L'Art et la Technique de la Radiotélégraphie

Apppendice sur les Grandes Vitesses par Bill Pierpont, N0HFF

Traduction de Maurice Colombani-Gailleur

Juin 2001

F6IIE, UFT 61 ã
L'Art et la Technique de la Radiotélégraphie

Appendice sur les grandes vitesses par Bill Pierpont, N0HFF

Traduction de Maurice Colombani-Gailleur, F6IIE, UFT 61

Préface de l'Auteur

Je recommande vivement à ceux qui débutent ou pensent bientôt débuter un apprentissage du code Morse de lire au moins les chapitres A et B de cet additif au livre déjà publié pour comprendre l'approche que l'on doit avoir sur ce mode de communication. Pour ceux qui ne souhaitent que connaître de plus amples informations sur ce sujet bien particulier, ce sera sans nul doute d'un grand intérêt.

Pour ceux qui désirent obtenir une aide réaliste afin d'améliorer leurs vitesses de réception ou de manipulation, plus particulièrement au dessus de 40 à 50 mots par minute, même atteindre des vitesses de l'ordre de 80 à 100 mots par minute pour s'approcher au plus près de la vitesse de la parole humaine, cet additif leur fournira les informations utiles et nécessaires. De même, il leur servira de guide pratique. Ceux qui sont parvenus à atteindre de telles vitesses nous expliquent que de communiquer à de telles vitesses procure une joie et un plaisir encore plus important que le simple fait de faire de la télégraphie Morse et qu'il n'y a aucune excuse pour ne serait-ce qu'essayer. Peut-être que pas tout le monde sera capable d'atteindre LA plus haute vitesse, mais il vous sera très agréable et plaisant d'atteindre n'importe quelle vitesse maximum que vous pourrez atteindre.

Voici la liste des chapitres et les sujets traités...

A.         Une nouvelle manière de parler?

B.         Recommandations pour y parvenir de la meilleure manière.

C.         Claviers de manipulation.

D.         Les expériences de nombreux opérateurs QRQ qui sont parvenus à de grandes vitesses.

E.         Compléments d'information.


Préface du traducteur

Ce complément vient à point pour illustrer ce qu'il est possible de faire avec la CW en terme de vitesse. Je dois à nouveau remercier Bill, N0HFF et rendre hommage au travail de fond effectué dans ce domaine. Non seulement le travail de recherche a été gigantesque mais à nouveau, il met à la disposition de tous ses travaux. Un vrai comportement OM ! Congrats Bill !

Par ailleurs, j'ai pu en parcourant le texte original, percevoir au travers des différentes affirmations, pensées, avis, et conseils distillés, un sens aigu de l'observation des autres opérateurs télégraphistes en général et des  radioamateurs en particulier. Un sens aigu de l'observation... Je me suis même reconnu à certaines des attitudes prises comme par exemple avec cette histoire de bande magnétique enregistrée à une vitesse très élevée, ne serait-ce que pour faire apprécier au candidat potentiel un autre bande sonore qui bien qu'à vitesse encore élevée, lui paraît bien plus lente. c'est un peu comme mettre du 39 lorsque l'on chausse du 42 histoire d'être bien dans ses pantoufles Hi !

D'autre part, les conseils donnés au travers des expériences vécues sont très réalistes sauf si ce n'est à mon humble avis la partie qui traite du trafic via clavier. Peut-être est-ce du au fait que je n'ai jamais à titre personnel voulu me pencher sur le clavier et que j'y ai pris de mauvais habitudes de frappe... Peut-être aussi au fait que je respecte scrupuleusement une des règles de base d'obtention des diplômes de trafic QRQ qui en interdit l'utilisation ? Bien sur, tout ce qui y est dit est exact mais dans mon fort intérieur, je reste sur ma position et celle exprimée par Bill: Ce n'est qu'un outil...mais il ne remplacera jamais selon moi une bonne clef et un keyer électronique de course.

J'espère que vous avez aimé cette traduction et une petite QSL adressée à Bill, N0HFF pour le remercier de  nous faire profiter de toutes ces expériences serait un comportement OM, de la même façon qu'il a eu ce comportement pour la communauté amateur. Mes remerciements vont aussi à Fred, NY2V qui a rassemblé tous les fichiers textes écrits par Bill et me les a communiqués pour vous les traduire.

Cordiales 73's et vive la CW !

F6IIE, Maurice COLOMBANI-GAILLEUR, UFT 61


CHAPITRE  A

Une nouvelle manière de parler ?

 

C'est en 1925 dans l'est de la Pennsylvanie que Edward Hart devint radioamateur à l'age de 15 ans avec sans première licence d'opérateur et l'indicatif 3NF (deux licences étaient  requises à cette époque). Il avait un frère plus jeune que lui de trois ans et demi prénommé George. Ce jeune garçon était fasciné par ce que faisait son grand frère. Mais que faisait-il donc pour que ce soit si amusant ? Etait-ce une sorte de nouveau langage qu'il était en train d'utiliser ? George indiquait:

”J'admirais mon grand frère Edward. Il représentait un idéal pour moi. Il avait 15 ans et moi je n'avais que 11 ans. J'ai débuté l'apprentissage du code Morse comme les bébés apprennent à parler, simplement en écoutant mon grand frère opérer et appris le code Morse par "osmose" en reconnaissant et en imitant les sons les plus fréquents entendus.

"Je ne prêtais aucune attention aux éléments contenus comme les “points” et “traits”, mais plutôt seulement les symboles qu'ils représentaient et bien sur, ce que cela voulait dire. J'ai rapidement appris le son de ses appels fréquents comme les "CQ", son indicatif 3NF ainsi que les signes de procédure comme les "AR",  "K",  "DE" et "R", tous encore en usage de nos jours. De même, j'ai vite appris le "U" qui précédait les indicatifs car à cette époque, le U était attribué aux stations Américaines en lieu et place des préfixes W et K. J'absorbais littéralement les sons avec leur signification. Je ne faisais qu'écouter et apprenais en écoutant, c'était facile pour moi."

”Je n'ai pas débuté cet apprentissage par une profonde détermination à apprendre le code Morse ou pour passer une licence, ou être capable d'opérer sur l'air. Mais, un jour, pour être précis le 14 Septembre 1926, j'utilisais la station de mon frère. Je n'avais que douze ans. J'ai alors effectué mon premier QSO avec W9CRJ de Lexington dans le Kentucky. Je tremblais un peu durant ce tout premier contact et mon grand frère Edward du le terminer pour moi."

"Lorsque j'eu  quatorze ans, j'ai pu mesurer ma vitesse qui était alors de 34 mots par minute, texte en clair. J'ai alors découvert que j'avais maîtrisé le code Morse et que j'étais alors capable de tenir une conversation, tout simplement comme pouvait le faire mon grand frère Edward".

”Alors, mon conseil sera d'acquérir une bonne maîtrise du code Morse, de vous asseoir et d'écouter, rester bien à l'écoute et surtout, désirer comprendre ce que vous écoutez. Tous ceux qui ont appris à parler et qui peuvent entendre peuvent apprendre la CW. C'est aussi simple que cela. Il suffit de vivre avec et vous la connaîtrez. Le code Morse n'est qu'une autre forme et une autre manière de parler".

[Les enfants et les adultes auront sans aucun doute un début d'apprentissage et une approche du code Morse quelque peu différents].

"Apprendre la CW de manière conversationnelle est similaire à l'apprentissage d'une autre langue. C'est de loin plus facile car vous n'avez pas à apprendre la prononciation ou à entendre de nouveaux sons et sonorités ni d'ailleurs à apprendre un nouveau vocabulaire ou une nouvelle grammaire. Il s'agit juste de reconnaître des sons simples et monotones et de les imiter. L'apprentissage est simplement le fait de s'impliquer dans cet apprentissage".

"Je pense que parvenir à de grandes vitesses est une progression naturelle, surtout si dès le départ vous approchez à de bonnes vitesses et continuez la pratique et l'entraînement de la même façon".

En réception, George était capable depuis de nombreuses années de recevoir le code Morse à 60 mots par minute, presque 70. Par contre, il ne peut manipuler qu'à environ 40 mots par minute. Durant ses QSO’s de nos jours, il dépasse rarement cette vitesse.

La plupart d'entre nous parlent avec aisance et l'on ne prend jamais conscience de la différence selon les personnes. Dès la naissance, nous avons l'instinct et sommes sur la voie d'exprimer nos besoins spécifiques, pour l'eau, la nourriture, pour supprimer un inconfort, pour être aimé et cajolé. Pour faire partie de la société et de la famille auxquels nous appartenons, nous apprenons vite à communiquer avec des techniques simples comme de simples pleurs et des gestes ou des positions de notre corps. Très rapidement, nous utilisons le langage parlé avec la famille, les amis et les voisins.

Derrière le “langage”, la communication avec les autres est le but final de notre capacité à penser. La pensée humaine est une activité divine. En premier, on a tendance à pense à des choses concrètes: Les choses vues, ressenties, goûtées, senties et entendues. Puis, rapidement, nous commençons à penser à des choses immatérielles n'ayant aucune existence physique, à des choses dont on se souvient ou que l'on imagine. Nous apprenons alors à exprimer nos pensées et sentiments au travers de mots. Et les gens autour de nous font de même dans plus de six mille dialectes et langues reconnues.

Ecrire et apprendre à lire sont d'autres techniques. Elles ne sont pas "naturelles" ou innées in instinctives, mais par la pratique et l'entraînement, elles deviennent presque automatiques comme pour parler. Apprendre à lire ou à écrire provoque un effort conscient et aura nécessairement besoin de beaucoup d'entraînement. 

Des enregistrements écrits de ce qui était raconté datent de six à sept mille années. Des chaînes de sons parlés ou syllabes (comme en Japonais, etc.), et parfais des mots entiers (Par exemple en Chinois) ont été gratifiés arbitrairement d'un signe conventionnel.  Ces jeux de symboles ont fini par être approuvés par les individus d'un même groupe de langage ethnique.

Et lorsque l'on parle du code Morse et des autres codes télégraphiques ? Comment le classer ? Que sont ils ces fameux codes ? Ils sont plus ou moins d'origine graphique plutôt que venant de la parole. Ils sont en fait plus un alphabet différent plutôt qu'un langage différent puisque le même jeu de symboles sera utilisé dans n'importe quelle langue.

 

La plupart d'entre nous sommes si à l'aise en lecture que nous lisons aussi vite que ce que nous parlons. C'est d'ailleurs assez rare de rencontrer de grandes différences d'un individu à l'autre. Nous pouvons penser et exprimer nos sentiments en utilisant notre langage maternel ou tout autre langage.

Essayons donc de réfléchir dans cet appendice sur les points de vue exprimés ci-dessus en appréciant notre attitude par rapport au code Morse à la lumière de ce qui est exprimé plus haut. En cette année 2001, le code Morse télégraphique entre dans sa 163ème année. Comme pour l'imprimerie, il peut être utilisé avec n'importe quelle langue. En utilisant de simples systèmes du genre arrêt-marche, nous pouvons communiquer en utilisant le toucher, le son, la lumière, l'électricité, les ondes radio, tout type de média support d'échange d'information.

Le code Morse n'a aucune spécificité dialectique in de sons difficiles à interpréter ou étranges, in défauts de prononciation, rien qui ne puisse le rendre difficile à comprendre. Des personnes entièrement paralysées peuvent même l'utiliser en clignant des yeux ou bougeant imperceptiblement leurs doigts, même en contrôlant leur respiration.

Les gens en bonne santé peuvent quant à eux utiliser le code Morse par la radio pour communiquer avec l'autre côté du monde, ou avec l'espace. Avec de l'entraînement, et l'aide d'équipements modernes de manipulation, le code Morse peut alors être transmis plus rapidement et lu à l'oreille, au son, à une vitesse pratiquement aussi rapide que celle d'une conversation ordinaire. Le code Morse peut aussi être reçu à des vitesses plusieurs fois plus rapide encore et ce, de manière automatique mais ceci n'est d'aucun intérêt pour nous.

Edward Vail, l'un des plus fameux assistants de Samuel Morse, n'avait pas réalisé le côté merveilleux de cet outil de communication qu'il avait inventé en 1838. 

Il faut garder à l'esprit que le code Morse est un outil de communication !

Dans les débuts de la télégraphie, c'était un moyen permettant simplement "d'écrire à distance", ce que d'ailleurs signifie le mot "télégraphie" (Voir dans le Chapitre 19 du livre). Mais, très rapidement, les premiers opérateurs ont compris qu'il était possible de comprendre les lettres et mots à l'aide du son que délivrait la machine imprimant les messages reçus. Ils ont aussi remarqué et découvert qu'il leur était possible de converser ensemble sans avoir le besoin de tout écrire. Ceci s'est révélé dans les 10 à 15 premières années ayant suivi les débuts de l'utilisation commerciale de la télégraphie Morse. De ce fait, parler en Morse n'est pas quelque chose de bien nouveau en soi.

Comment par la suite, nous, les radioamateurs avons pensé devoir l'apprendre pour l'écrire ? Tout simplement car le fait d'écrire ce qui est transmis et reçu est la seule preuve tangible permettant de prouver que l'on est capable de recevoir en code Morse et de le recevoir correctement ! C'est ce que l'on appelle "copier". Et, pour obtenir une licence ou une autorisation du gouvernement pour opérer, nous devons être capable de copier à une vitesse donnée. Ceci est toujours vrai mais à une vitesse qui est difficilement utilisable (5 mots par minute). Mais en fait, avons nous besoin de copier tout ce que nous entendons lorsque nous téléphonons ? Nous comprenons la parole car c'est parlé avec une succession de sons et chaînes de sons, l'un s'imbriquant dans l'autre et le suivant pour former mots et phrases. Apprendre le code Morse procède du même processus et nous apprenons à comprendre le code Morse de la même manière avec des caractères de formes différentes, épelés comme des mots.

C'est quelque chose qui doit être acquis par de l'entraînement et de la pratique. Cela ressemble assez à la lecture car nous devons savoir épeler les mots. Ceci est une difficulté additionnelle pour ceux qui parlent en Anglais. Epeler les mots est moins difficile pour des langues comme l'Italien ou l'Espagnol dont les mots s'épellent presque exactement de la même façon qu'ils se prononcent.

Il y a des astuces pour améliorer notre vitesse de réception pour l'amener au plus près de la vitesse de la parole. Dans le chapitre suivant, voyons comment nous en sortir.


CHAPITRE B

Recommandations pour y parvenir de la meilleure manière...

