par minute. Il anticipa sur le fait que ce qui l'avait aidé
pouvait à son tour aider les candidats à ce type de trafic. Il fut quand même
déçu de voir que cela ne les aidait pas beaucoup.
Il fit des recherches dans
de la littérature traitant de la psychologie de l'apprentissage, etc... et il
constata qu'il y a cinq facteurs impliqués dans les succès obtenus lorsque l'on
enseigne. Ces facteurs s'appliquent d'ailleurs probablement à l'étude du code Morse:
1)
Le premier et le plus important
de ces facteurs est que les élèves doivent être absolument fortement auto-motivés.
Les élèves ne sont d'ailleurs pas forcément convaincus de cela.
2)
La diète [note du traducteur:
Et pourtant je bouffe un max moi Hi !] La surconsommation de sucre, de nourriture
riche pré-cuisinée et de viandes semble toujours gêner le processus d'apprentissage.
[On notera que Candler a dit beaucoup de choses sur ce sujet de nombreuses années
auparavant].
3)
L'exercice (Comme les pompes
ou la course etc...) avant et après les périodes d'entraînements
[Candler approuvait cela aussi. A cette époque, les lieux de travail étroits
des télégraphistes, avec peu de lumière du soleil et peu d'air frais étaient
monnaie courante].
4)
Les méthodes correctes
d'entraînement. De l'apprentissage avec succès du code Morse, il
en résulte une copie individuelle basée sur une activité mentale subconsciente. Ceci est impossible tant que
le mental de la personne n'y a pas été préparé et entraîné correctement. [Lewis
était bien plus préoccupé par les capacités à copier plutôt que les possibilités
de lecture].
5)
D'autres facteurs impliquent
la forme d'onde du code lui même, le temps d'attaque et de délai des enveloppes
du signal audio (Points et traits), la fréquence de la tonalité et son timbre,
la présence d'une voyelle adjacente et la combinaison des consonnes. Tout ceci
pour optimiser l'impression qu'en retirent nos oreilles
Lorsqu'on lui demanda en
1991 comment on fait pour copier à de très grandes vitesses il répondit "qu'à
75/85 mots par minute, on est dans un état second de concentration absolue,
presque en état d'hypnose”. Lorsqu'on lui demanda aussi si l'on peut débuter
directement une copie à 75 mots par minute, il répondit: “NON! Je dois
m'y préparer psychologiquement et cela peut me prendre de quelques minutes à
plus de quarante cinq minutes”. On lui demanda aussi s'il y avait une limite
haute de vitesse de réception: "On peut affirmer qu'elle se situe au dessus
de 120 mots par minute car l'un de ses amis, Jerry Ferrell a été chronométré
avec 90% de lecture complète à 125 mots
par minute".
Harry a été confirmé en
1988 par l'ARRL alors qu'il parvenait à copier à 76 mots par minute. Maintenant,
avec l'âge qui avance (70 ans), il sent qu'il ralentit quelque peu.
Au début des années 1920,
leur père, Edward Hart Senior, était
professeur de chimie au collège Lafayette situé dans la petite localité de Easton,
Pensylvannie. La famille habitait une maison sur le campus universitaire
qui était la propriété du collège. Lorsque leur père décéda en 1931, il durent
alors déménager pour loger dans une ferme située à quelques kilomètres au sud
de Easton, près du petit village de Raubsville. La ferme avait une superficie
de cent soixante hectares de bois et de prairies étalées sur deux vallées près
de la rivière. Edward fut le premier
des deux à obtenir ses deux licences. Celle d'opérateur et celle de sa station
indicativée sous 3NF. Il n'avait que 15 ans en 1925.
Lorsque leur père décéda,
il s'occupait d'une affaire d'imprimerie à Easton et continua cette activité
quelques années. Beaucoup plus tard, il se déplaça sur Philipsburg, New jersey
avec l'indicatif W2ZVW. Plus tard encore, il déménagea pour Albuquerque, Nouveau
Mexique sous l'indicatif W5RE pour finir en 1978 à Bonita Springs en Floride
avec l'indicatif N4KB. C'est là que son "petit" frère est venu souvent
lui rendre visite au cours des mois d'été. Edward a été un opérateur assez rapide
et il décéda en 1988.
George Hart, le frère le
plus jeune de Edward est né le 1er Novembre 1913. A l'heure actuelle, son
indicatif est W1NJM, et George raconte son histoire avec le code Morse à la
première personne. Cette histoire a été quelque peu arrangée et même paraphrasée.
Ca se passait en 1925,
après que Edward obtint sa première licence amateur que son jeune frère devint
intéressé et curieux. Mais qu'était ce donc ce qui pouvait intéresser son grand
frère autant ? C'était quoi cette sorte de nouveau langage qu'il utilisait ?
George dit: "J'admirais
mon grand frère Edward. C'était un exemple pour moi. Il avait quinze ans,
soit trois ans et demi de plus que moi, je n'en avais que onze. J'ai donc appris
le code Morse un peu comme un bébé apprend à parler, en écoutant mon frère opérer
et en reconnaissant les caractères par ‘osmose’, reconnaissant et imitant les
sons les plus fréquents entendus. J'ai juste appris en écoutant".
"Peu m'importait combien
de “points” et “traits” il y avait, seules les formes et symboles sonores
etc e qu'elles représentaient m'intéressaient. J'ai rapidement appris à reconnaître
ses appels fréquents CQ’s, son indicatif 3NF et les signes spéciaux de procédure
comme AR K, DE et R (Tous encore utilisés !), ainsi que le maintenant
devenu obsolète caractère U. La lettre U était alors utilisée par les amateurs
Américains avant qu'on leur attribue les préfixes W ou K. J'ai aussi appris
bien d'autres sons avec leur signification. Je suis pratiquement né avec un
manipulateur dans la bouche !".
"Je n'ai pas eu à
débuter cet apprentissage du code Morse avec une quelconque détermination pour
apprendre le code Morse, ou pour réussir un quelconque examen, ou pour pouvoir
trafiquer sur l'air. Un jour, le 14 Septembre 1926, Je n'avais alors que douze
ans. J'utilisais pour la première fois la station de mon frère et j'ai établi
mon premier contact et QSO avec W9CRJ de Lexington, Kentucky. J'étais un
peu tremblant lors de ce premier contact et Edward termina la liaison pour moi".
"C'est en 1928 à l'âge
de 14 ans que je me suis chronométré à 34
mots par minute, en langage clair. J'ai eu à payer pour cela quelques temps
plus tard à cause d'une mauvaise utilisation de la pioche car cela m'a donné
ce que l'on appelle "le bras de verre", une forme douloureuse de paralysie.
Toutefois, j'avais constaté que je maîtrisais correctement et suffisamment le
code Morse au point de pouvoir tenir une conversation et de communiquer de la
même façon que mon frère Edward.
"Finalement, mon frère
Edward m'engagea à prendre une licence temporaire obtenue par courrier en 1930.
Le code Morse ne me posa bien sur aucun problème mais j'ai passé avec difficulté
la partie technique. Je n'étais même pas capable de construire ma station moi
même. Edward m'emmena à Philadelphie en 1931 et j'ai obtenu ma première licence
radioamateur sous l'indicatif W3AMR, valide seulement trois années et renouvelable
par simple preuve de son utilisation".
"En 1932, je suis
entré à l'université de Pennsylvanie et obtint mon baccalauréat en 1936. Je
n'ai jamais utilisé l'indicatif W3AMR avant le décès de mon père et que nous
ayons à déménager de notre domicile du collège pour aller habiter la ferme (‘ole
66’). L'indicatif W3AMR est un indicatif qui 'balance' bien en CW et j'ai appris à l'aimer. A la ferme, il n'y
avait pas de lignes électriques en courant alternatifs, alors nous devions utiliser
des batteries. Edward monta sa station dans l'imprimerie que nous possédions
à Easton. En 1932, Edward acheta un générateur d'occasion pour la ferme
et l'installa dans un local extérieur. Malheureusement, il prit feu et
mit le feu à d'autres parties de la ferme, brûlant aussi presque entièrement
la maison d'habitation".