Les experts en voix humaine indiquent tous que le débit normal de la parole est compris entre 100 et 300 mots par minute. Au plus nous parlons rapidement, et au plus court seront les délais permis à chacun des éléments qui créent la parole (Lèvres, langue, joues, gorge et poitrine). Les éléments seront alors de moins en moins précisément articulés à cause du temps plus court au cours duquel ils pourront rester dans une position donnée. Pour parler en Anglais, lentement et normalement, on doit articuler environ 2,3 syllabes par seconde. On peut légitimement considérer qu'un mot Anglais moyen est d'une longueur de 1,4 syllabes.

Que pouvons nous apprendre et constater en comparant les exemples inclus dans le chapitre D plus loin dans cet appendice ? Quelques uns, top peu, ont appris directement de la bonne façon le code Morse, d'une manière "normale", comme des sons individuels dès les premières séances au cours desquelles ils ont été "exposés" au code. Puis, juste en continuant un entraînement, toujours de la même manière, en passant de lettres à des mots, puis de mots à des phrases en arrivant à leur maximum en terme de vitesse de lecture.

L'un d'entre eux nous décrit ici comment cela s'est passé:

“Lorsque l'on atteint une vitesse confortable de lecture, il vous faut alors avoir le désir d'augmenter encore cette vitesse pour à nouveau atteindre le niveau supérieur. On peut le faire à l'aide de cassettes ou entregistrements mais la meilleure façon reste de communiquer sur l'air (ou d'une autre manière) avec des amis qui sont capables de vous pousser vers le niveau supérieur, et ce, sur des bases régulières."

“Mon ami me l'a inculqué de cette manière: Lorsque votre correspondant a atteint un certain confort à une vitesse donnée, il faut avoir tendance à augmenter la vitesse de manipulation. Lorsque je ne pouvais plus lire confortablement, il augmentait encore plus sa vitesse. Evidemment, j'étais totalement incapable de prendre beaucoup des signes manipulés. Puis, en revenant à la vitesse à laquelle je n'arrivais pas à lire parfaitement, cela me semblait lent et je m'apercevais alors que je pouvais lire facilement".

Si vous n'avez pas envie de travailler de cette façon, ne le faites pas. Seulement, si vous avez envie de vous créer un challenge sur vous même, et surtout que vous avez envie de lire encore plus vite, allez y ! Si vous aimez le code Morse, vous aurez le désir de progresser encore plus.

Quelques uns d'entre nous ont des limitations et d'autres sont persuadés que nous avons tous des limites.  Soyez réaliste et surtout, honnête avec vous même. Acceptez vos limitations naturelles comme les paralysies, les douleurs sévères etc... ou plutôt, tentez de les contournez sans pour autant en ajouter d'imaginaires !

1)       Le facteur le plus important pour promouvoir l'apprentissage d'une vitesse élevée en télégraphie est de VOULOIR apprendre à une vitesse plus rapide. Ce sera peut-être tout simplement pour exceller et parce que vous êtes désireux d'améliorer votre technique opératoire. Ce pourrait être aussi un challenge envers vous-même d'améliorer votre vitesse de lecture et de compréhension du code Morse, ou encore une émulation face à de sympathiques "adversaires" pour l'intérêt d'être gagnant, battant.

2)      Le facteur le plus important ensuite sera la VOLONTE D'UTILISER LA TECHNOLOGIE OU LA METHODE qui vous permettra de parvenir à vos buts et avancer. C'est impossible d'apprendre à lire plus vite si l'on ne trouve personne capable de manipuler plus vite, c'est simple à comprendre !

3)      Puis, il y a aussi la volonté d'apprendre et d'AIMER le processus d'apprentissage.

Parmi les autres possibilités, on rencontre et constate aussi:

a)      Si vous êtes plus ou moins dans la catégorie des gens "normaux", oubliez tout simplement que cela peut être dur ou que vous ayez entendu quelqu'un dire que c'est difficile. Pensez positivement que c'est "FACILE", "AMUSANT" et une chose "AGREABLE" à faire. Appréciez chaque minute de l'entraînement et la pratique du code Morse, comme par la suite son utilisation.

b)      Commencez de la BONNE MANIERE, sans vous arrêter et apprenez à "parler" de cette manière.

c)      Donnez vous un but en terme de vitesse, celle à laquelle vous vous sentirez à l'aise sans aucun limite, seul le ciel pourra vous limiter !

d)      Souvenez vous que des MILLIERS ont ESSAYE et ont REUSSI. Vous n'êtes pas le seul.

e)      Apprenez qu'il ne faut pas avoir peur de ne pas lire parfaitement à la virgule près chaque phrases et mots. Commencez par être RELAXE ! C'est particulièrement vrai au dessus de 65 mots par minute où il faut se concentrer sur le flux des mots et le sens de la conversation en général en appréciant le moment qui passe.

f)      D'autres astuces pourront vous faire progresser. En voici l'une d'entre elles par Fred Ryan... 

AUGMENTER VOTRE VITESSE DE MANIPULATION ET DE FRAPPE AU CLAVIER...

“Voici comment j'ai pu améliorer ma vitesse de manipulation tout en réduisant le nombre d'erreurs à des vitesses au dessus de 70 mots par minute sur le clavier. Tout en expérimentant, je me suis rendu compte qu'il faut environ une dizaine de jours d'entraînement pour aller au dessus de 100 mots par minute”.

Il avait débuté cet entraînement en étant déjà à 70 mots par minute. Parmi les astuces qui marchent, en voici quelques unes:

1)       Il coupait presque totalement le moniteur CW et

2)      Cessait de regarder son écran, excepté peut-être de temps à autre lorsque ses doigts lui indiquaient une erreur de frappe. 

3)      Il ne regardait pas le clavier non plus. Ces trois astuces éliminent presque totalement toute distraction pour vous laisser vous concentrer sur votre frappe et vos doigts.

4)      En procédant de la sorte, et sans regarder le clavier, il faut quand même le "visualiser". On peut alors mentalement se concentrer et percevoir où vont aller les doigts par la suite. Il s'agit de laisser les doigts faire ce qu'ils ont à faire et ils le font !

Ce n'est quand même pas un processus facile à décrire et il le compare à ce qui suit:

“Lorsque je m'étais mis sérieusement à jouer du piano, bien que j'étais conscient de la présence du clavier, je ne regardais jamais ce dernier ni où allaient mes doigts. Même si je sautais rapidement de plusieurs octaves à la fois, je frappais quand même la bonne note au bon endroit du clavier sans pour autant tourner ma tête. Le fait de regarder où les doigts auraient censé aller se poser m'aurait quasiment empêché de jouer correctement du piano”.

En seulement deux semaines d'entraînement et de pratique, il remarqua qu'il pouvait envoyer plus de 100 mots par minute alors que frapper un texte à 70 mots par minute.

Il disait:  “Je peux organiser les difficultés dans le temps pour garder les doigts occupés à ces grandes vitesses. Lorsque j'ai eu maîtrisé cette technique, j'ai remarqué avec un profond étonnement qu'il m'était possible de maîtriser aussi le flux des 100 mots par minute de manière aisée”.

Une autre chose, il était alors nécessaire d'améliorer la CADENCE de sa manipulation, en manipulant chaque lettre avec le même rapport. Il indiquait: “Les erreurs faites lors de la frappe comme par exemple “adn” pour “and”, sont dues au fait que le doigt qui frappe la lettre “d” n'est pas en cadence avec celui qui frappe le “n”, en clair, qu'il est trop rapide. Maintenant, je me concentre sur la régularité de la cadence en la gardant constante. C'est quelque chose que j'ai tenté de faire durant les 50 années qui viennent de passer. Je pensais que c'était très difficile voire impossible à maîtriser mais ce n'est pas le cas”.

Fin observateur qu'il était.... d'autres ont mentionné un entraînement régulier, une diète et une bonne hygiène de vie. Cela va de soi et était-ce bien nécessaire de le mentionner ?


CHAPITRE C

CLAVIERS DE MANIPULATION...

Les bandes pour le code perforées ou encrées ont été utilisées par des systèmes de communications commerciaux. Préparées à vitesse plus lente, elles étaient ensuite manipulées à des centaines de mots par minute par un lecteur de bandes. Le coût et les délais ont rendu ces systèmes inutilisables par les radioamateurs à l'exception de fonctions précises comme par exemple les bulletins d'entraînement au code Morse de l'ARRL.

Les premières machines étaient basées sur des systèmes mécaniques. Certaines ont été conçues et développées au début des années 1900 et utilisaient d'autres codes que le code Morse. Le système "Yetman" était un clavier Morse avec quelques fonctions supplémentaires. Certains systèmes manipulaient et recevaient les lettres et la ponctuation. L'une de ces machines était une véritable petite merveille qui reçut un prix au niveau mondial.

C'était une "Clé télégraphique avec mémoires" décrite comme une vraie petite merveille. Elle avait été conçue par Edwin H. Piersen de la compagnie "Piersen Télégraphique" de Topeka dans le Kansas, fabriquée en 1910.  Cette machine avait quatre rangées de touches avec un large tambour sur lequel les caractères étaient emboutis profondément. Elle avait la taille d'une machine à écrire normale. Cette machine a été décrite dans un QST (Juillet 1963, page 70).

Elle possédait un moteur d'entraînement manuel à ressorts un peu comme les anciens équipements phonographiques et était contenue dans un tambour cylindrique qui était entraîné par l'énergie provenant du ressort une fois remonté. Au travers d'un mécanisme d'échappement ingénieux contrôlant le tambour, une ligne d'un second tambour plus large appelait le tambour mémoire.

Le tambour à mémoires était quand même un mécanisme très complexe. Il possédait un total de 3240 caractères emboutis correspondant aux 45 lettres, chiffres et signes de ponctuation avec un nombre égal de caractères d'espacement. Chaque ligne de 45 caractères emboutis était identique avec un total de 72 autour du tambour. Si l'on examinait attentivement un caractère sur une colonne à une position donnée sur la ligne, on constatait qu'il y avait la même lettre ou signe à la même position sur chaque ligne. L'opérateur frappait le caractère l'un après l'autre. Après avoir pressé chaque clef, la machine avançait à la ligne suivante jusqu'à un total de 72 caractères correspondant à la longueur de la mémoire. Le système commençait alors à manipuler parfaitement les caractères du code Morse en respectant les espaces dans l'ordre du message.

Le système continuait alors de manipuler avec un afficheur indiquant combien il restait encore de caractères dans la mémoire à manipuler. L'opérateur pouvait alors continuer de frapper tant que l'indicateur montrait qu'il restait de l'espace disponible dans  la mémoire mécanique du système pour finir par "vider" tous les caractères tant qu'il en restait en mémoire. Il était donc possible de manipuler continuellement de très longs messages tout en gardant l'opérateur informé du nombre de caractères qu'il avait d'avance sur le système de manipulation jusqu'à l'arrêt final lorsque le texte était entièrement manipulé. Ceci permettait à l'opérateur de temps en temps de remonter le ressort du moteur d'entraînement.

Tout en continuant la frappe, l'afficheur indiquait et mettait à jour les informations. Il s'agissait d'une machine particulièrement complexe et valable. Tous les caractères, signes et ponctuations ainsi que les espaces étaient parfaitement  formés et manipulés.

 

Je suppose que ce type de machine manipulait à des vitesses maximum de l'ordre de 30 à 35 mots par minute. Il ne reste qu'un seul exemplaire de cette machine à ma connaissance et elle se trouve dans le musée d'état de Topeka.

La revue QST de Mai 1961 décrivait la "Codamite", Model MG-100, développée et fabriquée par la société "Ling-Temco Electronics, Inc.", avec l'aide technique de la compagnie "R. W. Johnson Co.". Elle a été développée, construite et ensuite utilisée par W6MUR puis de nombreuses démonstrations ont été faites. Son concept et le schéma avec méthode opératoire datent de 1960.  Cette machine était prévue au départ pour une utilisation commerciale mais fût d'un grand intérêt pour les radioamateurs.

Elle était installée dans une petite valise de transport de petites dimensions. Les caractères de frappe se situaient sur un tambour allant d'un côté à l'autre en quatre colonnes. Les contrôles de durée et de niveau se situaient sur la partie supérieure du clavier. Le système était alimenté par une batterie de 9 Volts. La sortie de manipulation pouvait être écoutée sur un moniteur interne avec oscillateur et haut parleur incorporé.

Son mode opératoire était similaire à celui d'aune machine à écrire, frapper sur une touche et laisser faire, le caractère sélectionné était alors automatiquement manipulé, une lettre à la fois. Les espacements entre signes et mots ou phrases étaient générés manuellement par l'opérateur.

Plus tard, dans le design des claviers, les caractères de code ont été définis grâce à de la logique digitale en utilisant des composants électroniques (Circuits intégrés et transistors). Certains circuits possèdent en plus des mémoires. Le développement de ces circuits et des microprocesseurs a grandement simplifié les modes opératoires et largement facilité l'utilisation ainsi que la qualité de la manipulation.

Plusieurs systèmes ont d'ailleurs été développés par des radioamateurs. Quelques réalisations amateurs et commerciales ont été publiées dans QST de  Juillet 1965  pages de 11 à 20,  QST de Juillet 1969 page 11, Août de 1970,  page 47, QST 1973 du mois de  Novembre page 56. Tous ces systèmes ont été conçus avant la sortie des ordinateurs de type PC au début des années 1980/1981. John Ricks, W9TO fut l'un des développeurs principaux et un opérateur à grande vitesse. On peut considérer que durant cette période, l'avènement de mini buffers de mémorisation a largement permis une meilleure utilisation plus rapide de ces claviers. Dans les articles suivants, on trouve des avancées techniques: QST (Octobre 1974 page 40 avec une mémoire de 64 caractères; Juillet 1975 page 11; Septembre 1976 page 11;  Janvier 1978  page 24; Octobre 1979  page 22). Cet article est d'ailleurs intéressant car il traite aussi des problèmes liés à la création de circuits électroniques; Janvier 1980  page 44 qui sera d'un grand intérêt pour les développeurs et créateurs de circuits électroniques.


CHAPITRE D

Les expériences de nombreux opérateurs QRQ qui sont parvenus à de grandes vitesses

J'ai incorporé dans ce chapitre quelques expériences menées par des opérateurs à grande vitesse lors de l'apprentissage et l'utilisation de grandes vitesses en code Morse. Tous à l'exception de Gary Bold sont Américains. C'est aussi précis que ce que j'ai pu le faire à partir des informations en ma possession, fournies et coordonnées par ceux nommés et qui ont répondu à mes questions. Vous verrez qu'il n'y a pas qu'une seule méthode pour atteindre de grandes vitesses car les gens cités y sont parvenus suivant de nombreuses méthodes.

Les informations sont approximativement dans un ordre et un séquencement historique.

I.  Opérateurs très connus...

Lors de concours, les vitesses les plus élevées se situaient dans la gamme des 45-55 mots par minute en utilisant un bug [manipulateur semi-automatique de type Vibroplex]. Des vitesses au-dessus de ceci ont été atteintes à l'aide de machines de manipulation commerciales fonctionnant avec des bandes perforées. Les tests étaient donc effectués sur les capacités de copier, les capacités de lecture ne comptaient pas.

#1        Ted McElroy...

Peut-être le plus connu et le plus fameux parmi les opérateurs à grande vitesse est Ted McElroy qui, à partir de 1922, détint le record de vitesse. Il était opérateur télégraphiste professionnel, il n'était pas radioamateur.

Le 6 Mai 1922, il entendit parler d'une exposition à Boston au cours de laquelle devait se dérouler un concours de vitesse pour télégraphistes. Son patron de l'époque lui a permis de s'entraîner en code Morse international, ce qu'il n'avait pas fait depuis une année à 51 mots par minute. C'était réellement amusant pour lui. Plus tard, en 1922 à Chicago, il gagna le trophée à 55,5 mots par minute avec une copie parfaite lors des championnats du monde.

En  Septembre 1935 dans un concours à Brockton, il perdit contre son ami Joe W. Chaplin à 55,3 mots par minute, en faisant 11 erreurs. Puis, à nouveau lors d'une exposition mondiale, il atteint une vitesse de 69 mots par minute avec seulement deux erreurs alors que Joe Chaplin en fit trois. Ce que pas mal savent c'est qu'au cours du mois de Juillet 1939, lui et Lavon McDonald de Chicago essayèrent à 75 mots par minute.  Mais, lors de l'augmentation à 77 mots par minute, McDonald eut des résultats pires que Ted en faisant tous deux quelques erreurs. Les juges le créditèrent d'une vitesse de 75,2 mots par minute, et le déclarèrent gagnant. Personne ne l'a dépassé à ce jour et son record de 75,2 mots par minute reste le record mondial officiel. [N'oubliez pas qu'il s'agit de copie, pas de lecture !].

Ted admis qu'il y avait sûrement beaucoup d'autres opérateurs ayant les mêmes capacités de copie que lui ou même peut-être meilleures que les siennes sans pour autant participer à des concours. Ce que les gens ne savent pas c'est que Lavon N. McDonald était de même valeur que Ted mais que pour une augmentation du test à 77 mots par minute, il aurait tout aussi bien pu être le gagnant.

Ted naquit le 1er Septembre 1901 et mourut subitement en Novembre 1963.  Il était l'un des quatre frères et tous les autres étaient télégraphistes. Il quitta l'école en 1916 et prit un emploi à la Western Union comme porteur de messages. 

Lorsqu'il passait à côté des télégraphistes, il constatait comment ils pouvaient avec nonchalance récupérer entre 50 à 60 messages par heure.

Il s'arrangea pour que quelques uns d'entre eux lui apprennent le code Morse au cours de leurs périodes de repos de 15 minutes. Au bout de quelques semaines, il pensait être un bon opérateur. Il obtint de pouvoir faire un essai. Ce fut assez dur mais ce fut un bon début. Il trouva petit à petit quelques emplois comme télégraphiste ici ou là pour finalement se fixer à Fort Devon, près de Ayer dans le Maine, où il continua jusqu'à la fin de la guerre en 1918.

De retour à Boston, il trouva un emploi à la station RCA de Chatham, Maine, où l'on utilisait le code Morse international à cette époque. Ce fut difficile pour lui de s'habituer au code Morse international au cours des deux premières semaines. En 1920, la station fut déplacée à New York, mais ce déplacement ne fut pas bénéfique pour lui et il revint à Boston où il trouva un emploi chez la Western Union à nouveau. Dans un télégramme de Frank Borsody daté du 14 Septembre 1933, il écrivait: "A mon vieil ami Frank Barsody, avec toute ma profonde reconnaissance pour ses conseils, ses encouragements et son aide m'ayant permis de développer mes capacités et de gagner le championnat mondial des opérateurs radiotélégraphistes".  A nouveau, dans une lettre datée du 4 Septembre 1935 adressée à Frank Borsody, Ted écrivit: "Tu as été le meilleur de mes amis avec le racket qui se passe dans le milieu des concours de télégraphie. Je n'ai vraiment pas compris comment j'ai pu perdre cette année. Lorsque je me suis assis dans ce fauteuil, j'ai commencé à copier sans aucune faute pendant cinq à dix minutes, à 70 mots par minute... Je me demande encore, alors que personne au monde ne peut faire la même chose sans erreurs car je sais bien que personne d'autre que moi n'était capable de lire [copier ?], du moins sans erreurs".

Dans un télégramme adressé par Ted McElroy à Borsody depuis Dorchester, Maine datant de 1935, on peut lire: "Je veux te dire que j'ai fortement apprécié l'aide que tu m'as donné pour gagner le titre et je t'en remercie vivement. C'est ton équipement et tes conseils qui m'ont permis de gagner ce titre et je n'oublierais jamais la dette que j'ai envers toi". [On notera au passage que cela réfute totalement les affirmations selon lesquelles ce serait grâce à la méthode Candler que Ted aurait atteint son niveau].

Borsody, dans une lettre sur laquelle c'est indiqué à l'encre qu'elle a été reçue en  Avril 1975 écrivait à Bill Eitel que lorsqu'il avait invité Ted à s'asseoir et participer aux essais de réception à grande vitesse du code Morse se faisaient de manière informelle.

L'opérateur transmetteur de la station de Borsody avait préparé une bande et l'opérateur en réception s'était levé pur laisser sa place à Ted McElroy pour essayer de copier. Borsody certifia que Ted copia à 79 mots par minute un texte de 75 lignes sans aucune faute. [Plus tard] Borsody indiqua que Taylor et lui même vérifièrent la vitesse de McElroy lors de concours à 76 mots par minute. Le texte contenait des indications techniques avec lesquelles peut-être Ted n'était pas si familier. C'est phénoménal ! Ted quant à lui indiquait pouvoir LIRE le code à des vitesses bien plus rapides que cela. Il indiqua aussi ne pas être le seul à pouvoir faire de même. Ce n'est que la frappe qui les limitait...

#2       Lavon McDonald

A égalité avec Ted McElroy. On est certain qu'il se fatigua face à Ted McElroy lors du concours de 1939.  Aucune autre information complémentaire sur lui.

II. Les keyers...

Les Keyers on rendu les choses plus faciles pour manipuler plus rapidement et il y a eu une augmentation assez notable de la vitesse de trafic lors de leur arrivée sur le marché dans les années soixante. C'est quand même les claviers qui annoncèrent une augmentation véritablement importante de la vitesse de trafic.

Parmi les premiers claviers, on trouvait en 1961 le “Codamite”. En 1967 un autre conçu par John Ricks W9TO. ces deux claviers n'avaient pas de mémoire. Il n'y avait pas non plus de barre d'espace. les autres n'avaient rien d'autre que l'espacement normal entre caractères, les espaces étant alors faits par l'opérateur. 

En 1974, le clavier “Curtis KB-4200 Morse Keyboard” fut l'une des premières machines avec barre d'espace permettant un contrôle normal sur les espaces entre mots. Cet appareil possédait aussi une mini mémoire permettant d'avoir une frappe tampon de 64 caractères. Un indicateur permettait de connaître l'espace restant et offrait donc la possibilité de frappe et de manipulation  “continue”.

#3       James B. (Jim) RICKS, W9TO,  Né le 23/12/1923

Il fut l'un des promoteurs et développa l'utilisation de claviers. Il conçut le premier keyer à tubes et Gary Bold en utilisa un durant près de quinze années à partir de 1966, puis passa au keyer de chez Curtis. Jim fut l'un des co-fondateurs du club CFO [Chiken fat Operator ou Opérateurs Gras comme des poulets Hi !], et fut certainement un opérateur à grande vitesse. Pas d'informations sur lui-même.

#4       William (Bill) Eitel  Né en 1908, décédé en 1989

Et peut-être même son épouse LaNeil. “On High-Vitesse Code.” Les informations suivantes viennent des quelques unes de ses correspondances privées et réponses reçues d'amis à partir de 1974.

L'histoire de son apprentissage du code Morse et de la radiotélégraphie ne semble pas être connue de nos jours, du moins par des gens encore vivants à notre époque. Il fut très actif en radiotélégraphie dans les années 1920 et était très au courant des discussions entre utilisateurs des émetteurs à étincelles et les fans de CW de l'époque. C'était un véritable génie pour tout ce qui touche de près aux émetteurs à tubes de grande puissance et dans d'autres domaines de l'électronique. Il était bien connu pour avoir fondé la société Eimac en 1934. Il fut un grand inventeur.

Les remarques qui suivent son de sa propre plume: “le potentiel du code Morse pour les télécommunications, en se servant de la technologie moderne, améliore nos possibilités antérieures à un point auquel nous ne pouvions même pas l'imaginer. Quelques radioamateurs ont discuté et discutent ensemble en code Morse à des vitesses comprises entre 80 et 100 mots par minute, voire plus. Ces nouveaux opérateurs à grande vitesse utilisent les nouveaux équipements disponibles pour améliorer encore leur possibilités opératoires, comme des outils et non comme une menace contre leurs statuts. Il est intéressant de noter que les membres du club "5-Star" ont atteint leurs vitesses en utilisant des claviers ne possédant pas de mémoires comme ceux que nous avons de nos jours.

Du fait que nos équipements sont trop anciens, on ne pouvait pas atteindre de telles vitesses, mais est-ce bien notre limite supérieure que nous avons atteint en réception ? Il ne nous faut absolument pas résister aux avancées de la technologie afin de pouvoir utiliser d'encore meilleures méthodes opératoires ou des équipements permettant une meilleure utilisation du code Morse. Ceci, simplement car nous avons souvent de vagues  pensées “romantiques” en ce qui concerne les choses du passé.

Aurions nous oublié l'histoire des clefs ? pensons un peu un instant au fantastique développement en matière de vitesse et de facilité d'utilisation que nous avons vu depuis l'utilisation de la simple pioche avec son mouvement de haut en bas en passant par le double contact [sideswiper ou lame de scie], pour en arriver au keyer ! Est ce que les claviers sont une technologie malfaisante ? Est ce que la véritable mesure précise de la vitesse de réception de quelqu'un et de ses capacités à COPIER est vraiment nécessaire ? Copier était primordial lorsqu'il fallait absolument transmettre les messages qui étaient payés et quelquefois codés. Il fallait aussi que les messages puissent être délivrés à la bonne personne sous une forme qu'il puisse lire et exploiter immédiatement avec la certitude que les informations portées sur le message sont précises.

Les messages officiels du gouvernement, les messages diplomatiques et militaires requièrent une copie parfaite sans erreurs. Mais, lorsque le code Morse est utilisé entre particuliers, comme un mode de communication, sûrement pas pour véhiculer des informations commerciales ou des propos officiels, on se retrouve face à une nouvelle situation dans laquelle il n'est alors plus nécessaire de tout écrire. C'est la même situation que lorsque l'on est en conversation téléphonique.

Cette utilisation peut devenir un challenge pour maîtriser le code Morse et utiliser les équipements modernes associés disponibles pour des vitesse au dessus ou même au dessous de 80 mots par minute. Par exemple, lors d'une discussion sous la forme d'une table ronde, lors d'une pause, on pourra transmettre un peu à la manière de ce que l'on fait la SSB en activant le VOX.  Oui, il y aura sûrement quelques impossibilités physiques ou mentales pour certains mais la plus grande dissuasion serait le manque d'intérêt réel.

Lorsque l'on est déterminé à maîtriser le code Code Morse, je pense que l'on s'apercevra rapidement que l'entraînement pourra être aussi agréable et amusant que l'activité en code Morse et le trafic. L'ingrédient final le plus  important est la détermination à utiliser un clavier ainsi que tout autre équipement complémentaire utile. Le code Morse de BONNE qualité devient facile à grande vitesse. Les bons espacements ont tendance à être le problème mais si l'on s'entraîne, ce n'est pas très important à solutionner".

Pour être membre du club "5-STAR", on devait être capable de lire à 70 mots par minute mais ce fut rapidement augmenté à 80 mots par minute. Il y eut quatre membres fondateurs à l'origine mais en 1974, le nombre total augmenta à dix. Il y en avait d'autres qui se sont qualifiés pour être membres.

On peut voir dans un QST de Novembre 1974, page 155 une photo de Bill et de son épouse LaNeil dans une publicité de promotion pour le transceiver Triton de chez Ten-Tec sur laquelle il y est indiqué que cet appareil fonctionne parfaitement avec des vitesses de manipulation élevées. L'entête de la lettre donne comme adresse: Butro Ranch and Laboratory, Dayton, NV  89403, et est datée du 24 Août 1974. 

#5       Tom Alderman, W4BQF

Cette histoire est racontée à la première personne: “Alors que je n'étais qu'un petit garçon de 8 ou 9 ans, je me demandais ce qui pouvait bien intéresser autant mon père quand il s'asseyait pour copier tous ces points et traits. Ce que je peux dire en tous cas, c'est que ça lui plaisait beaucoup et qu'il aimait être le contrôleur d'un réseau de trafic en CW. De ce fait, au cours de mon cursus radioamateur, je n'ai pas eu une approche et une attitude négative en ce qui concerne le code Morse. Je n'ai donc jamais pu penser que "je ne serais jamais capable de faire ça".  En fait, copier de la CW est l'un des plus grands plaisirs que j'ai dans ce hobby. C'est amusant. 

Avant la fin de mon année de noviciat chez les radioamateurs, je me suis aussi lancé dans le trafic et les réseaux CW en les appréciant tout particulièrement. Alors, depuis les 50 années passées (Depuis 1951), j'ai toujours aimé la CW et pense toujours à elle comme un "amusement".

J'aime beaucoup le trafic à grande vitesse aux alentours de 80 mots par minute comme  W3NJZ, K3TF, KB9XE et je les "poursuis" tous les Mercredi soir aux alentours de 3.533 MHz. Mon grand ami qui opère à très grande vitesse, Ira-NU2C, avait l'habitude de me pousser pour savoir jusqu'à quelle vitesse il m'était possible de lire le code Morse. Nous avons trouvé qu'il m'était possible de comprendre et de répondre correctement à des question posées à 144 mots par minute ! (je ne suis pas un ‘monstre’, hi, hi).