"Pour le code Morse,
mon conseil pour acquérir une bonne maîtrise sera de s'asseoir, d'écouter, de
rester longtemps à l'écoute et de vouloir comprendre. Tous ceux qui ont appris
à parler peuvent apprendre la CW, c'est aussi facile que cela. Il suffit de
vivre avec et le Morse viendra à vous. Le code Morse n'est qu'une autre façon
de parler". [Les jeunes gens et les adultes pourront apprendre de
manière sensiblement différente] Apprendre la CW de manière conversationnelle
est plus comparable à l'apprentissage de la parole que l'apprentissage d'un
autre langage. C'est même plus facile puisqu'il n'y a pas à apprendre à prononcer
des son étrangers et nouveaux, apprendre un nouveau vocabulaire ou une autre
grammaire. Il s'agit simplement de reconnaître de simple tonalités sonores et
de les imiter. L'apprentissage n'est qu'une matière d'intention".
"On m'a offert une
clef Vibroplex en 1929 et peu avant mes vingt ans, j'étais déjà capable de transmettre
comme une machine à 45 mots par minute".
Il eut malheureusement,
que ce soit avec une pioche ou un bug, à souffrir de douloureux "bras de
verre" bien connus de tous les télégraphistes. Avec la venue de claviers
de manipulation, il pouvait alors manipuler confortablement avec seulement deux
doigts.
"Je n'ai jamais appris
la frappe au clavier et c'est un handicap pour moi de frapper au clavier. Avec
deux doigts, je peux frapper jusqu'à 55 mots par minute. C'est aussi ma
vitesse la plus rapide de copie d'un texte car j'ai sans cesse à déplacer mes
yeux de la copie au clavier très rapidement. Ces mouvements rapides des yeux
ne font que rajouter des erreurs avec l'âge. Il m'est arrivé de copier sans
arrêt durant une minute à 55 mots par minute sur un test de 5 minutes durant
un concours de l'AARL. Je peux évidemment lire mais pas copier à 60 mots par
minute, mais je ne prends que quelques mots à 70 mots par minute ou plus".
"Je pense que devenir
opérateur à grande vitesse en CW découle d'une progression naturelle, pourvu
que l'on apprenne de la bonne manière dès le début et que l'on continue de s'entraîner".
En réception, George a été capable de lire du code Morse à 60 mots par minute,
mais maintenant il n'est capable de transmettre qu'à environ 40, et de ce fait,
les QSO's de nos jours sont rarement au dessus de cette vitesse.
George travailla au siège
de l'ARRL pendant 40 années, débutant comme second opérateur de contrôle à la
nouvelle station W1AW le 22 Août 1938, et termina sa carrière comme Communications
Manager en charge de toutes les activités sur l'air parrainées par l'ARRL et
ses clubs associés le 1er Novembre 1978. Lors de sa retraite, il se retira
dans la ferme de sa jeunesse.
La plupart du temps depuis
1957, il a participé activement à la promotion de la réception à grande vitesse
en mettant en place des séances d'entraînement hebdomadaires et des sessions
de qualification sur l'air, délivrant aux participants des certificats de participation
et de qualification. Au début, cela se faisait depuis un petit club qu'il avait
créé avec les séances d'entraînement et de test indiqués dans le magazine QST.
L'ARRL n'était pas partie
prenant dans cette activité mis à part la publication des informations relatives
à cette activité.
Le club a été abandonné
plus tard et quelques membres de la "Society of Wireless Pioneers"
(SOWP) donnèrent le nom de leur club comme support mais ne firent rien de plus.
Ses transmissions étaient
à l'origine faites à l'aide d'une machine à bandes à des vitesses comprises
entre 20 et 70 mots par minute. Quelques unes de ses émissions furent réalisées
dans les dernières années à partir de la station de son frère en Floride. Ce
n'est seulement que récemment qu'il ne fit plus qu'une seule session par semaine
et ne délivra plus de certificats. Il
manipule rarement maintenant au delà de 30-35 mots par minute. Il pense
toujours être capable de copier à 40 mots par minute.
Il est persuadé que ces
“améliorations personnelles” sont le résultat de ses motivations à la base pour
poursuivre dans le domaine de l'émission d'amateur, tout particulièrement dans
le trafic DX et les concours. Nous le faisons car "nous aimons le faire",
et la plupart ne le font que pour cela.
"J'ai pris contact
avec William C. Smith, K6DYX, de Monterey en
Californie, professeur d'électronique à l'école supérieure de l'ETATS
UNIS de Monterey. C'était au début des ordinateurs personnels. Il m'indiqua
de me 'précipiter' sur cette technologie pour mes séances d'entraînement, allant
à l'encontre de mes préférences personnelles. Pas seulement cela, il me fit
cadeau de son vieil ordinateur Apple II en 1988, avec un jeu d'instructions
personnalisées pour l'utiliser. Il vint me rendre visite à plusieurs reprises.
J'étais un élève assez difficile et lui
un excellent professeur dans ce domaine avec beaucoup de patience. J'utilise
toujours cet ordinateur depuis lors.
John est capable de lire
à 80 mots par minute, et de copier à 70. En 1992, je lui ai posé pas moins de
22 questions à chacune desquelles il a apporté une réponse accompagnées de lettres
aimables. Vous trouverez à suivre l'essence de ce qu'il nomme son expérience
personnelle.
Son père, W1QQS était un
ami proche de Ted McElroy, détenteur durant de très nombreuses années du record
du monde de vitesse et ils se rencontrèrent souvent. Ted était en quelque sorte
pour lui comme son oncle. A l'âge de six ans, John commença à s'intéresser au
Code Morse et à partir de cette époque là, il apprit le code à des vitesses
comprises entre 10 et 15 mots par minute, sans pour autant passer une licence.
Dans ses dernières années,
alors devenu radioamateur et ayant atteint une vitesse de 30 mots par minute,
il débuta de l'entraînement pendant son sommeil. Cette méthode fut essayée par
quelques Allemands au début des années vingt. En règle générale, il s'entraînait
sur des périodes de quatre heures chaque nuit.
Il utilisait un magnétophone
à bandes pour diffuser du code Morse en continu qu'il avait pris soin d'enregistrer
auparavant à des vitesses variées, augmentées petit à petit pour atteindre un
maximum de 60 mots par minute ou plus
grâce à la vitesse de lecture de ce magnétophone. Il semble donc que c'est avec
cette méthode qu'il a pu atteindre ses plus hautes vitesses. Il pratiquait aussi
l'émission d'amateur sur des durées de six heures par jour, probablement toujours
en quête de liaison à la plus grande vitesse possible entendue.
Il n'a perçu aucune perte
de repos ni fatigue supplémentaire du fait de ces entraînements durant son sommeil.
Il n'y a pas besoin de préparation pour ce type d'entraînement, il suffit juste
de commencer. Les mauvaises épellations ou erreurs typiques de manipulation
ne lui causent aucune difficulté et il ne perd rien en lecture.
Il fut durant de nombreuse
années radioamateur, un opérateur DX renommé
et il enseigna le code Morse. On ne sait pas exactement quelle fut sa vitesse
maximum de lecture ou de copie mais on pense qu'il était capable de trafiquer
à des vitesses voisines de 60 mots par minute. Ses élèves progressaient d'ailleurs
très rapidement pour passer de rien à 30-35 mots par minute seulement en quelques
semaines. En 1959, il écrivait que "Tout opérateur DX devrait être capable
de lire dans des gammes de vitesse aux environs de 60 mots par minute. Il
peut alors s'adapter à ceux qui l'appellent".