Je suppose que la clef du succès pour lire à de grandes vitesses est l'attitude de départ que l'on prend lors de l'apprentissage. c'est peut-être le plus grand facteur à prendre en compte. Je crois que l'on a toujours pensé que l'apprentissage du code Morse a toujours été quelque chose un peu comme l'apprentissage "épouvantable" des mathématiques au lycée; de ce fait, les candidats potentiels au radioamateursime débutent souvent avec une ‘mauvaise’ impression au sujet du code Morse. Je suis réellement convaincu qu'il y a un "butée de vitesse" que la plupart des radioamateurs (Moi y compris !) ont du mal à dépasser. Je pense que cette "butée" se situe entre 45 et 60 mots par minute. Pratiquement tous ceux que j'ai pu aider à passer cette barrière au-dessus de plus de 60 mots par minute ont eu de graves difficultés à se sortir de cette attitude mythique ‘négative’ et qui finalement, maintenant lisent encore plus rapidement que cette fameuse butée. Je m'imagine maintenant ce que la plupart d'entre eux ont pu penser quand je leur disais d'essayer de ne pas penser que c'était impossible  de lire 60 mots par minute en s'imaginant que c'était pour eux impossible.

Il suffit de penser au code Morse comme une manière différente de parler. Tout simplement car je suis convaincu que la CW en QRQ est le fait de converser dans un second langage. Comment quelqu'un peut lire à 80 mots par minute ou plus ? Honnêtement je peux vous dire que je n'en ai aucune idée !  A partir de 50-60 mots par minute, on ne peut plus lire les points ou les traits, on commence réellement (Ou on  continue !) à lire des mots. Quand la vitesse augmente, ne pensez pas seulement lire des mots, il s'agit plus de vous intégrer dans le cours de la conversation et lire à ce moment là des bouts de phrases ou même des phrases complètes.

Je note quand même avec intérêt que lorsque je lis à des vitesses au-delà de 80 mots par minute, je ne réalise même pas que je suis en train de lire du code Morse, A MOINS qu'un mot très important n'attire mon attention car il est mal épelé ou mal frappé au clavier. Je ne me concentre pas sur le code Morse; Je me concentre sur ce qui est dit ou va être dit. Il n'y a pas de différence lorsque je fais cela à comparer avec un Américain qui parlerait Français couramment.

DECODEURS DE CODE MORSE...

Cela m'a toujours fasciné de voir que la plupart des radioamateurs pensent que lorsque l'on manipule avec un clavier ou que l'on opère en CW  à plus de 30 mots par minute, que l'on DOIVE OBLIGATOIREMENT l'utiliser pour décoder ! Je pense d'ailleurs que c'est une des facettes de l'attitude négative qu'on certains face au code Morse. Entre 1968 et 1969, j'ai commencé à essayer de copier les QSO d'un gars de New York avec un autre de Floride qui discutaient presque chaque nuit à 100 mots par minute durant des périodes de QSO pouvant aller jusqu'à une heure. Mon épouse m'avait acheté un lecteur de code Morse de chez Info-Tech pour mon anniversaire (Je ne sais d'ailleurs toujours pas où elle se l'est procuré !). A cette époque j'avais ricané en voyant cet appareil !.

Mais, lors de son utilisation, j'avais remarqué que pour copier du trafic à 55 mots par minute (Vitesse de butée !), si je manquais une lettre ou un mot, mon cerveau se bloquait en se concentrant pour trouver et décider de quel mot  il s'agissait et que je venais de manquer. Je perdais alors ma concentration. En regardant d'un coup d'œil l'écran de mon lecteur de code, je voyais le mot qui me manquait, mon cerveau était vite satisfait et je pouvais poursuivre la lecture !

A cette époque, je n'ai pas réalisé ce qui se passait réellement. Toutefois, au bout d'une année, j'ai réalisé soudainement que je ne regardais même plus l'écran du décodeur tout en lisant au dessus de 60 mots par minute.

Dans ce sens, on peut estimer avoir de la chance avec les décodeurs car ils copient et décodent assez bien le code Morse dans des gammes de vitesses sur lesquelles nous butons. Ca nous donne une bonne aide pour surmonter cette butée de vitesse. Mais, avec le QRN sur  40 et 80 Mètres, lorsque vous tentez de leur faire décoder constamment de la CW au-dessus de 70 mots par minute, cela leur est rendu impossible du fait du bruit de bande ! ”. Et il ajouta : "Il aurait beaucoup d'ailleurs de chose à dire sur ce sujet”.

#6  Bill Pletting KB9XE.

Agé d'environ 35 ans, il aimait faire des communications radio à l'aide de la CB. Cela lui semblait agréable et amusant. Ses amis Cibistes avaient l'habitude de se réunir de manière hebdomadaire, juste pour sympathiser. Il s'aperçut que l'un d'entre eux était radioamateur et il eut l'occasion de lui rendre visite. Il fut étonné d'entendre du code Morse, comme pour beaucoup de personnes il n'en avait jamais entendu auparavant. Cela le fascinait et l'intriguait.

Il devint alors là, pratiquement sur le champ, enthousiaste pour apprendre le code Morse et se procura immédiatement un jeu de cassettes d'apprentissage chez le fournisseur bien connu et réputé "Amateur Electronics Supply", une société basée à Milwaukee et qui faisait paraître des publicités dans la revue QST. Il devint tellement “obsédé” avec ces points et ces traits qu'il apprit très rapidement les sons de l'alphabet,  les chiffres et la ponctuation. En l'espace de deux semaines, il avait pris l'habitude de s'entraîner partout où il le pouvait sans bien sur gêner les autres. Il tapait sur toutes sortes de choses, un peu comme s'il avait une clef à sa disposition... ou "chantait" les traits et points ! (C'était devenu même assez mauvais pour la tranquillité de la famille car cela irritait son épouse !).

Il était simplement d é t e r m i n é à apprendre ! Apparemment, il ne s'était même pas posé la question de savoir si c'était “difficile” ou “facile”… Il s'est contenté d'apprendre. c'était donc “facile”, car il n'avait jamais pensé que ce put être “difficile”. Il voulait passionnément apprendre et cet apprentissage lui fut agréable.  

De la façon avec laquelle il débuta son apprentissage, en écoutant et en manipulant les sons, il n'eut pas à réapprendre quoi que ce soit. Son apprentissage fut parfait. Il s'entraînait et aimait le faire presque constamment en appréciant chaque minute. C'était quelque chose qui devait être fait et fait avec plaisir, et ce fut fait de cette manière !

A cette époque, il acheta un récepteur lui permettant d'écouter les bandes radioamateurs. Il se prépara aussi durant la même période à la partie technique de l'examen ainsi que pour la partie réglementation de la licence aux USA. En un mois, il passa avec succès l'épreuve  de Morse à 5 mots par minute et reçut rapidement sa première licence, une licence "Novice". 

Bill ayant enfin son transceiver, il fut très actif sur l'air en code Morse lors de tous ses  QSO’s. Il continua But de faire de même avec ses doigts et frapper du code Morse même après avoir obtenu sa licence. Il était conscient qu'il lui fallait améliorer ses capacités en code Morse afin de pourvoir lire toutes sortes de signaux. Il se forma si sérieusement qu'en l'espace d'une seule année, il passa avec succès les épreuves de la classe Extra avec l'épreuve de code Morse à 20 mots par minute.

Ayant donc accès à la totalité des bandes radioamateur, il essaya de faire du trafic en RTTY et quelques autres modes digitaux mais rien n'a pu retenir son plaisir du trafic autant que le code Morse. Il a bien sur constaté qu'au plus on s'entraîne à faire quelque chose et au meilleur l'on devient à l'exploiter.

Une vitesse plus grande a été pour lui un challenge constant. Il s'est attaché à rester à l'écoute de stations qui étaient bien trop rapides à comprendre, désireux d'arriver enfin à bien les lire. Il s'est toujours dit à lui même: “Je dois absolument arriver à lire ça !”. C'est sa motivation qui l'a conduit toujours en avant.

Durant cette période, de nombreux kits à construire soi même sont sortis, y compris quelques uns de chez la société "Heathkit". L'un de ces derniers était le clavier "Ultra-Pro CW Keyboard" mis sur le marché en 1983 et il en construisit plusieurs pour ses amis.

Parmi les nombreux opérateurs à grande vitesse qui ont pu l'aider, on notera : W4BQF Tom Alderman,  W0GHX  Ray  Larson,  W9TO  Jim Ricks,  K9AMC Christ C. Kovacheff, KU2D Daniel E. Silsona (Décédé),   K0PFX  Melvin L. Whitten, et bien d'autres. Il a donc en moins de 4 années à partir de sa licence novice pu atteindre la vitesse de 80 mots par minute et a poursuivi son entraînement depuis lors. En résumé, il a “ décollé et s'est envolé”.

Depuis lors, comme Tom Alderman et bien d'autres, il n' a cessé d'aider les débutants à atteindre de plus grandes vitesses.

#7       Harry W. Lewis   W7JWJ, Né le 02 Février 1923

Un autre ancien opérateur avec de bonnes capacités en code Morse. Le texte ici a été glané au travers du magazine  WorldRadio paru en Août 1991, page 56, et en Mars 1993, pages 31 et 32. On y trouve aussi de nombreuses lettres personnelles. Quelques fois, certaines choses sont paraphrasées pour en faire ressortir les bases).

Il prit intérêt en ce qui concerne l'émission d'amateur au cours de ses études secondaires lorsque l'émetteur d'un ami fit du brouillage dans le système de reproduction sonore de la salle de cinéma. C'est quelque chose qui l'a réellement "accroché". Il fit la découverte des deux codes Morse [Américain et International] dans un livre de physique et les apprit tout seul. Il ne semble pas particulièrement "aimer" le code Morse mais c'était plutôt un challenge pour lui. Du fait qu'il le percevait comme un challenge, cela l'a conduit à l'apprendre.

Ayant des problèmes de santé, il perçut cet apprentissage comme un moyen de guérir. Apprendre le code Morse à ce niveau ne fut pas facile pour lui. A côté de ce challenge, il décida à la même époque de faire partie de ce monde magique de la radio et lorsqu'il termina ses études dans les années 1940, il décida d'entrer dans une nouvelle école de radiotélégraphistes pour y apprendre le code Morse de manière correcte. Cela lui semblait nécessaire pour progresser.

Dans cette école, les meilleurs élèves organisaient des compétitions les uns contre les autres pour devenir les chefs de la classe. Une jeune femme très intéressante arrivait comme lui à des vitesses de 45 mots par minute.  Avec ce nouveau challenge, il fut poussé encore plus durement à travailler jusqu'à six heures d'entraînement par jour.

Après avoir fini ses études, il passa quelques années comme opérateur radio militaire de bord volant puis comme instructeur. Il entra alors à la suite dans le domaine de la radiodiffusion et la télévision. Durant ces années, il travailla dans neuf stations de radio différentes, trois stations de télévision, une compagnie de téléphone, un centre d'informatique et dans de nombreuses autres compagnies pour y acquérir une grande expérience.

Depuis 1946, tout en travaillant régulièrement, il a trouvé le temps nécessaire pour enseigner l'émission d'amateur, enseigner le code Morse, la technique et la réglementation. Il aura aidé en tout plus de 3500 candidats à obtenir leur licence radioamateur. Il avoue aimer enseigner le radioamateurisme.

Il a toutefois observé tout au long de cette longue période que l'âge moyen des candidats a augmenté graduellement d'environ 15 ans et qu'il leur fallait de plus en plus de temps pour apprendre le code Morse. Pour attirer les opérateurs à grande vitesse et en tirer les secrets nécessaires à atteindre une telle technicité, il organisa des concours lors de divers rassemblements amateurs.

Ce n'était pas seulement pour se distraire, il souhaitait connaître d'autres méthodes plus efficaces encore d'apprentissage du code Morse. Il appliqua ce qu'il avait appris avec sa propre pratique d'entraînement et fit une approche de la copie de vitesse proches de 100 mots par minute. Il anticipa sur le fait que ce qui l'avait aidé pouvait à son tour aider les candidats à ce type de trafic. Il fut quand même déçu de voir que cela ne les aidait pas beaucoup.

Il fit des recherches dans de la littérature traitant de la psychologie de l'apprentissage, etc... et il constata qu'il y a cinq facteurs impliqués dans les succès obtenus lorsque l'on enseigne. Ces facteurs s'appliquent d'ailleurs probablement  à l'étude du code Morse:

1)       Le premier et le plus important de ces facteurs est que les élèves doivent être absolument fortement auto-motivés. Les élèves ne sont d'ailleurs pas forcément convaincus de cela.

2)      La diète [note du traducteur: Et pourtant je bouffe un max moi Hi !] La surconsommation de sucre, de nourriture riche pré-cuisinée et de viandes semble toujours gêner le processus d'apprentissage. [On notera que Candler a dit beaucoup de choses sur ce sujet de nombreuses années auparavant].

3)      L'exercice (Comme les pompes ou la course etc...) avant et après les périodes d'entraînements   [Candler approuvait cela aussi. A cette époque, les lieux de travail étroits des télégraphistes, avec peu de lumière du soleil et peu d'air frais étaient monnaie courante].

4)      Les méthodes correctes d'entraînement.   De l'apprentissage avec succès du code Morse, il en résulte une copie individuelle basée sur une activité mentale  subconsciente. Ceci est impossible tant que le mental de la personne n'y a pas été préparé et entraîné correctement. [Lewis était bien plus préoccupé par les capacités à copier plutôt que les possibilités de lecture].

5)      D'autres facteurs impliquent la forme d'onde du code lui même, le temps d'attaque et de délai des enveloppes du signal audio (Points et traits), la fréquence de la tonalité et son timbre, la présence d'une voyelle adjacente et la combinaison des consonnes. Tout ceci pour optimiser l'impression qu'en retirent nos oreilles

Lorsqu'on lui demanda en 1991 comment on fait pour copier à de très grandes vitesses il répondit "qu'à 75/85 mots par minute, on est dans un état second de concentration absolue, presque en état d'hypnose”. Lorsqu'on lui demanda aussi si l'on peut débuter directement une copie à 75 mots par minute, il répondit:  “NON! Je dois m'y préparer psychologiquement et cela peut me prendre de quelques minutes à plus de quarante cinq minutes”. On lui demanda aussi s'il y avait une limite haute de vitesse de réception: "On peut affirmer qu'elle se situe au dessus de 120 mots par minute car l'un de ses amis, Jerry Ferrell a été chronométré avec 90%  de lecture complète à 125 mots par minute".

Harry a été confirmé en 1988 par l'ARRL alors qu'il parvenait à copier à 76 mots par minute. Maintenant, avec l'âge qui avance (70 ans), il sent qu'il ralentit quelque peu.

#8       Edward (Ed) Hart, Junior, Né en 1909, et

George Hart, trois ans et demi plus jeune

Au début des années 1920, leur père, Edward Hart  Senior, était professeur de chimie au collège Lafayette situé dans la petite localité de Easton, Pensylvannie.  La famille habitait une maison sur le campus universitaire qui était la propriété du collège. Lorsque leur père décéda en 1931, il durent alors déménager pour loger dans une ferme située à quelques kilomètres au sud de Easton, près du petit village de Raubsville. La ferme avait une superficie de cent soixante hectares de bois et de prairies étalées sur deux vallées près de la rivière.  Edward fut le premier des deux à obtenir ses deux licences. Celle d'opérateur et celle de sa station indicativée sous 3NF. Il n'avait que 15 ans en 1925. 

Lorsque leur père décéda, il s'occupait d'une affaire d'imprimerie à Easton et continua cette activité quelques années. Beaucoup plus tard, il se déplaça sur Philipsburg, New jersey avec l'indicatif W2ZVW. Plus tard encore, il déménagea pour Albuquerque, Nouveau Mexique sous l'indicatif W5RE pour finir en 1978 à Bonita Springs en Floride avec l'indicatif N4KB. C'est là que son "petit" frère est venu souvent lui rendre visite au cours des mois d'été. Edward a été un opérateur assez rapide et il décéda en 1988.

George Hart, le frère le plus jeune de Edward est né le 1er Novembre 1913. A l'heure actuelle, son indicatif est W1NJM, et George raconte son histoire avec le code Morse à la première personne. Cette histoire a été quelque peu arrangée et même paraphrasée.

Ca se passait en 1925, après que Edward obtint sa première licence amateur que son jeune frère devint intéressé et curieux. Mais qu'était ce donc ce qui pouvait intéresser son grand frère autant ? C'était quoi cette sorte de nouveau langage qu'il utilisait ?

George dit: "J'admirais mon grand frère Edward. C'était un exemple pour moi. Il avait quinze ans, soit trois ans et demi de plus que moi, je n'en avais que onze. J'ai donc appris le code Morse un peu comme un bébé apprend à parler, en écoutant mon frère opérer et en reconnaissant les caractères par ‘osmose’, reconnaissant et imitant les sons les plus fréquents entendus. J'ai juste appris en écoutant".

"Peu m'importait combien de “points”  et “traits” il y avait, seules les formes et symboles sonores etc e qu'elles représentaient m'intéressaient. J'ai rapidement appris à reconnaître ses appels fréquents CQ’s, son indicatif 3NF et les signes spéciaux de procédure comme AR  K,  DE et R (Tous encore utilisés !), ainsi que le maintenant devenu obsolète caractère U. La lettre U était alors utilisée par les amateurs Américains avant qu'on leur attribue les préfixes W ou K. J'ai aussi appris bien d'autres sons avec leur signification. Je suis pratiquement né avec un manipulateur dans la bouche !".

"Je n'ai pas eu à débuter cet apprentissage du code Morse avec une quelconque détermination pour apprendre le code Morse, ou pour réussir un quelconque examen, ou pour pouvoir trafiquer sur l'air. Un jour, le 14 Septembre 1926, Je n'avais alors que douze ans. J'utilisais pour la première fois la station de mon frère et j'ai établi mon premier contact et QSO avec W9CRJ de Lexington, Kentucky. J'étais un peu tremblant lors de ce premier contact et Edward termina la liaison pour moi".

"C'est en 1928 à l'âge de 14 ans que je me suis chronométré à  34 mots par minute, en langage clair. J'ai eu à payer pour cela quelques temps plus tard à cause d'une mauvaise utilisation de la pioche car cela m'a donné ce que l'on appelle "le bras de verre", une forme douloureuse de paralysie. Toutefois, j'avais constaté que je maîtrisais correctement et suffisamment le code Morse au point de pouvoir tenir une conversation et de communiquer de la même façon que mon frère Edward.

"Finalement, mon frère Edward m'engagea à prendre une licence temporaire obtenue par courrier en 1930. Le code Morse ne me posa bien sur aucun problème mais j'ai passé avec difficulté la partie technique. Je n'étais même pas capable de construire ma station moi même. Edward m'emmena à Philadelphie en 1931 et j'ai obtenu ma première licence radioamateur sous l'indicatif W3AMR, valide seulement trois années et renouvelable par simple preuve de son utilisation".

"En 1932, je suis entré à l'université de Pennsylvanie et obtint mon baccalauréat en 1936. Je n'ai jamais utilisé l'indicatif W3AMR avant le décès de mon père et que nous ayons à déménager de notre domicile du collège pour aller habiter la ferme (‘ole 66’). L'indicatif W3AMR est un indicatif qui 'balance' bien en CW  et j'ai appris à l'aimer. A la ferme, il n'y avait pas de lignes électriques en courant alternatifs, alors nous devions utiliser des batteries. Edward monta sa station dans l'imprimerie que nous possédions à Easton.  En 1932, Edward acheta un générateur d'occasion pour la ferme et l'installa dans un local extérieur. Malheureusement, il prit feu et mit le feu à d'autres parties de la ferme, brûlant aussi presque entièrement la maison d'habitation".

"Pour le code Morse, mon conseil pour acquérir une bonne maîtrise sera de s'asseoir, d'écouter, de rester longtemps à l'écoute et de vouloir comprendre. Tous ceux qui ont appris à parler peuvent apprendre la CW, c'est aussi facile que cela. Il suffit de vivre avec et le Morse viendra à vous. Le code Morse n'est qu'une autre façon de parler".  [Les jeunes gens et les adultes pourront apprendre de manière sensiblement différente]  Apprendre la CW de manière conversationnelle est plus comparable à l'apprentissage de la parole que l'apprentissage d'un autre langage. C'est même plus facile puisqu'il n'y a pas à apprendre à prononcer des son étrangers et nouveaux, apprendre un nouveau vocabulaire ou une autre grammaire. Il s'agit simplement de reconnaître de simple tonalités sonores et de les imiter. L'apprentissage n'est qu'une matière d'intention".

"On m'a offert une clef Vibroplex en 1929 et peu avant mes vingt ans, j'étais déjà capable de transmettre comme une machine à 45 mots par minute".

Il eut malheureusement, que ce soit avec une pioche ou un bug, à souffrir de douloureux "bras de verre" bien connus de tous les télégraphistes. Avec la venue de claviers de manipulation, il pouvait alors manipuler confortablement avec seulement deux doigts.

"Je n'ai jamais appris la frappe au clavier et c'est un handicap pour moi de frapper au clavier. Avec deux doigts, je peux frapper jusqu'à 55 mots par minute. C'est aussi ma vitesse la plus rapide de copie d'un texte car j'ai sans cesse à déplacer mes yeux de la copie au clavier très rapidement. Ces mouvements rapides des yeux ne font que rajouter des erreurs avec l'âge. Il m'est arrivé de copier sans arrêt durant une minute à 55 mots par minute sur un test de 5 minutes durant un concours de l'AARL. Je peux évidemment lire mais pas copier à 60 mots par minute, mais je ne prends que quelques mots à 70 mots par minute ou plus".

"Je pense que devenir opérateur à grande vitesse en CW découle d'une progression naturelle, pourvu que l'on apprenne de la bonne manière dès le début et que l'on continue de s'entraîner". En réception, George a été capable de lire du code Morse à 60 mots par minute, mais maintenant il n'est capable de transmettre qu'à environ 40, et de ce fait, les QSO's de nos jours sont rarement au dessus de cette vitesse.

George travailla au siège de l'ARRL pendant 40 années, débutant comme second opérateur de contrôle à la nouvelle station W1AW le 22 Août 1938, et termina sa carrière comme Communications Manager en charge de toutes les activités sur l'air parrainées par l'ARRL et ses clubs associés le 1er Novembre 1978.  Lors de sa retraite, il se retira dans la ferme de sa jeunesse.

La plupart du temps depuis 1957, il a participé activement à la promotion de la réception à grande vitesse en mettant en place des séances d'entraînement hebdomadaires et des sessions de qualification sur l'air, délivrant aux participants des certificats de participation et de qualification. Au début, cela se faisait depuis un petit club qu'il avait créé avec les séances d'entraînement et de test indiqués dans le magazine QST.

L'ARRL n'était pas partie prenant dans cette activité mis à part la publication des informations relatives à cette activité.

Le club a été abandonné plus tard et quelques membres de la "Society of Wireless Pioneers" (SOWP) donnèrent le nom de leur club comme support mais ne firent rien de plus.

Ses transmissions étaient à l'origine faites à l'aide d'une machine à bandes à des vitesses comprises entre 20 et 70 mots par minute. Quelques unes de ses émissions furent réalisées dans les dernières années à partir de la station de son frère en Floride. Ce n'est seulement que récemment qu'il ne fit plus qu'une seule session par semaine et ne délivra plus de  certificats. Il manipule rarement maintenant au delà de 30-35 mots par minute.  Il pense toujours être capable de copier à 40 mots par minute.

Il est persuadé que ces “améliorations personnelles” sont le résultat de ses motivations à la base pour poursuivre dans le domaine de l'émission d'amateur, tout particulièrement dans le trafic DX et les concours. Nous le faisons car "nous aimons le faire", et la plupart ne le font que pour cela.

"J'ai pris contact avec William C. Smith, K6DYX, de Monterey en  Californie, professeur d'électronique à l'école supérieure de l'ETATS UNIS de Monterey. C'était au début des ordinateurs personnels. Il m'indiqua de me 'précipiter' sur cette technologie pour mes séances d'entraînement, allant à l'encontre de mes préférences personnelles. Pas seulement cela, il me fit cadeau de son vieil ordinateur Apple II en 1988, avec un jeu d'instructions personnalisées pour l'utiliser. Il vint me rendre visite à plusieurs reprises. J'étais un élève  assez difficile et lui un excellent professeur dans ce domaine avec beaucoup de patience. J'utilise toujours cet ordinateur depuis lors.

#9       John F. Rhilinger, KC1MI

John est capable de lire à 80 mots par minute, et de copier à 70. En 1992, je lui ai posé pas moins de 22 questions à chacune desquelles il a apporté une réponse accompagnées de lettres aimables. Vous trouverez à suivre l'essence de ce qu'il nomme son expérience personnelle.

Son père, W1QQS était un ami proche de Ted McElroy, détenteur durant de très nombreuses années du record du monde de vitesse et ils se rencontrèrent souvent. Ted était en quelque sorte pour lui comme son oncle. A l'âge de six ans, John commença à s'intéresser au Code Morse et à partir de cette époque là, il apprit le code à des vitesses comprises entre 10 et 15 mots par minute, sans pour autant passer une licence.

Dans ses dernières années, alors devenu radioamateur et ayant atteint une vitesse de 30 mots par minute, il débuta de l'entraînement pendant son sommeil. Cette méthode fut essayée par quelques Allemands au début des années vingt. En règle générale, il s'entraînait sur des périodes de quatre heures chaque nuit.

Il utilisait un magnétophone à bandes pour diffuser du code Morse en continu qu'il avait pris soin d'enregistrer auparavant à des vitesses variées, augmentées petit à petit pour atteindre un maximum de  60 mots par minute ou plus grâce à la vitesse de lecture de ce magnétophone. Il semble donc que c'est avec cette méthode qu'il a pu atteindre ses plus hautes vitesses. Il pratiquait aussi l'émission d'amateur sur des durées de six heures par jour, probablement toujours en quête de liaison à la plus grande vitesse possible entendue.

Il n'a perçu aucune perte de repos ni fatigue supplémentaire du fait de ces entraînements durant son sommeil. Il n'y a pas besoin de préparation pour ce type d'entraînement, il suffit juste de commencer. Les mauvaises épellations ou erreurs typiques de manipulation ne lui causent aucune difficulté et il ne perd rien en lecture.

#10      Katashi Noshe, KH6IJ

Il fut durant de nombreuse années radioamateur, un opérateur DX  renommé et il enseigna le code Morse. On ne sait pas exactement quelle fut sa vitesse maximum de lecture ou de copie mais on pense qu'il était capable de trafiquer à des vitesses voisines de 60 mots par minute. Ses élèves progressaient d'ailleurs très rapidement pour passer de rien à 30-35 mots par minute seulement en quelques semaines. En 1959, il écrivait que "Tout opérateur DX devrait être capable de lire dans des gammes de vitesse aux environs de 60 mots par minute. Il peut alors s'adapter à ceux qui l'appellent".

#11      Jerry A.  Ferrell WB7VKI  (CFO # 760)

Jerry est un autre opérateur à grande vitesse, avec plus de 100 mots par minute en lecture avec lequel j'ai eu de nombreuses correspondances en 1992 et plus tard. Jerry est né en 1927.

En 1945 à l'âge de 18 ans, il s'engagea chez les gardes côtes Américains. Ses tests d'aptitude démontrèrent chez lui de très bonnes capacités d'opérateur radiotélégraphiste. Il suivit un cours de radio d'une durée de six mois à Atlantic City. Le but de ce cours était de pouvoir opérer à 20 mots par minute en chiffré avec des groupes de 5 lettres. Durant ce cours, très peu de texte en Anglais et en clair étaient utilisés. Il n'était d'ailleurs pas très bon en clair, toutefois, c'était un excellent opérateur.

Le cours chez les garde côte débutait à 5 mots par minute. Ils semblaient utiliser les caractères en les manipulant très lentement, rendant presque impossible de reconnaître aisément une forme sonore comme cela est possible avec une gamme de vitesse minimum comprise entre 10 et 13 mots par minute. La classe progressait plus vite en fait par un système d'étapes de vitesses à chaque changement de semaine jusqu'à atteindre 20 mots par minute.

A la suite de cette école, il embarqua sur les bateaux des garde côtes ETATS UNIS. Il quitta les garde côtes fin 1948 et en 1949 pour les télégraphes des chemins de fer. Il passa un mois à leur école de télégraphie pour y apprendre le Code Morse Américain et eut plusieurs affectations temporaires en remplacement. Plus tard, en 1949, il retourna chez les garde côtes ETATS UNIS et y resta jusqu'à sa retraite en 1966. 