#11
Jerry A. Ferrell WB7VKI (CFO # 760)
Jerry est un autre opérateur
à grande vitesse, avec plus de 100 mots par minute en lecture avec lequel j'ai
eu de nombreuses correspondances en 1992 et plus tard. Jerry est né en 1927.
En 1945 à l'âge de 18 ans,
il s'engagea chez les gardes côtes Américains. Ses tests d'aptitude démontrèrent
chez lui de très bonnes capacités d'opérateur radiotélégraphiste. Il suivit
un cours de radio d'une durée de six mois à Atlantic City. Le but de ce cours
était de pouvoir opérer à 20 mots par minute en chiffré avec des groupes de
5 lettres. Durant ce cours, très peu de texte en Anglais et en clair étaient
utilisés. Il n'était d'ailleurs pas très bon en clair, toutefois, c'était un
excellent opérateur.
Le cours chez les garde
côte débutait à 5 mots par minute. Ils semblaient utiliser les caractères en
les manipulant très lentement, rendant presque impossible de reconnaître aisément
une forme sonore comme cela est possible avec une gamme de vitesse minimum comprise
entre 10 et 13 mots par minute. La classe progressait plus vite en fait par
un système d'étapes de vitesses à chaque changement de semaine jusqu'à atteindre
20 mots par minute.
A la suite de cette école,
il embarqua sur les bateaux des garde côtes ETATS UNIS. Il quitta les garde
côtes fin 1948 et en 1949 pour les télégraphes des chemins de fer. Il passa
un mois à leur école de télégraphie pour y apprendre le Code Morse Américain
et eut plusieurs affectations temporaires en remplacement. Plus tard, en 1949,
il retourna chez les garde côtes ETATS UNIS et y resta jusqu'à sa retraite en
1966.
Lors des affectations diverses,
il avait à copier des messages en Anglais normal à 20-25 mots par
minute, et des diffusions de la presse à usage des bateaux à 35-40 mots par
minute. Il était si bon que quelquefois, les opérateurs des stations côtières
préparaient des bandes pour lui manipuler à des vitesses entre 50 et 60 mots
par minute pour essayer de le faire échouer dans la copie, mais ce ne fut pas
le cas et ils se demandaient bien comment il faisait !
Puis, au cours d'une période
de douze années entre 1966 et 1978, il travailla à différentes occupations en
dehors des activités télégraphiques. Début 1978, il obtint sa licence radioamateur.
En Mai de cette années, il participa à un salon radioamateur à Vancouver. En
entrant dans le salon, il entendit des signaux en code Morse te les localisa.
Il se tenait sur place une démonstration de vitesse en code Morse avec de nombreux
spectateurs. Elle était donnée par Harry Lewis qui utilisait un clavier, un
moniteur TV et un indicateur affichant la vitesse de manipulation.
Jerry demanda d'essayer,
pour commencer à 30 mots par minute avec augmentation par pas de 5 mots par
minute. Il copia parfaitement jusqu'à 50 mots par minute. A ce moment
là, il devinrent amis avec Harry Lewis, qui, à partir de ce moment là, lui prêta
du matériel, lui fournit son aide précieuse et l'encouragea à augmenter et développer
ses capacités de lecture à grande vitesse. Il acheta un magnétophone à bandes
ainsi qu'un clavier pour réaliser une cinquantaine de bandes 1/4 de pouce à
des vitesses situées dans une gamme comprise entre 50 et 75, 60 et 80 et pour
finir, 70 et 90 mots par minute pour son entraînement. Plus tard, il créa
encore d'autres bandes magnétiques avec des augmentations de vitesse de 5 mots
par minute dans une gamme s'étalant entre 50 et 80, etc. Il possède aussi
une bande de "préchauffage" sur laquelle les vitesses sont comprises
entre 75 et 100 mots par minute, histoire que les gens qui écoutent aient la
sensation que celles qui sont réellement utilisées leur semblent bien plus lentes.
1)
Il suppose avec justesse
que la raison principale de l'augmentation du nombre d'opérateurs à grande vitesse découle de l'utilisation
très répandue des claviers servant à la manipulation.
2)
Il est cohérent lorsqu'il
dissocie la lecture et la copie qui sont en fait deux types opératoires bien
distincts. La copie nécessite bien plus d'entraînement et beaucoup plus d'heures
d'apprentissage. c'est parce que l'on reçoit vace les oreilles, on effectue
un processus de traitement au travers du cerveau pour enfin écrire avec les
doigts ou frapper sur un clavier.
3)
Il dit ne ressentir aucune
difficulté pour lire mais les grandes vitesses génèrent un stress pour lui.
C'est à cause de cela qu'il pense qu'il faut qu'il s'entraîne au moins une bonne
heure par jour dans les cinq mois qui précèdent un concours. Il indique aussi
devoir être paré psychologiquement immédiatement avant le concours. Il indique
aussi que ce serait impossible et trop stressant pour un opérateur de copier
continuellement du 60 mots par minute pendant 10 à 12 heures par jour. C'est
pratiquement impossible.
4)
Il indique aussi que le
secret de l'apprentissage de la copie à de plus grandes vitesses est de débuter
toujours la copie à une vitesse supérieure de 10 mots par minute ou plus vite encore que la vitesse à laquelle on se
sent à l'aise pour ensuite revenir et ralentir un peu. Il dit que c'est un peu
comme quand oon conduit une voiture à 150 km/h pour redescendre à 130 et que
l'on a l'impression de rouler lentement ensuite.
5)
Il dit aussi que le Code
Morse International à 75 mots par minute ou plus sonne un peu comme du "gras
de poulet en train de frire sur un grill chaud" pour reprendre exactement
son expression. Pour commencer à le lire, on doit imposer à sa pensée de rentrer
dedans et de commencer à se concentrer sur les mots et les phrases. Alors, aussi
longtemps qu'il maintient consciemment la concentration comme indiqué, il peut
continuer de lire.
Sur quoi se concentre-t-il
donc et de quelle manière le fait-il ? Il se le représente comme suit : "Si
j'écoute les informations sur une radiodiffusion, tout en lisant les nouvelles
d'un journal, un ou l'autre attirera mon attention. Lorsque je me concentre
sur une des informations en particulier, je suis quand même conscient de la
présence de l'autre sans pour cela être vraiment concerné par son contenu. En
fait, c'est un peu n'importe quoi pour moi". C'est un parallèle un peu
inexact mais c'est le fait de changer d'attention d'une information à l'autre
qui fera la différence entre la lecture et traiter l'information comme un "bruit".
Les mots compliqués ou
inhabituels sont quelquefois difficiles mais ne causent généralement pas de
perte d'attention en détruisant la concentration générale du sujet. Il peut
être conscient d'avoir manqué quelque chose du à une mauvaise épellation ou
à une erreur de manipulation et être momentanément dérangé mais pas pour longtemps
. Son attention est axée sur la compréhension et c'est ce qui lui permet de
continuer. Les mots longs ne posent généralement aucun problème particulier.
1)
Il ne sait pas si réellement
il existe une limitation de la vitesse de compréhension mais il pense qu'il
y en a sûrement une.
2)
Il a toujours été capable
d'écouter le code Morse ou de manipuler tout en faisant autre chose en même
temps comme par exemple écrire à vitesse modérée, converser avec les autres,
se régler, etc... Alors qu'il était opérateur radio de bord sur les bateaux,
on lui envoyait des mots manipulés à l'envers pour essayer de le "bousculer"
mais jamais rien n'y a fait.
3)
Bien qu'il soit capable
de lire et de copier le code Morse Américain jusqu'à 30-40 mots par minute,
selon lui il ne "sonne" pas correctement lorsque l'on utilise une
tonalité CW. Il aime bien toutefois l'écouter sur des résonateurs à bandes perforées.
Il ne s'y est jamais entraîné à grande vitesse.
En 1942, âgé de seulement
dix ans, son père lui offrit comme cadeau de Noël un coffret de jeu télégraphique
pouvant être utilisé pour envoyer entre deux stations. Ce coffret comprenait
un buzzer, un générateur de clics simulant un résonateur ou une lampe. Il n'y
a aucun doute sur les raisons pour lesquelles son père lui avait offert ce cadeau,
il était lui-même télégraphiste dans une compagnie des chemins de fer de Pittsburgh
et du lac Lake. Son grand père aussi fut aussi télégraphiste dans les chemins
de fer de Pennsylvanie RR, ainsi qu'un oncle aux chemins de fer de Baltimore
et de l'Ohio. Il apprit par lui-même les lettres et chiffres en les mémorisant
à vitesse lente.
Après la deuxième guerre
mondiale, lorsque l'émission d'amateur fut à nouveau autorisée, il décida d'améliorer
ses capacités en code Morse et de passer son examen radioamateur. Il s'entraîna
sur son coffret télégraphique et aussi de manière mentale en transcrivant les
publicités vues sur les journaux ou les trolleybus en code Morse tout en se
déplaçant en ville. Son père ne lui fut
pas d'une aide précieuse car il ne connaissait que l'ancien code Morse Américain.
Il passa l'examen à 13
mots par minute en 1946 et il échoua. A cette époque, il fallait alors attendre
six mois avant d'avoir le droit de repasser l'examen. Donc, durant cette période,
il s'entraîna encore, comme il l'avait fait par le passé. Il se souvient qu'à
cette époque, il était capable de manipuler à 18/20 mots par minute. Tôt
au cours de l'année suivante, il passa l'examen et passa de justesse, vraiment
sans trop de réussite.
Comme il l'exprime lui-même,
en terme de “points” et “traits”, il a probablement suivi l'approche de son
père dans la copie et la manière de penser et il s'est entraîné avec les “points”
et les “traits”, plutôt qu'en termes de formes sonores comme des ”dits” et des
“dahs”. Quelle que soit la manière qu'il utilisa pour apprendre, qu'elle soit
visuelle ou sonore, il pense avoir été "scotché" à la vitesse de l'examen
à 13 mots par minute pendant une longue période. A cette époque, il n'avait
que peu d'opportunités de travailler sa vitesse alors fort occupé par ses hautes
études. De même, comme il se sentait aussi rapide que la majorité de ses contacts,
il ne ressentit pas l'intérêt d'aller plus vite.
Au début des années 1950
alors qu'il était dans l’armée, il manipulait
à la pioche entre 15 et 17 mots par minute. Durant les années 1960, ses
premiers progrès réels débutèrent lorsqu'il débuta les écoutes sur les diffusions
d’entraînement de l'ARRL en préparation du passage de la classe radioamateur
"Extra". Il savait de sa propre expérience que les gens ont tendance
à faire moins bien lors des examens et il attendit donc d'être capable de copier
à 30 mots par minute avant de subir le test à 20. Bien sur, ce fut un succès.
Dans les années 1970, ses
capacités de compréhension et de manipulation augmentèrent jusqu'à 40 mots par
minute. A cette époque, il utilisait un keyer pour la manipulation et n'éprouvait
plus le besoin d'écrire. Vers le milieu des années 1970, lorsque de bons claviers
devinrent disponibles, il entendit quelques gars manipulant à 80 mots par minute,
mais il ne pouvait pas les comprendre, du moins très peu de ce qui était manipulé.
Il pensait que ce devait être amusant de pouvoir le faire. Il pensait toutefois
à leur sujet : "Nous sommes réellement dans deux catégories différentes
et ce qu'ils arrivent à faire est vraiment hors de ma portée. Trop occupé par
mon travail, je n'ai pas assez de temps pour m'y entraîner. Lorsque je suis
parti en retraite en 1992, j'ai eu finalement tout mon temps pour pouvoir pratiquer
de la CW et j'ai donc acheté un clavier. Dès le début j'ai commencé à manipuler
à 45 mots par minute".
Il eut l'occasion alors
d'entendre des gars tenant des QSO's à plus de 60 mots par minute, et :
"Je décidais alors
de voir si je pouvais encore améliorer mon niveau pour y arriver aussi. Cela
nécessite beaucoup de volonté et d'entraînement, mais dans les trois années
qui ont suivi, de 1997 à fin 2000, j'ai pu monter de 45 à 70 mots par minute.
J'ai l'intention de m'y maintenir et même de m'améliorer. C'est très agréable
et amusant et j'ai pu rencontrer des personnes très agréables qui sont devenues
des sortes de mentors ou modèles pour moi".
De son expérience personnelle,
il en déduit que son cerveau fonctionne comme suit : " Au-dessous d'environ
55 mots par minute, je construis les mots à partir des lettres, et la compréhension
prend du temps ou de la place "mémoire". Tout particulièrement au-dessous
de 25 mots par minute, j'ai remarqué que mon attention s'étale à se souvenir
des lettres arrivant lentement et la construction des mots en est rendue fastidieuse.
Mais, au-dessus de 55 mots par minute, mon cerveau prête alors que peu d'attention
aux lettres, et les mots "éclatent" à mon esprit. Même à 90 mots par
minute, j'arrive à décoder des mots comme des mots pour ensuite les combiner
ensemble pour former une pensée et leur donner un sens. 90 mots par minute semble
être ma limite pour le faire et je pense que pour comprendre au dessus de 90
mots par minute, je devrais changer la manière dont mon cerveau fonctionne dans
ce processus".
Un entraînement intensif
complémentaire lui a permis d'arriver à comprendre des vitesses au-dessus de
100 mots par minute.
Fred nous indique comment
il améliora sa vitesse de manipulation tout en réduisant le nombre d'erreurs
à des vitesses au dessus de 70 mots par minute sur un clavier. Il a constaté
qu'il faut une période d'environ dix jours d'entraînement pour aller au delà
de 100 mots par minute.
Il débuta ses expérimentations
et ses entraînements à 70 mots par minute, vitesse à laquelle il était déjà
parvenu. Parmi les changements ayant apporté des améliorations notables, on
notera :
1)
Il coupait le moniteur
audio presque complètement puis...
2)
Arrêtait de regarder l'écran,
à l'exception d'une fois de temps en temps lorsque ses doigts lui indiquaient
une faute.
3)
Il ne regardait pas non
plus le clavier.
Ces trois conditions éliminant
les distractions possibles, il se concentrait alors sur le travail de ses doigts.
Bien que ne regardant pas le clavier, il le “visualise” et peut se concentrer
mentalement dessus et y diriger ses doigts pour les faire aller où il faut ensuite.
C'est assez difficile à expliquer [Et à traduire ! Hi !]. Il dit que l'on peut
comparer cela avec une forme de "souhait" que l'on donnerait aux doigts
d'aller quelque part... et ils y vont ! On peut comparer aussi à cela: "Lorsque
je joue du piano sérieusement, bien que conscient de la présence du clavier
du piano, je ne regarde jamais où les doigts vont aller. Même si je dois sauter
de plusieurs octaves rapidement, je peux frapper la bonne touche et donc, la
bonne note sans même avoir à tourner ma tête. Etre obligé de regarder le clavier
pour voir où les doigts sont supposés "atterrir" aurait donné une
mauvaise qualité de la musique, m'aurait empêché de bien jouer".