Lors des affectations diverses, il avait à copier des messages en Anglais normal à  20-25  mots par minute, et des diffusions de la presse à usage des bateaux à 35-40 mots par minute. Il était si bon que quelquefois, les opérateurs des stations côtières préparaient des bandes pour lui manipuler à des vitesses entre 50 et 60 mots par minute pour essayer de le faire échouer dans la copie, mais ce ne fut pas le cas et ils se demandaient bien comment il faisait !

Puis, au cours d'une période de douze années entre 1966 et 1978, il travailla à différentes occupations en dehors des activités télégraphiques. Début 1978, il obtint sa licence radioamateur. En Mai de cette années, il participa à un salon radioamateur à Vancouver. En entrant dans le salon, il entendit des signaux en code Morse te les localisa. Il se tenait sur place une démonstration de vitesse en code Morse avec de nombreux spectateurs. Elle était donnée par Harry Lewis qui utilisait un clavier, un moniteur TV et un indicateur affichant la vitesse de manipulation.

Jerry demanda d'essayer, pour commencer à 30 mots par minute avec augmentation par pas de 5 mots par minute. Il copia parfaitement jusqu'à 50 mots par minute.  A ce moment là, il devinrent amis avec Harry Lewis, qui, à partir de ce moment là, lui prêta du matériel, lui fournit son aide précieuse et l'encouragea à augmenter et développer ses capacités de lecture à grande vitesse. Il acheta un magnétophone à bandes ainsi qu'un clavier pour réaliser une cinquantaine de bandes 1/4 de pouce à des vitesses situées dans une gamme comprise entre 50 et 75, 60 et 80 et pour finir, 70 et 90 mots par minute pour son entraînement. Plus tard, il créa encore d'autres bandes magnétiques avec des augmentations de vitesse de 5 mots par minute dans une gamme s'étalant entre 50 et 80, etc.  Il possède aussi une bande de "préchauffage" sur laquelle les vitesses sont comprises entre 75 et 100 mots par minute, histoire que les gens qui écoutent aient la sensation que celles qui sont réellement utilisées leur semblent bien plus lentes.

1)       Il suppose avec justesse que la raison principale de l'augmentation du nombre  d'opérateurs à grande vitesse découle de l'utilisation très répandue des claviers servant à la manipulation.

2)      Il est cohérent lorsqu'il dissocie la lecture et la copie qui sont en fait deux types opératoires bien distincts. La copie nécessite bien plus d'entraînement et beaucoup plus d'heures d'apprentissage. c'est parce que l'on reçoit vace les oreilles, on effectue un processus de traitement au travers du cerveau pour enfin écrire avec les doigts ou frapper sur un clavier.

3)      Il dit ne ressentir aucune difficulté pour lire mais les grandes vitesses génèrent un stress pour lui. C'est à cause de cela qu'il pense qu'il faut qu'il s'entraîne au moins une bonne heure par jour dans les cinq mois qui précèdent un concours. Il indique aussi devoir être paré psychologiquement immédiatement avant le concours. Il indique aussi que ce serait impossible et trop stressant pour un opérateur de copier continuellement du 60 mots par minute pendant 10 à 12 heures par jour. C'est pratiquement impossible.

4)      Il indique aussi que le secret de l'apprentissage de la copie à de plus grandes vitesses est de débuter toujours la copie à une vitesse supérieure de 10 mots par minute ou plus  vite encore que la vitesse à laquelle on se sent à l'aise pour ensuite revenir et ralentir un peu. Il dit que c'est un peu comme quand oon conduit une voiture à 150 km/h pour redescendre à 130 et que l'on a l'impression de rouler lentement ensuite.

5)      Il dit aussi que le Code Morse International à 75 mots par minute ou plus sonne un peu comme du "gras de poulet en train de frire sur un grill chaud" pour reprendre exactement son expression. Pour commencer à le lire, on doit imposer à sa pensée de rentrer dedans et de commencer à se concentrer sur les mots et les phrases. Alors, aussi longtemps qu'il maintient consciemment la concentration comme indiqué, il peut continuer de lire.

Sur quoi se concentre-t-il donc et de quelle manière le fait-il ? Il se le représente comme suit : "Si j'écoute les informations sur une radiodiffusion, tout en lisant les nouvelles d'un journal, un ou l'autre attirera mon attention. Lorsque je me concentre sur une des informations en particulier, je suis quand même conscient de la présence de l'autre sans pour cela être vraiment concerné par son contenu. En fait, c'est un peu n'importe quoi pour moi". C'est un parallèle un peu inexact mais c'est le fait de changer d'attention d'une information à l'autre qui fera la différence entre la lecture et traiter l'information comme un "bruit".

Les mots compliqués ou inhabituels sont quelquefois difficiles mais ne causent généralement pas de perte d'attention en détruisant la concentration générale du sujet. Il peut être conscient d'avoir manqué quelque chose du à une mauvaise épellation ou à une erreur de manipulation et être momentanément dérangé mais pas pour longtemps . Son attention est axée sur la compréhension et c'est ce qui lui permet de continuer. Les mots longs ne posent généralement aucun problème particulier.

1)       Il ne sait pas si réellement il existe une limitation de la vitesse de compréhension mais il pense qu'il y en a sûrement une.

2)      Il a toujours été capable d'écouter le code Morse ou de manipuler tout en faisant autre chose en même temps comme par exemple écrire à vitesse modérée, converser avec les autres, se régler, etc... Alors qu'il était opérateur radio de bord sur les bateaux, on lui envoyait des mots manipulés à l'envers pour essayer de le "bousculer" mais jamais rien n'y a fait.

3)      Bien qu'il soit capable de lire et de copier le code Morse Américain jusqu'à 30-40 mots par minute, selon lui il ne "sonne" pas correctement lorsque l'on utilise une tonalité CW. Il aime bien toutefois l'écouter sur des résonateurs à bandes perforées. Il ne s'y est jamais entraîné à grande vitesse.

#12      Frederick M. Ryan  W3NIZ, Né le 20/01/1932

En 1942, âgé de seulement dix ans, son père lui offrit comme cadeau de Noël un coffret de jeu télégraphique pouvant être utilisé pour envoyer entre deux stations. Ce coffret comprenait un buzzer, un générateur de clics simulant un résonateur ou une lampe. Il n'y a aucun doute sur les raisons pour lesquelles son père lui avait offert ce cadeau, il était lui-même télégraphiste dans une compagnie des chemins de fer de Pittsburgh et du lac Lake. Son grand père aussi fut aussi télégraphiste dans les chemins de fer de Pennsylvanie RR, ainsi qu'un oncle aux chemins de fer de Baltimore et de l'Ohio. Il apprit par lui-même les lettres et chiffres en les mémorisant à vitesse lente.

Après la deuxième guerre mondiale, lorsque l'émission d'amateur fut à nouveau autorisée, il décida d'améliorer ses capacités en code Morse et de passer son examen radioamateur. Il s'entraîna sur son coffret télégraphique et aussi de manière mentale en transcrivant les publicités vues sur les journaux ou les trolleybus en code Morse tout en se déplaçant en ville.  Son père ne lui fut pas d'une aide précieuse car il ne connaissait que l'ancien code Morse Américain.

Il passa l'examen à 13 mots par minute en 1946 et il échoua. A cette époque, il fallait alors attendre six mois avant d'avoir le droit de repasser l'examen. Donc, durant cette période, il s'entraîna encore, comme il l'avait fait par le passé. Il se souvient qu'à cette époque, il était capable de manipuler à 18/20 mots par minute. Tôt au cours de l'année suivante, il passa l'examen et passa de justesse, vraiment sans trop de réussite.

Comme il l'exprime lui-même, en terme de “points” et “traits”, il a probablement suivi l'approche de son père dans la copie et la manière de penser et il s'est entraîné avec les “points” et les “traits”, plutôt qu'en termes de formes sonores comme des ”dits” et des “dahs”. Quelle que soit la manière qu'il utilisa pour apprendre, qu'elle soit visuelle ou sonore, il pense avoir été "scotché" à la vitesse de l'examen à 13 mots par minute pendant une longue période. A cette époque, il n'avait que peu d'opportunités de travailler sa vitesse alors fort occupé par ses hautes études. De même, comme il se sentait aussi rapide que la majorité de ses contacts, il ne ressentit pas l'intérêt d'aller plus vite.

Au début des années 1950 alors qu'il était dans l’armée, il manipulait  à la pioche entre 15 et 17 mots par minute. Durant les années 1960, ses premiers progrès réels débutèrent lorsqu'il débuta les écoutes sur les diffusions d’entraînement de l'ARRL en préparation du passage de la classe radioamateur "Extra". Il savait de sa propre expérience que les gens ont tendance à faire moins bien lors des examens et il attendit donc d'être capable de copier à 30 mots par minute avant de subir le test à 20. Bien sur, ce fut un succès.

Dans les années 1970, ses capacités de compréhension et de manipulation augmentèrent jusqu'à 40 mots par minute. A cette époque, il utilisait un keyer pour la manipulation et n'éprouvait plus le besoin d'écrire. Vers le milieu des années 1970, lorsque de bons claviers devinrent disponibles, il entendit quelques gars manipulant à 80 mots par minute, mais il ne pouvait pas les comprendre, du moins très peu de ce qui était manipulé. Il pensait que ce devait être amusant de pouvoir le faire. Il pensait toutefois à leur sujet : "Nous sommes réellement dans deux catégories différentes et ce qu'ils arrivent à faire est vraiment hors de ma portée. Trop occupé par mon travail, je n'ai pas assez de temps pour m'y entraîner. Lorsque je suis parti en retraite en 1992, j'ai eu finalement tout mon temps pour pouvoir pratiquer de la CW et j'ai donc acheté un clavier. Dès le début j'ai commencé à manipuler à 45 mots par minute".

Il eut l'occasion alors d'entendre des gars tenant des QSO's à plus de 60 mots par minute, et :

"Je décidais alors de voir si je pouvais encore améliorer mon niveau pour y arriver aussi. Cela nécessite beaucoup de volonté et d'entraînement, mais dans les trois années qui ont suivi, de 1997 à fin 2000, j'ai pu monter de 45 à 70 mots par minute. J'ai l'intention de m'y maintenir et même de m'améliorer. C'est très agréable et amusant et j'ai pu rencontrer des personnes très agréables qui sont devenues des sortes de mentors ou modèles pour moi".

De son expérience personnelle, il en déduit que son cerveau fonctionne comme suit : " Au-dessous d'environ 55 mots par minute, je construis les mots à partir des lettres, et la compréhension prend du temps ou de la place "mémoire". Tout particulièrement au-dessous de 25 mots par minute, j'ai remarqué que mon attention s'étale à se souvenir des lettres arrivant lentement et la construction des mots en est rendue fastidieuse. Mais, au-dessus de 55 mots par minute, mon cerveau prête alors que peu d'attention aux lettres, et les mots "éclatent" à mon esprit. Même à 90 mots par minute, j'arrive à décoder des mots comme des mots pour ensuite les combiner ensemble pour former une pensée et leur donner un sens. 90 mots par minute semble être ma limite pour le faire et je pense que pour comprendre au dessus de 90 mots par minute, je devrais changer la manière dont mon cerveau fonctionne dans ce processus".

Un entraînement intensif complémentaire lui a permis d'arriver à comprendre des vitesses au-dessus de 100 mots par minute.

AMELIORER VOTRE VITESSE DE FRAPPE...

Fred nous indique comment il améliora sa vitesse de manipulation tout en réduisant le nombre d'erreurs à des vitesses au dessus de 70 mots par minute sur un clavier. Il a constaté qu'il faut une période d'environ dix jours d'entraînement pour aller au delà de 100 mots par minute. 

Il débuta ses expérimentations et ses entraînements à 70 mots par minute, vitesse à laquelle il était déjà parvenu. Parmi les changements ayant apporté des améliorations notables, on notera :

1)       Il coupait le moniteur audio presque complètement puis...

2)      Arrêtait de regarder l'écran, à l'exception d'une fois de temps en temps lorsque ses doigts lui indiquaient une faute.

3)      Il ne regardait pas non plus le clavier.

Ces trois conditions éliminant les distractions possibles, il se concentrait alors sur le travail de ses doigts. Bien que ne regardant pas le clavier, il le “visualise” et peut se concentrer mentalement dessus et y diriger ses doigts pour les faire aller où il faut ensuite. C'est assez difficile à expliquer [Et à traduire ! Hi !]. Il dit que l'on peut comparer cela avec une forme de "souhait" que l'on donnerait aux doigts d'aller quelque part... et ils y vont ! On peut comparer aussi à cela: "Lorsque je joue du piano sérieusement, bien que conscient de la présence du clavier du piano, je ne regarde jamais où les doigts vont aller. Même si je dois sauter de plusieurs octaves rapidement, je peux frapper la bonne touche et donc, la bonne note sans même avoir à tourner ma tête. Etre obligé de regarder le clavier pour voir où les doigts sont supposés "atterrir" aurait donné une mauvaise qualité de la musique, m'aurait empêché de bien jouer".

En deux semaines d'expérimentation et d'entraînement, il remarqua qu'il était capable d'envoyer à 100 mots par minute aussi aisément qu'il le faisait à 70. Mais, il fut surpris par le fait que c'était devenu aussi facile qu'à 70. Il dit : "J'arrive à organiser mes pensées dans le temps pour garder mes doigts occupés à ces grandes vitesses. Après avoir maîtrisé cette technique, j'ai remarqué que d'arriver à sortir le flux de mes pensées à cette vitesse de 100 mots par minute était devenu très facile".

Une autre chose, il avait besoin d'améliorer la cadence de sa manipulation pour manipuler chaque lettre avec le même rapport. Il indique que : "Les erreurs que je fais comme manipuler “adn” pour “and” [Note du traducteur: Ce phénomène est bien connu par la médecine et se nomme dyslexie] sont généralement dues au fait que la frappe du doigt chargé du “d” est en dehors de la cadence trop rapide pour permettre au doigt qui frappe le “n” de le frapper.  Je me concentre et essaye de garder une cadence constante, quelque chose que je n'avais jamais fait durant les cinquante années passées. J'aurais pensé que ce soit quelque chose de difficile à maîtriser mais finalement ce n'est pas le cas". Il était pour le moins très observateur et avait beaucoup d'idées. Est-ce que l'on doit suivre ces suggestions ? Il nota qu'au cours de cinquante trois années de radioamateurisme, il n'a pas opéré pendant de très nombreuses heures, généralement une ou deux heures par semaine. Même maintenant, il a peu souvent la chance de trouver une fois par semaine un opérateur avec qui communiquer réellement à grande vitesse. Ces derniers sont devenus rares de nos jours aux USA [Et ailleurs !].

#13      Ted J. Newport, Né le 11 Septembre 1919, un texte à la première personne

"J'ai appris le code Morse alors que j'étais élève de l'école de l'armée de l'air durant la deuxième guerre mondiale. Nous devions manipuler et recevoir à 12 mots par minute avant de commencer les entraînements en vol. Après la guerre, j'ai acheté à mon fils un récepteur ondes courtes. J'ai pu entendre alors de la CW dessus et j'ai réappris le code Morse et les lettres que j'avais oublié. J'ai appris le code Morse tout seul avec des bandes et des amis qui m'y ont aidé. Si je suis arrivé à  la vitesse à laquelle je suis, je le dois à deux amis, décédés maintenant et que j'avais l'"habitude de contacter. Grâce à eux et à leur aide, j'ai pu augmenter ma vitesse. Il s'agissait de Jimmy Moss, W5GRJ et de Gene W4JKT qui m'ont poussé".

"En tout premier, vous devrez avoir le souhait d'apprendre la CW, l'aimer et l'apprécier et avoir le désir d'augmenter votre vitesse au lieu de rester sur le 'plateau'".

"Puis, il faudra de l'entraînement, encore de  l'entraînement, toujours de l'entraînement... Lorsque vous serez capable de lire à une bonne vitesse, vous devrez avoir le désir de monter encore au niveau supérieur de vitesse.

Les bandes ou cassettes sont très bien en guise d'entraînement mais le mieux est de venir sur l'air avec des amis qui vous pousseront vers le niveau supérieur avec des entraînements réguliers".

"Gene, W4JKT m'enseigna comment augmenter ma vitesse:

1)       Dès que je lis correctement, il faut passer à la vitesse supérieure.

2)      Lorsque je n'arrivais pas à lire à la vitesse supérieure, il passait encore un peu au dessus. Je n'étais pas bien à l'aise et ne prenait pas grand chose mais... 

3)      Lorsqu'il redescendait un peu vers la vitesse précédente, celle à laquelle je n'étais pas encore capable auparavant, cela me semblait devenu lent et à ma grande surprise, j'arrivais à lire".

"En d'autres mots, il ne ralentissait pas lorsque je n'arrivais pas à lire mais passait à une vitesse encore supérieure pour me la faire entendre, même si je ne prenais qu'un mot ou deux. Puis, il redescendait à une vitesse plus lente. Me semblant vraiment plus lente, j'arrivais alors à tout lire".

"Je n'arrive pas à lire, copier et manipuler aussi bien que Tom Alderman et les autres le font et je ne suis pas aussi souvent qu'eux sur l'air mais ma vitesse de lecture (pas de copie) est dans la gamme des 60 à 70 mots par minute".

#14      Rodney  L. Whitten W4BI, Né le 22 Avril 1922

Il est l'un de nos plus anciens exemple d'opérateur à très grande vitesse. 

Son intérêt pour le sujet débuta en 1924 alors qu'il n'avait que 12 ans. Les émetteurs à étincelles commençaient à perdre leur difficile utilisation, leur bruit caractéristique et cette sensation de puissance (Comme pour les motos) pour être remplacés petit à petit par les tubes à vide avec leurs signaux CW furtifs. Ce fut l'époque de l'augmentation sans cesse toujours plus rapide des liaisons DX en "ondes courtes", devenant de plus en plus courtes.

Il était très intéressait et s'engagea dans la marine des Etats Unis et fut affecté comme opérateur CW. Il fut entraîné parmi une élite d'opérateurs de crypto-télégraphie. Ils étaient entraînés pour utiliser de nombreux codes et il était personnellement entraîné à utiliser huit code nationaux différents avant et après la guerre. Ce groupe était constitué de 178 hommes ayant subi le même entraînement. Leur travail incluait la copie à très grande vitesse. Il passa la plupart de son temps d'activité dans le Pacifique sud à Pearl Harbor lorsque l'attaque Japonaise eut lieu.

#15      Melvin L. Whitney  K0PLX, Né le 5 Mars 1946

Il apprit le code Morse par son père, W4BI, (Voir ci-dessus) qui commença de lui apprendre à 9 ou 10 ans. Comme son père était un professeur expert en trafic à grande vitesse, Mel n'a jamais été troublé par une “mémorisation” graphique du code de manière visuelle en points et traits mais plutôt lui donna le moyen de les percevoir dès le début comme des formes sonores. Encore plus important, il ne se sentit pas du tout concerné par le fait de savoir si c'était "difficile" ou "facile" à apprendre. Ce n'était qu'une chose de plus à apprendre comme le reste. Lorsqu'il rencontrait des difficultés, son père l'encourageait à persévérer avec des phrases du genre :

“Regarde tout ce que tu as déjà appris et ce que tu peux déjà faire avec”.

A cette époque, comme le bureau de la FCC se situait à plus de 200 kilomètres, il utilisa l'indicatif de son père sur une période de deux années jusqu'à ce qu'il ait l'occasion d'aller passer sa licence et qu'il ait son indicatif personnel en 1958.

Il était déjà capable de copier à 40 mots par minute depuis plus de vingt ans lorsque lui et son père se sont procurés des claviers électroniques. Sa vitesse de manipulation augmenta parallèlement à sa vitesse  de copie pour atteindre 45 puis 50 et finalement approcher les 55, où aller à des vitesses plus importantes semblent être en relation avec du travail personnel. Sa limite semble être de 60 mots par minute et confortablement, il peut opérer entre 45 et 50 mots par minute.

Il dit qu'il doit son trafic en “QRQ” aux 35 années de QSO’s avec son père qui lui a toujours été capable de copier au dessus de 60 mots par minute. Il semble vouloir s'atteler à atteindre ces performances là mais ce n'est qu'une question d'entraînement.

#16      Ira  I. Silverman

Aucune autre information si ce n'est qu'il est un opérateur très rapide, peut frapper à près de 140 mots par minute et recevoir au moins à 100.

#17      OSCAR (Ozzie) Levin W5RK, Né le 4 Décembre 1918

C'est l'un des cas les plus intéressants car il illustre un apprentissage "normal". Il s'intéressa à l'émission d'amateur dans le milieu des années trente après avoir visité un ami scout qui possédait une station radioamateur. Il était bien plus qu'intéressé.

1)       Il voulait apprendre le code Morse et n'avait aucune idée préconçue à son sujet. On peut dire qu'il l'aimait déjà.

2)      Il débuta à partir du concept du code présenté comme des sons parlés, pas à partir de points et traits imprimés. Il n'avait pas eu une approche visuelle. Que fit-il ? il apprit le code par lui même car il n'avait pas de mentor ni personne pour le lui manipuler. Il apprit par lui même simplement en lisant le journal et se disant à lui même les "dits" et "dahs" pour chacun des lettres et chiffres lus dans les nouvelles. Il passa son examen en 1937 à 10 mots par minute ainsi que la partie théorique.

3)      Il n'eut aucune approche par bloc mental mais plutôt simplement de la manière dont ça se présentait comme d'ailleurs tout ce qu'il avait appris. Il en apprécia l'apprentissage, c'était amusant pour lui. Sans excès, il atteint la vitesse de lecture de 50 mots par minute en trois ans. Son but était de se joindre au groupe relativement petit qui avait procédé comme il le faut dès le début et n'avait rien eu à réapprendre. C'est pourquoi cela lui semblait "naturel".

4)      Il s'engagea dans le garde côtes en 1941, juste avant la deuxième guerre mondiale et fut affecté comme apprenti matelot pour opérer les circuits à haute vitesse parmi les opérateurs vétérans. Après une autre affectation, il quitta le service actif en 1946. Il fut inactif pendant dix années tout en conservant sa licence. A la fin des années 60, il s'inscrivit au club des "Chicken Fat Operator’s Club" [CFO] dans lequel l'un des opérateurs avait remarqué ses capacités de copie à grande vitesse et lui avait demandé de se joindre à eux. C'est ce qu'il fit mais il constata qu'il lui était impossible d'augmenter sa vitesse de manipulation avec seulement un keyer. Il décida de se construire un clavier de manipulation électronique.

5)      L'utilisation d'un clavier, qui n'est finalement qu'un outil, est pratiquement selon lui le moyen clef qui permettra au candidat au trafic très raide de "booster" sa vitesse et de passer le "plateau" fréquemment rencontré pour passer au-dessus de la barrière des 50-60 mots par minute.

Un changement de l'approche mentale interne semble être requise (Est-ce un changement qui est caché dans notre compréhension consciente ?). Il pouvait dès lors s'entraîner avec du code bien manipulé chez lui, tout seul ou au cours de QSO’s avec d'autres opérateurs en utilisant un clavier. La manipulation rapide avec un bug ou un keyer est une technique bien particulière que peu d'opérateurs maîtrisent à ces vitesses. De ces changements résultent une augmentation notable de sa vitesse de réception et il fut rapidement capable de manipuler au clavier à 70 mots par minute. "Ce fut une expérience merveilleuse" nous dit-il. Aujourd'hui, il trouve peu de radioamateurs à ces grandes vitesses.

#18      Florence C. Majeras  W7QYA,  Née le 21 Octobre 1915

Bill Eitel disait: "C'est une femme très talentueuse et pratique. Ses réalisations sont nombreuses et peu connues de la plupart des gens car c'est une personne modeste et sincère. Elle est pilote, musicienne, professeur d'école et opératrice CW au top niveau. Elle n'a vraiment besoin d'aucune aide pour opérer en CW car elle peut manipuler, lire de tête ou copier d'une manière dont peu de gens peuvent réaliser la technicité car elle ne le montre pas. C'est une des personnes que j'ai formée et reconnue au sein du club '5-Star Club'". Je n'ai aucuns détails ni informations sur la manière qu'elle utilisa pour apprendre ni comment elle débuta sa passion de l'émission d'amateur.

#19      Gary Bold ZL1AN

Gary est le seul Néo-Zélandais ayant appartenu au club des CFO.  Il dit: "Dans le cette région, 40-45 mots par minute est la gamme de vitesse la plus rapide utilisée. Les claviers ne sont en règle générale pas utilisés". Il fut étonné d'apprendre que quelques radioamateurs aux Etats Unis conversaient en code Morse à 100 mots par minute.  Gary avait écrit lui-même un logiciel pour lire le code à des vitesses déjà confortables et en l'utilisant, avait atteint sa limite de lecture actuelle de 55 mots par minute.

#20  Jesse W. CARAVELLO, JR  W8MCP,  Né le 7 Juin 1936.  

Les commentaires qui suivent nous viennent de Gary Bold,  ZL1AN : "En 1985 j'ai pu prendre contact avec lui via packet radio. Il m'invita à lui rendre visite chez lui à Ann Arbor. Il m'indiqua qu'il était membre du CFO. Je pensais que ce club avait disparu. J'étais donc sans transceiver et Jess me prêta un transceiver de chez SWAN , son alimentation, la boîte d'accord et filtres. Arrivé à notre lieu de séjour en location, il me mit en contact régulier avec d'autres membres du CFO et leurs réseaux à chaque fois que cela fut possible. Il me connecta aussi à nos jeunes enfants au travers du réseau packet Néo-Zélandais. De retour en Nouvelle-Zélande, nous avons gardé des rendez-vous régulier sur la bande des 40 Mètres lorsque les conditions étaient adéquates. J'ai eu l'occasion de retourner à plusieurs reprises à Ann Arbor,  en appréciant à chaque fois l'accueil  fait par son épouse Brenda. Ils sont devenus des amis chers pour moi. Je ne sais toutefois rien de ses expériences précédentes en code Morse. Je suis sur que Jess m'aurait tout raconté mais, il y a deux ans, il est décédé des causes d'une grave attaque cardiaque".

"Jess était réellement un opérateur CW de première classe. Je sais qu'il a été opérateur radio de bord et a passé de nombreuses années à la mer. Je ne sais pas exactement à quelle vitesse maximum il était capable d'opérer et je ne l'ai jamais vu utiliser un clavier mais il pouvait lire n'importe quoi. Il pouvait copier des petits signaux, dans le bruit, couverts par le QRN à partir desquels ils pouvait glaner quelques rares lettres ou mots occasionnellement. Même des manipulations étranges ne lui posaient pas de problèmes".

Autres Opérateurs...

Je n'ai pas d'informations complémentaires sur les noms suivants qui sont tous supposés avoir été des opérateurs à très grande vitesse:

David H. Freese Jr.   W1HKJ   écrivit un logiciel pour Bill Eitel tournant à 99 mots par minute et à la demande de Bill, le modifia pour le faire tourner à 160 mots par minute.

Voici une liste de noms:

Fred C. CLARKE  W9AMC

Christ C. KOVACHEFF  K9AMC

David H Freese Jr,  W1HKJ

Charles F. VAUGHN, III, AA0HW,  Né le 18 Janvier 1958

J. Philemon ANDERSON W9TP, Né le 31 mai 1929 

Raymond H. LARSON, W0GHX,  Né le 1er Août 1936  

Charles F. VAUGHN, III, AA0HW, Né le 18 Janvier 1958 

William SEPULVEDA, K5LN, Né le 1er Août 1944

Carlos DALE HAMM, W5LN 

Melvin J. LADISKY W6FDR

Charles H. BROWN, JR, W4AFQ, Né le 28 mai 1928 

Wells E. BURTON, N4EE, né le 14 Juillet 1919

Autres opérateurs anciens sur lesquels nous n'avons aucune autre information sur leur méthodes d'apprentissage:

Frank J. Elliott,  Cpl. James Ralph Graham, à 60 mots par minute ou plus :

A.J Burkart (1913)

E. Proctor, W5FDR 

Earnest L. Sitkes (W4AFQ)

W5GET

W9RUM,  William L. Gardiner

Wells  E. Durham (N4EE)

Cpl G. Schaal

Sans compter tous les autres en Europe qui utilisèrent de grandes vitesses.