En deux semaines d'expérimentation
et d'entraînement, il remarqua qu'il était capable d'envoyer à 100 mots par
minute aussi aisément qu'il le faisait à 70. Mais, il fut surpris par le
fait que c'était devenu aussi facile qu'à 70. Il dit : "J'arrive à organiser
mes pensées dans le temps pour garder mes doigts occupés à ces grandes vitesses.
Après avoir maîtrisé cette technique, j'ai remarqué que d'arriver à sortir le
flux de mes pensées à cette vitesse de 100 mots par minute était devenu très
facile".
Une autre chose, il avait
besoin d'améliorer la cadence de sa manipulation pour manipuler chaque lettre
avec le même rapport. Il indique que : "Les erreurs que je fais comme manipuler
“adn” pour “and” [Note du traducteur: Ce phénomène est bien connu par la médecine
et se nomme dyslexie] sont généralement dues au fait que la frappe du doigt
chargé du “d” est en dehors de la cadence trop rapide pour permettre au doigt
qui frappe le “n” de le frapper. Je me concentre et essaye de garder une cadence
constante, quelque chose que je n'avais jamais fait durant les cinquante années
passées. J'aurais pensé que ce soit quelque chose de difficile à maîtriser mais
finalement ce n'est pas le cas". Il était pour le moins très observateur
et avait beaucoup d'idées. Est-ce que l'on doit suivre ces suggestions ? Il
nota qu'au cours de cinquante trois années de radioamateurisme, il n'a pas opéré
pendant de très nombreuses heures, généralement une ou deux heures par semaine.
Même maintenant, il a peu souvent la chance de trouver une fois par semaine
un opérateur avec qui communiquer réellement à grande vitesse. Ces derniers
sont devenus rares de nos jours aux USA [Et ailleurs !].
"J'ai appris le code
Morse alors que j'étais élève de l'école de l'armée de l'air durant la deuxième
guerre mondiale. Nous devions manipuler et recevoir à 12 mots par minute avant
de commencer les entraînements en vol. Après la guerre, j'ai acheté à mon fils
un récepteur ondes courtes. J'ai pu entendre alors de la CW dessus et j'ai réappris
le code Morse et les lettres que j'avais oublié. J'ai appris le code Morse tout
seul avec des bandes et des amis qui m'y ont aidé. Si je suis arrivé à
la vitesse à laquelle je suis, je le dois à deux amis, décédés maintenant
et que j'avais l'"habitude de contacter. Grâce à eux et à leur aide, j'ai
pu augmenter ma vitesse. Il s'agissait de Jimmy Moss, W5GRJ et de Gene W4JKT
qui m'ont poussé".
"En tout premier,
vous devrez avoir le souhait d'apprendre la CW, l'aimer et l'apprécier et avoir
le désir d'augmenter votre vitesse au lieu de rester sur le 'plateau'".
"Puis, il faudra de
l'entraînement, encore de l'entraînement,
toujours de l'entraînement... Lorsque vous serez capable de lire à une
bonne vitesse, vous devrez avoir le désir de monter encore au niveau supérieur
de vitesse.
Les bandes ou cassettes
sont très bien en guise d'entraînement mais le mieux est de venir sur l'air
avec des amis qui vous pousseront vers le niveau supérieur avec des entraînements
réguliers".
"Gene, W4JKT m'enseigna
comment augmenter ma vitesse:
1)
Dès que je lis correctement,
il faut passer à la vitesse supérieure.
2)
Lorsque je n'arrivais pas
à lire à la vitesse supérieure, il passait encore un peu au dessus. Je n'étais
pas bien à l'aise et ne prenait pas grand chose mais...
3)
Lorsqu'il redescendait
un peu vers la vitesse précédente, celle à laquelle je n'étais pas encore capable
auparavant, cela me semblait devenu lent et à ma grande surprise, j'arrivais
à lire".
"En d'autres mots,
il ne ralentissait pas lorsque je n'arrivais pas à lire mais passait à une vitesse
encore supérieure pour me la faire entendre, même si je ne prenais qu'un mot
ou deux. Puis, il redescendait à une vitesse plus lente. Me semblant vraiment
plus lente, j'arrivais alors à tout lire".
"Je n'arrive pas à
lire, copier et manipuler aussi bien que Tom Alderman et les autres le font
et je ne suis pas aussi souvent qu'eux sur l'air mais ma vitesse de lecture
(pas de copie) est dans la gamme des 60 à 70 mots par minute".
Il est l'un de nos plus
anciens exemple d'opérateur à très grande vitesse.
Son intérêt pour le sujet
débuta en 1924 alors qu'il n'avait que 12 ans. Les émetteurs à étincelles commençaient
à perdre leur difficile utilisation, leur bruit caractéristique et cette sensation
de puissance (Comme pour les motos) pour être remplacés petit à petit par les
tubes à vide avec leurs signaux CW furtifs. Ce fut l'époque de l'augmentation
sans cesse toujours plus rapide des liaisons DX en "ondes courtes",
devenant de plus en plus courtes.
Il était très intéressait
et s'engagea dans la marine des Etats Unis et fut affecté comme opérateur CW.
Il fut entraîné parmi une élite d'opérateurs de crypto-télégraphie. Ils étaient
entraînés pour utiliser de nombreux codes et il était personnellement entraîné
à utiliser huit code nationaux différents avant et après la guerre. Ce groupe
était constitué de 178 hommes ayant subi le même entraînement. Leur travail
incluait la copie à très grande vitesse. Il passa la plupart de son temps d'activité
dans le Pacifique sud à Pearl Harbor lorsque l'attaque Japonaise eut lieu.
Il apprit le code Morse
par son père, W4BI, (Voir ci-dessus) qui commença de lui apprendre à 9
ou 10 ans. Comme son père était un professeur expert en trafic à grande vitesse,
Mel n'a jamais été troublé par une “mémorisation” graphique du code de manière
visuelle en points et traits mais plutôt lui donna le moyen de les percevoir
dès le début comme des formes sonores. Encore plus important, il ne se sentit
pas du tout concerné par le fait de savoir si c'était "difficile"
ou "facile" à apprendre. Ce n'était qu'une chose de plus à apprendre
comme le reste. Lorsqu'il rencontrait des difficultés, son père l'encourageait
à persévérer avec des phrases du genre :
“Regarde tout ce que tu
as déjà appris et ce que tu peux déjà faire avec”.
A cette époque, comme le
bureau de la FCC se situait à plus de 200 kilomètres, il utilisa l'indicatif
de son père sur une période de deux années jusqu'à ce qu'il ait l'occasion d'aller
passer sa licence et qu'il ait son indicatif personnel en 1958.
Il était déjà capable de
copier à 40 mots par minute depuis plus de vingt ans lorsque lui et son père
se sont procurés des claviers électroniques. Sa vitesse de manipulation augmenta
parallèlement à sa vitesse de copie pour
atteindre 45 puis 50 et finalement approcher les 55, où aller à des vitesses
plus importantes semblent être en relation avec du travail personnel. Sa limite
semble être de 60 mots par minute et confortablement, il peut opérer entre 45
et 50 mots par minute.
Il dit qu'il doit son trafic
en “QRQ” aux 35 années de QSO’s avec son père qui lui a toujours été capable
de copier au dessus de 60 mots par minute. Il semble vouloir s'atteler à atteindre
ces performances là mais ce n'est qu'une question d'entraînement.
Aucune autre information
si ce n'est qu'il est un opérateur très rapide, peut frapper à près de 140 mots
par minute et recevoir au moins à 100.