Il y eut près d'un millier de membres dans le listing du club des "Chicken Fat Operators" pour lequel l'accès était ouvert à tous ceux capables d'opérer à au moins 45 mots par minute avant qu'il ne disparaisse en tant que club. On peut supposer que le nombre total au monde d'opérateurs professionnels ou amateurs capables de tenir ce type de trafic s'élève à plusieurs milliers, pouvant (ou qui pouvaient) recevoir au dessus de 45 mots par minute. Un grand nombre d'entre eux capables d'aller bien au-dessus de 60 mots par minute.


CHAPITRE E

Idées Complémentaires...


La profession de télégraphiste a été une profession très respectée pendant plus d'un siècle.

En 1845, la première ligne courte télégraphique a été construite entre Washington DC  et Baltimore MD et ouverte au trafic. A partir de là, beaucoup de jeunes gens et quelques jeunes femmes ont choisi la profession d'opérateur télégraphiste car c'était une profession très respectée et intéressante. C'était une opportunité de faire quelque chose de valable comme profession.

Durant les cinquante premières années, les lignes télégraphiques ont été construite sur des distances de plus en plus longues, installées le long des lignes de chemin de fer pour leurs communications, faciliter leurs programmes de voyages, les contrôles et mla sécurité le long de leurs voies ferrées.

Durant de nombreuse années, l'arrivée du train fut la source d'information lors des arrivées de trains tout au long de la voie et venant d'autres communautés situés le long du parcours. Avec les lignes télégraphiques, les télégraphistes des bureaux des chemins de fer apportèrent des nouvelles au plan national. Ils connectèrent rapidement les journaux aux sources d'information qui étaient alors retardées de quelques jours ou semaines par le fait du manque de moyens de communications rapides. En plus, des messages personnels importants pouvaient alors être transmis rapidement. Même le plus jeune des télégraphistes se devait de ne pas divulguer toute information personnelle ou commerciale contenue dans les messages reçus ou envoyés.

Quelques expérimentateurs électriciens privés fabriquèrent ou installèrent un équipement télégraphique en reliant leurs fils entre leurs maisons et celles de leurs amis ou voisins. Tout au long de la guerre civile Américaine, le télégraphe fut largement utilisé par les deux camps, au Nord comme au Sud pour coordonner les mouvements de troupes des deux armées, recevoir du ravitaillement, etc...

Depuis l'ancien temps, les bateaux quittant les ports n'avaient aucun moyen de communication avec la terre jusqu'à leur retour, s'ils retournaient. Dans les années 1860, les câbles sous-marins mirent en liaison de nombreux ports et quelquefois, l'arrivée de bateaux pouvait être vérifiée lors du périple de port en port. Ce fut une amélioration énorme. Il fut aussi possible pour la diplomatie d'avoir des contact bilatéraux rapides ainsi que pour le commerce à partir de points distants autour du monde, aussi bien que pour les nouvelles.

Avec le début des travaux de Marconi et le développement de ses premiers émetteurs récepteurs télégraphiques sans fil, les bateaux devinrent alors capables de communiquer avec la terre ou pendant le transit. Des communications à grande distance ouvrirent indépendamment de l'expansion sans cesse croissante des lignes et câbles télégraphiques de toutes sortes. Ce n'était pas aussi fiable que le trafic télégraphique filaire  à cause des conditions d'interférences et de bruits d'origine statiques ainsi que des interférences crées par l'homme et son industrie.

L'invention du téléphone à la fin des années 1800 partiellement remplaça la télégraphie. Le temps passa et avec les développements de l'électronique, on commença de remplacer les opérateurs télégraphistes professionnels dès la fin de la deuxième guerre mondiale.

L'avion, devenant lui aussi un moyen de transport commercial et militaire introduisit un nouveau besoin de communications sans fil. Quelques rares appareils avant la première guerre mondiale furent équipés sans fil avec des postes radio. Les pilotes avaient besoins d'informations sur la météo, les routes, rendez-vous et autres informations relatives à la sécurité. Ces demandes de communications furent en premier lieu satisfaites par la télégraphie puis plus tard, par le radiotéléphone.

Les opérateurs radios de bord continuèrent jusqu'à l'invention de systèmes de communications presque automatiques dont l'utilisation est prédominante maintenant. Il est dit, à qui veut l'entendre, que l'on n'a plus besoin de bon opérateurs télégraphistes. Toutefois, ces systèmes automatiques sont très chers et loin d'être parfaits donnant aux opérateurs de nombreuses fausses alarmes. Certains systèmes étant d'ailleurs totalement incapables de gérer une urgence grave...

Les bateaux opérés par de nombreuses petites nations ne peuvent s'offrir ces nouveaux systèmes et ont toujours leurs vieux postes de radio et les télégraphistes à bord. Un récent article paru dans Morsum Magnificat N° 74 listait 55 émissions de ce type en deux ou trois jours à partir de 22 bateaux différents situés uniquement en Europe du Nord.  

La télégraphie manuelle est toujours très utile et pourra être impérative pour les  cas d'urgence.

Aujourd'hui, avec notre culture occidentale et Européenne moderne, la télégraphie est presque entièrement confinée à un hobby qu'est l'émission d'amateur. C'est un hobby et une passion honorable et utile en cas d'urgence lorsque rien d'autre ne sera plus capable de fonctionner. On ne devra jamais laisser la télégraphie disparaître et mourir.

Les circuits à 'grande vitesse" pour la télégraphie commerciale

Ecrit par James S. Farrior, W4FOK, CFO #431

Les opérateurs professionnels et commerciaux télégraphistes avaient deux types de liaison en CW. L'un d'eux était à très grande, jusqu'à 400 mots par minute. Ce système utilisait des bandes perforées et imprimées pour la réception appelées “slip”. L'autre circuit était celui utilisé par l'opérateur manuellement avec son bug et son “mill” (Machine à écrire), avec sa vitesse propre à laquelle les opérateurs pouvaient envoyer et recevoir durant de longues heures.

L'opérateur en réception avait peu d'occasions de recevoir ou entendre du code Morse au delà de 45 mots par minute. Quelques services de la presse pouvaient envoyer leurs messages à des vitesses sensiblement supérieures  mais somme ces diffusions étaient copiées simultanément par de nombreux opérateurs, il était inutile de manipuler à des vitesses au-dessus desquelles la plupart des opérateurs étaient capable de copier proprement. Ce que je tente d'expliquer, c'est qu'il n'y a aucune raison d'ordre pratique et, habituellement aucune possibilité pour des opérateurs normaux de leur imposer d'apprendre à copier ou lire du code à de très grandes vitesses.

Les anciens circuits à “grande vitesse” produisaient des bandes encrées à une vitesse élevée donnant de l'occupation à de nombreux opérateurs ayant alors à transcrire ces bandes. La bande, après encrage, était insérée dans une sorte de “pont” juste au-dessus du clavier de la machine à écrire et l'opérateur avait une pédale de commande au pied pour ajuster la vitesse de défilement. La vitesse de déplacement de la bande encrée était donc laissée à la commande au pied de l'opérateur.

Un opérateur entraîné pouvait lire plus rapidement que sa vitesse de frappe soutenue. Par exemple, je me souviens qu'en frappant au clavier le plus vite possible, je pouvais scanner ce qui arrivait sur la bande de manière à ne pas être surpris par un mot non familier, un nom propre ou un chiffre. Je les avais repérés bien avant le passage au travers du pont et avant la frappe au clavier. L'opérateur faisait ceci sans un grand degré de concentration consciente et pouvait même penser à autre chose pendant ce temps.


Lorsque j'ai débuté à copier les bandes encrées, c'était au-dessous de ma vitesse de frappe au clavier maximum car j'observais les points et traits composant chaque caractère. Ensuite, avec un peu d'expérience acquise avec cette activité, j'ai commencé de reconnaître les caractères avec leur apparence sans être conscient du code correspondant. Au bout de quelques temps, des mots entiers et des groupes de mots étaient lus en une seule fois. C'était un peu comme de lire du texte imprimé mais d'une manière différente. Je n'étais tenu que par ma vitesse maximum de frappe au clavier.

Il y a quelques similitudes entre la copie de bandes encrées et la copie du code Morse de manière auditive. Quelques personnes peuvent apprendre à lire les bande encrées à grande vitesse comme d'ailleurs peuvent le faire d'autres personnes sur du texte imprimé. Pla limitation de vitesse de lecture de ces bandes encrées est le fait que la longueur du mot est plus grande que celle d'un mot écrit et imprimé normalement. Pour minimiser ce problème, la vitesse de la bande encrée a été ajustée pour rendre les caractères les plus courts possibles de manière à rendre les mots aussi courts et plus lisibles. Comme lors de l'apprentissage de la lecture de textes imprimés normalement, on pouvait apprendre l'apparence des caractères sans nous sentir concernés par les points et les traits les constituant.

Aussi, quelques informations et commentaires additionnels en provenance de Jim Farrior :

Au début de 1941, alors que je travaillais à WVR, la station de contrôle du réseau du 4ème corps d'armée située à Fort McPherson, Géorgie, j'ai pris une photo de Jack Ivy en train de transcrire des bandes encrées. Jack fut peut-être l'un de nos opérateurs manuels les plus rapides ainsi que le plus rapide sur les circuits à grande vitesse. Il pouvait transcrire des bandes encrées pendant des heures à environ 80 mots par minute en ne faisant que très rarement une erreur.

Le circuit à grande "grande vitesse" se situait entre WVR et WAR, le réseau national de contrôle de Washington, D.C.  Le trafic était transmis en utilisant de la télégraphie conventionnelle.

Le "pont" au-dessus du clavier, au travers duquel la bande encrée était entraînée est visible sur la photo. Un tambour d'entraînement motorisé, invisible à cause du peu de lumière se situait à gauche. La bande, visible sur la photo, était tirée à travers le pont à une vitesse contrôlée par la pédale et se logeait sur la bobine sur laquelle elle était transcrite.

Comme la bande encrée arrivait de la tête d'enregistrement, elle n'était pas bobinée sur sa bobine mais s'étalait sur le sol. L'opérateur alors chargé de la transcription attrapait la partie libre de la bande pour la bobiner sous la forme d'un huit entre le pouce et le petit doigt de sa main gauche. Il engageait alors la balle de messages ainsi crée dans le système d'entraînement au travers du pont.

Plusieurs postes de transcription comme celui montré sur la photo étaient occupés. Habituellement, pour varier, les opérateurs étaient mis en poste et tournaient entre la machine de préparation des bandes pour l'envoi de messages sur un perforateur Kleinsmidt, l'opération des têtes d'enregistrement, les transcriptions de bandes encrées et l'opération des poste de transmission télégraphiques normaux.

Lorsque l'opérateur de transcription arrivait en fin de message, il insérait un formulaire vierge dans la machine à transcrire de manière à ce que lorsque le message était terminé et tiré au dehors du tambour, il était tenu en place automatiquement. De ce fait, avec un mouvement rapide, l'opérateur pouvait enlever le message terminé de transcrire, le placer dans le support situé juste au-dessus du clavier de la machine à écrire et commencer le message suivant. Un système similaire était utilisé aux postes de télégraphie conventionnelle et un des membres du personnel du bureau télégraphique collationnait continuellement les messages retenus sur leurs supports de manière à les délivrer ou les donner à une autre opérateur pour être retransmis.

Pas de challenge pour les radioamateurs d'utiliser des vitesses élevées...

Les vitesses de manipulation pour nous les radioamateurs sont limitées par le type de clef que nous utilisons et par nos capacités personnelles. Avec une pioche, un maximum de 25-30 mots par minute est la limite supérieure habituelle bien que quelques uns parviennent à atteindre les 35.  Avec un bug, on peut atteindre 40-45 mots par minute. Avec un keyer, peut-être 55 mots par minute. 

On a alors besoin d'un clavier, sous la même forme qu'un clavier de machine à écrire pour encore augmenter ses vitesses de manipulation et de frappe pouvant alors approcher ou même dépasser 100  mots par minute. Le challenge commence alors en se demandant comme faire pour lire à cette vitesse et non pas copier ? personne n'aurait même pu supposer que l'on puisse atteindre de telles vitesses, 120, voir 140 mots par minute jusqu'à les dernières dizaines d'années.

Si vous ne voulez pas atteindre ces buts, ne le faites pas. Mais vous aimez vous créer des challenges contre vous-même et souhaitez aller encore plus vite, allez-y, essayez ! Si vous "aimez" le code Morse, vous essayerez et y arriverez.

Certains d'entre nous ont des limitations naturelles et d'autres sont persuadés ou s'imaginent qu'il les ont. Soyez honnête avec vous même, réaliste. Acceptez vous limitations naturelles comme les handicaps de paralysie, les douleurs etc... ou contournez les mais surtout, n'en rajoutez pas d'imaginaires ! Des jeunes gens, très jeunes, sont arrivés à reconnaître des caractères en code Morse à un âge auquel on n'est pas encore capable de lire des textes imprimés. De même des personnes très âgées y sont parvenues jusqu'à un âge auquel leur esprit est encore actif. L'age n'est pas un problème.

Si votre audition est correcte pour écouter une conversation ordinaire, avec ou sans correction auditive, vous devriez être capable d'atteindre une vitesse proche de celle de la parole mais en code Morse. On peut par contre avoir des problèmes de manipulations à cause de mouvements limités des doigts.

Posons nous la question de savoir jusqu'à quelle vitesse maintenant. Le but de l'utilisation du code Morse est de communiquer. Puis et le radioamateur que je suis aussi atteindre une vitesse donnée ? Il n'est pas utile bien sur de manipuler plus vite que la vitesse à laquelle son correspondant peut lire. Ca va de soi...

Avec certitude, on peut aimer communiquer à 20 mots par minute même si l'on peut recevoir à 80 mots par minute ou plus. Voulez vous vraiment être capable de lire à 60, 80 or 100 mots par minute?   Si personne dans vos connaissances utilise ces vitesses, il n'y aura pas beaucoup d'intérêt autre que celui d'être capable de le faire. Le problème de nos jours est que de moins en moins de radioamateurs utilisent la CW tout simplement car ils n'ont pas appris à l'aimer ou pire, n'ont pas envie de faire l'effort de d'acquérir une bonne vitesse. Faites en un but pour vous. Vous aurez tout le temps de changer plus tard car il y a entre de nombreuses vitesses exploitables et déjà fort confortables.

Tom dit que les grandes vitesses sont des choses "amusantes" et il n'aime pas parler de concours et autres compétitions pour savoir qui est le meilleur.

Fred dit : " Je comprends beaucoup plus facilement la CW au dessus de 60 mots par minute qu'en dessous. On commence à cette vitesse à recevoir un flot de pensées, sans pour autant faire attentions aux mots individuels".