C'est l'un des cas les
plus intéressants car il illustre un apprentissage "normal". Il s'intéressa
à l'émission d'amateur dans le milieu des années trente après avoir visité un
ami scout qui possédait une station radioamateur. Il était bien plus qu'intéressé.
1)
Il voulait apprendre le
code Morse et n'avait aucune idée préconçue à son sujet. On peut dire qu'il
l'aimait déjà.
2)
Il débuta à partir du concept
du code présenté comme des sons parlés, pas à partir de points et traits imprimés.
Il n'avait pas eu une approche visuelle. Que fit-il ? il apprit le code par
lui même car il n'avait pas de mentor ni personne pour le lui manipuler. Il
apprit par lui même simplement en lisant le journal et se disant à lui même
les "dits" et "dahs" pour chacun des lettres et chiffres
lus dans les nouvelles. Il passa son examen en 1937 à 10 mots par minute ainsi
que la partie théorique.
3)
Il n'eut aucune approche
par bloc mental mais plutôt simplement de la manière dont ça se présentait comme
d'ailleurs tout ce qu'il avait appris. Il en apprécia l'apprentissage, c'était
amusant pour lui. Sans excès, il atteint la vitesse de lecture de 50 mots par
minute en trois ans. Son but était de se joindre au groupe relativement petit
qui avait procédé comme il le faut dès le début et n'avait rien eu à réapprendre.
C'est pourquoi cela lui semblait "naturel".
4)
Il s'engagea dans le garde
côtes en 1941, juste avant la deuxième guerre mondiale et fut affecté comme
apprenti matelot pour opérer les circuits à haute vitesse parmi les opérateurs
vétérans. Après une autre affectation, il quitta le service actif en 1946. Il
fut inactif pendant dix années tout en conservant sa licence. A la fin des années
60, il s'inscrivit au club des "Chicken Fat Operator’s Club" [CFO]
dans lequel l'un des opérateurs avait remarqué ses capacités de copie à grande
vitesse et lui avait demandé de se joindre à eux. C'est ce qu'il fit mais il
constata qu'il lui était impossible d'augmenter sa vitesse de manipulation avec
seulement un keyer. Il décida de se construire un clavier de manipulation électronique.
5)
L'utilisation d'un clavier,
qui n'est finalement qu'un outil, est pratiquement selon lui le moyen clef qui
permettra au candidat au trafic très raide de "booster" sa vitesse
et de passer le "plateau" fréquemment rencontré pour passer au-dessus
de la barrière des 50-60 mots par minute.
Un changement de l'approche
mentale interne semble être requise (Est-ce un changement qui est caché dans
notre compréhension consciente ?). Il pouvait dès lors s'entraîner avec du code
bien manipulé chez lui, tout seul ou au cours de QSO’s avec d'autres opérateurs
en utilisant un clavier. La manipulation rapide avec un bug ou un keyer est
une technique bien particulière que peu d'opérateurs maîtrisent à ces vitesses.
De ces changements résultent une augmentation notable de sa vitesse de réception
et il fut rapidement capable de manipuler au clavier à 70 mots par minute. "Ce
fut une expérience merveilleuse" nous dit-il. Aujourd'hui, il trouve peu
de radioamateurs à ces grandes vitesses.
Bill Eitel disait: "C'est
une femme très talentueuse et pratique. Ses réalisations sont nombreuses et
peu connues de la plupart des gens car c'est une personne modeste et sincère.
Elle est pilote, musicienne, professeur d'école et opératrice CW au top niveau.
Elle n'a vraiment besoin d'aucune aide pour opérer en CW car elle peut manipuler,
lire de tête ou copier d'une manière dont peu de gens peuvent réaliser la technicité
car elle ne le montre pas. C'est une des personnes que j'ai formée et reconnue
au sein du club '5-Star Club'". Je n'ai aucuns détails ni informations
sur la manière qu'elle utilisa pour apprendre ni comment elle débuta sa passion
de l'émission d'amateur.
Gary est le seul Néo-Zélandais
ayant appartenu au club des CFO. Il dit: "Dans le cette région, 40-45
mots par minute est la gamme de vitesse la plus rapide utilisée. Les claviers
ne sont en règle générale pas utilisés". Il fut étonné d'apprendre
que quelques radioamateurs aux Etats Unis conversaient en code Morse à 100 mots
par minute. Gary avait écrit lui-même un logiciel pour lire le code à
des vitesses déjà confortables et en l'utilisant, avait atteint sa limite de
lecture actuelle de 55 mots par minute.
Les commentaires qui suivent
nous viennent de Gary Bold, ZL1AN : "En 1985 j'ai pu prendre
contact avec lui via packet radio. Il m'invita à lui rendre visite chez lui
à Ann Arbor. Il m'indiqua qu'il était membre du CFO. Je pensais que ce club
avait disparu. J'étais donc sans transceiver et Jess me prêta un transceiver
de chez SWAN , son alimentation, la boîte d'accord et filtres. Arrivé à
notre lieu de séjour en location, il me mit en contact régulier avec d'autres
membres du CFO et leurs réseaux à chaque fois que cela fut possible. Il me connecta
aussi à nos jeunes enfants au travers du réseau packet Néo-Zélandais. De retour
en Nouvelle-Zélande, nous avons gardé des rendez-vous régulier sur la bande
des 40 Mètres lorsque les conditions étaient adéquates. J'ai eu l'occasion de
retourner à plusieurs reprises à Ann Arbor, en appréciant à chaque fois
l'accueil fait par son épouse Brenda.
Ils sont devenus des amis chers pour moi. Je ne sais toutefois rien de ses expériences
précédentes en code Morse. Je suis sur que Jess m'aurait tout raconté mais,
il y a deux ans, il est décédé des causes d'une grave attaque cardiaque".
"Jess était réellement
un opérateur CW de première classe. Je sais qu'il a été opérateur radio de bord
et a passé de nombreuses années à la mer. Je ne sais pas exactement à quelle
vitesse maximum il était capable d'opérer et je ne l'ai jamais vu utiliser un
clavier mais il pouvait lire n'importe quoi. Il pouvait copier des petits signaux,
dans le bruit, couverts par le QRN à partir desquels ils pouvait glaner quelques
rares lettres ou mots occasionnellement. Même des manipulations étranges ne
lui posaient pas de problèmes".
Je n'ai pas d'informations
complémentaires sur les noms suivants qui sont tous supposés avoir été des opérateurs
à très grande vitesse:
David H. Freese Jr.
W1HKJ écrivit un logiciel pour Bill Eitel tournant à 99 mots par
minute et à la demande de Bill, le modifia pour le faire tourner à 160 mots
par minute.
Voici une liste de noms:
Fred C. CLARKE W9AMC
Christ C. KOVACHEFF
K9AMC
David H Freese Jr,
W1HKJ
Charles F. VAUGHN, III,
AA0HW, Né le 18 Janvier 1958
J. Philemon ANDERSON W9TP,
Né le 31 mai 1929
Raymond H. LARSON, W0GHX,
Né le 1er Août 1936
Charles F. VAUGHN, III,
AA0HW, Né le 18 Janvier 1958
William SEPULVEDA, K5LN,
Né le 1er Août 1944
Carlos DALE HAMM, W5LN
Melvin J. LADISKY W6FDR
Charles H. BROWN, JR, W4AFQ, Né
le 28 mai 1928
Wells E. BURTON, N4EE,
né le 14 Juillet 1919
Autres opérateurs anciens
sur lesquels nous n'avons aucune autre information sur leur méthodes d'apprentissage:
Frank J. Elliott,
Cpl. James Ralph Graham, à 60 mots par minute ou plus :
A.J Burkart (1913)
E. Proctor, W5FDR
Earnest L. Sitkes (W4AFQ)
W5GET
W9RUM, William L.
Gardiner
Wells E. Durham (N4EE)
Cpl G. Schaal
Sans compter tous les autres
en Europe qui utilisèrent de grandes vitesses.
Il y eut près d'un millier
de membres dans le listing du club des "Chicken Fat Operators" pour
lequel l'accès était ouvert à tous ceux capables d'opérer à au moins 45 mots
par minute avant qu'il ne disparaisse en tant que club. On peut supposer que
le nombre total au monde d'opérateurs professionnels ou amateurs capables de
tenir ce type de trafic s'élève à plusieurs milliers, pouvant (ou qui pouvaient)
recevoir au dessus de 45 mots par minute. Un grand nombre d'entre eux capables
d'aller bien au-dessus de 60 mots par minute.
La profession de télégraphiste a été une profession très respectée pendant plus
d'un siècle.
En 1845, la première ligne
courte télégraphique a été construite entre Washington DC et Baltimore MD et ouverte au trafic. A partir
de là, beaucoup de jeunes gens et quelques jeunes femmes ont choisi la profession
d'opérateur télégraphiste car c'était une profession très respectée et intéressante.
C'était une opportunité de faire quelque chose de valable comme profession.
Durant les cinquante premières
années, les lignes télégraphiques ont été construite sur des distances de plus
en plus longues, installées le long des lignes de chemin de fer pour leurs communications,
faciliter leurs programmes de voyages, les contrôles et mla sécurité le long
de leurs voies ferrées.
Durant de nombreuse années,
l'arrivée du train fut la source d'information lors des arrivées de trains tout
au long de la voie et venant d'autres communautés situés le long du parcours.
Avec les lignes télégraphiques, les télégraphistes des bureaux des chemins de
fer apportèrent des nouvelles au plan national. Ils connectèrent rapidement
les journaux aux sources d'information qui étaient alors retardées de quelques
jours ou semaines par le fait du manque de moyens de communications rapides.
En plus, des messages personnels importants pouvaient alors être transmis rapidement.
Même le plus jeune des télégraphistes se devait de ne pas divulguer toute information
personnelle ou commerciale contenue dans les messages reçus ou envoyés.
Quelques expérimentateurs
électriciens privés fabriquèrent ou installèrent un équipement télégraphique
en reliant leurs fils entre leurs maisons et celles de leurs amis ou voisins.
Tout au long de la guerre civile Américaine, le télégraphe fut largement utilisé
par les deux camps, au Nord comme au Sud pour coordonner les mouvements de troupes
des deux armées, recevoir du ravitaillement, etc...
Depuis l'ancien temps,
les bateaux quittant les ports n'avaient aucun moyen de communication avec la
terre jusqu'à leur retour, s'ils retournaient. Dans les années 1860, les câbles
sous-marins mirent en liaison de nombreux ports et quelquefois, l'arrivée de
bateaux pouvait être vérifiée lors du périple de port en port. Ce fut une amélioration
énorme. Il fut aussi possible pour la diplomatie d'avoir des contact bilatéraux
rapides ainsi que pour le commerce à partir de points distants autour du monde,
aussi bien que pour les nouvelles.
Avec le début des travaux
de Marconi et le développement de ses premiers émetteurs récepteurs télégraphiques
sans fil, les bateaux devinrent alors capables de communiquer avec la terre
ou pendant le transit. Des communications à grande distance ouvrirent indépendamment
de l'expansion sans cesse croissante des lignes et câbles télégraphiques de
toutes sortes. Ce n'était pas aussi fiable que le trafic télégraphique filaire
à cause des conditions d'interférences et de bruits d'origine statiques
ainsi que des interférences crées par l'homme et son industrie.
L'invention du téléphone
à la fin des années 1800 partiellement remplaça la télégraphie. Le temps
passa et avec les développements de l'électronique, on commença de remplacer
les opérateurs télégraphistes professionnels dès la fin de la deuxième guerre
mondiale.
L'avion, devenant lui aussi
un moyen de transport commercial et militaire introduisit un nouveau besoin
de communications sans fil. Quelques rares appareils avant la première guerre
mondiale furent équipés sans fil avec des postes radio. Les pilotes avaient
besoins d'informations sur la météo, les routes, rendez-vous et autres informations
relatives à la sécurité. Ces demandes de communications furent en premier lieu
satisfaites par la télégraphie puis plus tard, par le radiotéléphone.
Les opérateurs radios de
bord continuèrent jusqu'à l'invention de systèmes de communications presque
automatiques dont l'utilisation est prédominante maintenant. Il est dit, à qui
veut l'entendre, que l'on n'a plus besoin de bon opérateurs télégraphistes.
Toutefois, ces systèmes automatiques sont très chers et loin d'être parfaits
donnant aux opérateurs de nombreuses fausses alarmes. Certains systèmes étant
d'ailleurs totalement incapables de gérer une urgence grave...
Les bateaux opérés par
de nombreuses petites nations ne peuvent s'offrir ces nouveaux systèmes et ont
toujours leurs vieux postes de radio et les télégraphistes à bord. Un récent
article paru dans Morsum Magnificat N° 74 listait 55 émissions de ce type en
deux ou trois jours à partir de 22 bateaux différents situés uniquement en Europe
du Nord.
La télégraphie manuelle
est toujours très utile et pourra être impérative pour les cas d'urgence.
Aujourd'hui, avec notre
culture occidentale et Européenne moderne, la télégraphie est presque entièrement
confinée à un hobby qu'est l'émission d'amateur. C'est un hobby et une passion
honorable et utile en cas d'urgence lorsque rien d'autre ne sera plus capable
de fonctionner. On ne devra jamais laisser la télégraphie disparaître et mourir.
Ecrit par James S. Farrior, W4FOK, CFO #431
Les opérateurs professionnels
et commerciaux télégraphistes avaient deux types de liaison en CW. L'un d'eux
était à très grande, jusqu'à 400 mots par minute. Ce système utilisait des bandes
perforées et imprimées pour la réception appelées “slip”. L'autre circuit
était celui utilisé par l'opérateur manuellement avec son bug et son “mill”
(Machine à écrire), avec sa vitesse propre à laquelle les opérateurs pouvaient
envoyer et recevoir durant de longues heures.
L'opérateur en réception
avait peu d'occasions de recevoir ou entendre du code Morse au delà de 45 mots
par minute. Quelques services de la presse pouvaient envoyer leurs messages
à des vitesses sensiblement supérieures mais somme ces diffusions étaient copiées simultanément
par de nombreux opérateurs, il était inutile de manipuler à des vitesses au-dessus
desquelles la plupart des opérateurs étaient capable de copier proprement. Ce
que je tente d'expliquer, c'est qu'il n'y a aucune raison d'ordre pratique et,
habituellement aucune possibilité pour des opérateurs normaux de leur imposer
d'apprendre à copier ou lire du code à de très grandes vitesses.
Les anciens circuits à
“grande vitesse” produisaient des bandes encrées à une vitesse élevée donnant
de l'occupation à de nombreux opérateurs ayant alors à transcrire ces bandes.
La bande, après encrage, était insérée dans une sorte de “pont” juste au-dessus
du clavier de la machine à écrire et l'opérateur avait une pédale de commande
au pied pour ajuster la vitesse de défilement. La vitesse de déplacement de
la bande encrée était donc laissée à la commande au pied de l'opérateur.
Un opérateur entraîné pouvait
lire plus rapidement que sa vitesse de frappe soutenue. Par exemple, je me souviens
qu'en frappant au clavier le plus vite possible, je pouvais scanner ce qui arrivait
sur la bande de manière à ne pas être surpris par un mot non familier, un nom
propre ou un chiffre. Je les avais repérés bien avant le passage au travers
du pont et avant la frappe au clavier. L'opérateur faisait ceci sans un grand
degré de concentration consciente et pouvait même penser à autre chose pendant
ce temps.
Lorsque j'ai débuté à copier les bandes encrées, c'était au-dessous de ma vitesse
de frappe au clavier maximum car j'observais les points et traits composant
chaque caractère. Ensuite, avec un peu d'expérience acquise avec cette activité,
j'ai commencé de reconnaître les caractères avec leur apparence sans être conscient
du code correspondant. Au bout de quelques temps, des mots entiers et des groupes
de mots étaient lus en une seule fois. C'était un peu comme de lire du texte
imprimé mais d'une manière différente. Je n'étais tenu que par ma vitesse maximum
de frappe au clavier.
Il y a quelques similitudes
entre la copie de bandes encrées et la copie du code Morse de manière auditive.
Quelques personnes peuvent apprendre à lire les bande encrées à grande vitesse
comme d'ailleurs peuvent le faire d'autres personnes sur du texte imprimé. Pla
limitation de vitesse de lecture de ces bandes encrées est le fait que la longueur
du mot est plus grande que celle d'un mot écrit et imprimé normalement. Pour
minimiser ce problème, la vitesse de la bande encrée a été ajustée pour rendre
les caractères les plus courts possibles de manière à rendre les mots aussi
courts et plus lisibles. Comme lors de l'apprentissage de la lecture de textes
imprimés normalement, on pouvait apprendre l'apparence des caractères sans nous
sentir concernés par les points et les traits les constituant.
Aussi, quelques informations et commentaires additionnels en provenance de Jim Farrior :
Au début de 1941, alors que je travaillais à WVR,
la station de contrôle du réseau du 4ème corps d'armée située à Fort McPherson,
Géorgie, j'ai pris une photo de Jack Ivy en train de transcrire des bandes encrées.
Jack fut peut-être l'un de nos opérateurs manuels les plus rapides ainsi que
le plus rapide sur les circuits à grande vitesse. Il pouvait transcrire des
bandes encrées pendant des heures à environ 80 mots par minute en ne faisant
que très rarement une erreur.
Le
circuit à grande "grande vitesse" se situait entre WVR et WAR, le
réseau national de contrôle de Washington, D.C. Le trafic était transmis
en utilisant de la télégraphie conventionnelle.
Le "pont" au-dessus
du clavier, au travers duquel la bande encrée était entraînée est visible sur
la photo. Un tambour d'entraînement motorisé, invisible à cause du peu de lumière
se situait à gauche. La bande, visible sur la photo, était tirée à travers le
pont à une vitesse contrôlée par la pédale et se logeait sur la bobine sur laquelle
elle était transcrite.
Comme la bande encrée arrivait
de la tête d'enregistrement, elle n'était pas bobinée sur sa bobine mais s'étalait
sur le sol. L'opérateur alors chargé de la transcription attrapait la partie
libre de la bande pour la bobiner sous la forme d'un huit entre le pouce et
le petit doigt de sa main gauche. Il engageait alors la balle de messages ainsi
crée dans le système d'entraînement au travers du pont.
Plusieurs postes de transcription
comme celui montré sur la photo étaient occupés. Habituellement, pour varier,
les opérateurs étaient mis en poste et tournaient entre la machine de préparation
des bandes pour l'envoi de messages sur un perforateur Kleinsmidt, l'opération
des têtes d'enregistrement, les transcriptions de bandes encrées et l'opération
des poste de transmission télégraphiques normaux.
Lorsque l'opérateur de
transcription arrivait en fin de message, il insérait un formulaire vierge dans
la machine à transcrire de manière à ce que lorsque le message était terminé
et tiré au dehors du tambour, il était tenu en place automatiquement. De ce
fait, avec un mouvement rapide, l'opérateur pouvait enlever le message terminé
de transcrire, le placer dans le support situé juste au-dessus du clavier de
la machine à écrire et commencer le message suivant. Un système similaire était
utilisé aux postes de télégraphie conventionnelle et un des membres du personnel
du bureau télégraphique collationnait continuellement les messages retenus sur
leurs supports de manière à les délivrer ou les donner à une autre opérateur
pour être retransmis.
Pas
de challenge pour les radioamateurs d'utiliser des vitesses élevées...
Les vitesses de manipulation
pour nous les radioamateurs sont limitées par le type de clef que nous utilisons
et par nos capacités personnelles. Avec une pioche, un maximum de 25-30 mots
par minute est la limite supérieure habituelle bien que quelques uns parviennent
à atteindre les 35. Avec un bug, on peut atteindre 40-45 mots par minute.
Avec un keyer, peut-être 55 mots par minute.
On a alors besoin d'un
clavier, sous la même forme qu'un clavier de machine à écrire pour encore augmenter
ses vitesses de manipulation et de frappe pouvant alors approcher ou même dépasser
100 mots par minute. Le challenge commence alors en se demandant
comme faire pour lire à cette vitesse et non pas copier ? personne n'aurait
même pu supposer que l'on puisse atteindre de telles vitesses, 120, voir 140
mots par minute jusqu'à les dernières dizaines d'années.
Si vous ne voulez pas atteindre
ces buts, ne le faites pas. Mais vous aimez vous créer des challenges contre
vous-même et souhaitez aller encore plus vite, allez-y, essayez ! Si vous "aimez"
le code Morse, vous essayerez et y arriverez.
Certains d'entre nous ont
des limitations naturelles et d'autres sont persuadés ou s'imaginent qu'il les
ont. Soyez honnête avec vous même, réaliste. Acceptez vous limitations naturelles
comme les handicaps de paralysie, les douleurs etc... ou contournez les mais
surtout, n'en rajoutez pas d'imaginaires ! Des jeunes gens, très jeunes, sont
arrivés à reconnaître des caractères en code Morse à un âge auquel on n'est
pas encore capable de lire des textes imprimés. De même des personnes très âgées
y sont parvenues jusqu'à un âge auquel leur esprit est encore actif. L'age n'est
pas un problème.
Si votre audition est correcte
pour écouter une conversation ordinaire, avec ou sans correction auditive, vous
devriez être capable d'atteindre une vitesse proche de celle de la parole mais
en code Morse. On peut par contre avoir des problèmes de manipulations à cause
de mouvements limités des doigts.
Posons nous la question
de savoir jusqu'à quelle vitesse maintenant. Le but de l'utilisation du code
Morse est de communiquer. Puis et le radioamateur que je suis aussi atteindre
une vitesse donnée ? Il n'est pas utile bien sur de manipuler plus vite que
la vitesse à laquelle son correspondant peut lire. Ca va de soi...
Avec certitude, on peut
aimer communiquer à 20 mots par minute même si l'on peut recevoir à 80 mots
par minute ou plus. Voulez vous vraiment être capable de lire à 60, 80
or 100 mots par minute? Si personne dans vos connaissances utilise
ces vitesses, il n'y aura pas beaucoup d'intérêt autre que celui d'être capable
de le faire. Le problème de nos jours est que de moins en moins de radioamateurs
utilisent la CW tout simplement car ils n'ont pas appris à l'aimer ou pire,
n'ont pas envie de faire l'effort de d'acquérir une bonne vitesse. Faites en
un but pour vous. Vous aurez tout le temps de changer plus tard car il y a entre
de nombreuses vitesses exploitables et déjà fort confortables.
Tom dit que les grandes
vitesses sont des choses "amusantes" et il n'aime pas parler de concours
et autres compétitions pour savoir qui est le meilleur.
Fred dit : " Je comprends
beaucoup plus facilement la CW au dessus de 60 mots par minute qu'en dessous.
On commence à cette vitesse à recevoir un flot de pensées, sans pour autant
faire attentions aux mots individuels".